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Baisse économique

Fiera Capital anticipe une récession en 2020 ou 2021

7 juin 2018 | La rédaction | Commenter

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crise_changement_interventionLes risques d’inflation et la hausse des taux d’intérêt laissent présager « une récession modérée » pour la fin de 2020 ou le début de 2021, selon une étude de Fiera Capital.

Intitulée Perspectives financières mondiales 2018-2025, celle-ci porte sur un horizon de sept ans, soit la durée normale d’un cycle économique, et son but est de « servir à guider les investisseurs qui souhaitent structurer leur portefeuille en fonction de la conjoncture et se préparer aux orientations politiques de demain ». Autrement dit, de les aider à déceler « les grandes tendances en matière de rendement » et de leur présenter « les principaux facteurs de différenciation et de changement du marché ».

Selon François Bourdon, « les marchés continuant de se normaliser, les banques centrales devraient à nouveau relever les taux d’intérêt ». Le chef des placements global chez Fiera affirme donc s’attendre « à ce que les politiques à l’échelle mondiale aient une influence grandissante sur les placements et les rendements ». « Dans l’ensemble, indique-t-il, le marché devrait poursuivre sa croissance pendant les années à venir, soutenue par la productivité et la capacité d’utilisation accrues, puis tomber en récession à la fin de 2020 ou au début de 2021 ».

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Cinq grandes tendances mondiales

Le rapport met notamment en lumière « les cinq grandes tendances mondiales qui devraient modeler et caractériser les placements au cours des sept prochaines années ». Ces tendances sont les suivantes :

Productivité. Selon Fiera Capital, celle-ci devrait continuer d’augmenter, car « les économies locales profiteront de l’évolution de la technologie ». En outre, les modifications apportées au code fiscal [canadien] fourniront une structure favorable aux placements, ce qui accentuera l’accroissement de la productivité.

Démographie. La firme relève que les actifs générant des revenus ont la cote en raison du vieillissement de la population, tandis que les investissements en prévision de la retraite soutiennent les marchés. Toutefois, prévient-elle, ce soutien devrait diminuer à mesure que les baby-boomers partiront à la retraite.

Cycle économique. Fiera dit prévoir « un cycle économique complet, incluant une récession et une reprise, au cours des sept prochaines années ». La croissance économique mondiale est synchronisée depuis peu et les capacités excédentaires sont utilisées. Le crédit demeure abondant, mais l’inflation augmente et les conditions de crédit devraient se resserrer au cours des deux à trois prochaines années.

Banques centrales. « Leur rôle demeure important, mais la normalisation de la politique monétaire devrait réduire leur influence au fil du temps », estime la société de gestion de placements.

Risques politiques. Le protectionnisme et une réglementation moindre seront deux facteurs « déterminants » au cours des prochaines années. À ce chapitre, Fiera note que les États-Unis ont « multiplié les efforts pour tenter de changer la donne en matière de commerce » et qu’ils ont également « réduit sensiblement les impôts des entreprises ainsi que le fardeau réglementaire ». Enfin, un troisième facteur qui prend de plus en plus d’importance est « le risque de graves conflits armés ».

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Quatre facteurs liés aux marchés financiers

Les analystes de Fiera anticipent par ailleurs que « quatre grands facteurs devraient avoir une incidence sur les marchés financiers » au cours des prochaines années. Ces facteurs sont les suivants :

Croissance. La demande plus forte des consommateurs stimulera la croissance, et les économies de la plupart des régions prendront de l’expansion. Dans le même temps, le taux de croissance aux États-Unis devrait s’approcher de la barre des 3 %, conformément à sa moyenne historique.

Inflation. Les investisseurs doivent s’attendre à ce que les taux d’inflation augmentent durant les sept prochaines années. « En raison des politiques monétaires passées qui commencent à avoir un effet stimulant sur la demande, l’économie mondiale détournera son attention des appréhensions déflationnistes pour se concentrer sur les pressions inflationnistes », estime la firme qui prévoit que la hausse du coût de la vie atteindra 2,5 % aux États-Unis.

Valorisations. Celles-ci devraient se normaliser autour de 2025, alors que « les taux d’intérêt devraient monter à 4 % ou 5 % au fur et à mesure que nous sortirons de la conjoncture, qui est inhabituelle parce que les taux sont à un niveau très bas et que l’inflation est faible », indique Fiera.

Liquidité. Étant donné le relâchement des mesures de soutien des banques centrales, la liquidité diminuera progressivement.

« À l’heure actuelle, les stratégies traditionnelles comme les titres à revenu fixe et les actions ne génèrent pas des rendements très élevés. Les catégories d’actif telles que les infrastructures, l’agriculture et les fonds de couverture nous semblent plus intéressantes. En accordant plus de poids à ces actifs, nous croyons que les portefeuilles seront avantagés à l’avenir », conclut François Bourdon.

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