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Économie

Pas de hausse subite du salaire minimum, dit Québec

10 janvier 2018 | La rédaction | Commenter

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dollar_argent_monnaie_salaireAlors que l’Ontario vient tout juste d’augmenter le salaire minimum à 14 $ de l’heure, le gouvernement du Québec a fermé la porte à toute hausse majeure dans la province, notamment pour ne pas nuire aux PME.

« On ne peut pas dire : « Parce que McDonald’s peut l’augmenter à 15 $ l’heure, il faut que nous, comme gouvernement responsable, on l’augmente aussi à 15 $ ». Non, c’est hors de question », a expliqué Florent Tanlet, l’attaché de presse de la ministre du Travail, Dominique Vien, en entrevue au Journal de Montréal.

Il affirme que le gouvernement prévoit plutôt des hausses progressives « pour ne pas blesser l’économie portée par nos PME ».

L’an dernier, le salaire minimum a été haussé de 0,50 $ de l’heure, ce qui l’a porté à 11,25 $. Québec devrait annoncer ce mois-ci si une augmentation similaire sera accordée cette année.

« C’est malheureux de gagner un salaire bas. Mais il y a plein de crédits et de soutien qui font que, finalement, ce n’est pas le vrai salaire gagné, et ça, on a tendance à l’oublier », précise l’attaché de presse.

Pertes d’emplois

Interrogé par Le Journal de Montréal, François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association des restaurateurs du Québec, soutient que le gouvernement ontarien va regretter d’avoir augmenté si subitement le salaire minimum.

À lire : Des augmentations salariales plus « stratégiques »

Selon lui, une telle mesure fera augmenter les prix dans les restaurants et obligera leurs propriétaires à diminuer l’embauche de personnel.

Une récente étude de la Banque du Canada révélait que 60 000 emplois disparaîtront d’ici 2019 au pays en raison de la hausse du salaire minimum annoncée dans les différentes provinces. L’Ontario compte le faire passer à 15 $ par heure en 2019, alors que l’Alberta envisage de le faire plus tard cette année.

Coupe dans les avantages sociaux

La semaine dernière, les propriétaires d’un Tim Hortons près de Toronto ont soulevé un tollé après avoir indiqué à leurs employés qu’ils perdraient leurs pauses payées ainsi que leurs avantages sociaux en raison de la hausse du salaire minimum en Ontario.

Face à ce qu’il considère comme un abus de certains commerçants, le Conseil du travail d’Ottawa et du district a ouvert une ligne téléphonique où les employés qui ont perdu leurs acquis et avantages sociaux suivant la hausse du salaire minimum peuvent dénoncer leur employeur, rapporte Radio-Canada. Le syndicat veut ainsi alerter les consommateurs et leur permettre de boycotter les commerces visés.

« Si le public est au courant qu’un restaurant en particulier, qu’une boutique ou un autre commerce dans leur ville a retiré des avantages, des vacances ou des pauses à ses employés, nous pensons que le public doit savoir et décider s’il veut ou non continuer à aller dans le restaurant ou le commerce en question », souligne Sean McKenny, le président du syndicat.

À lire : Québec va interdire les clauses de disparité de traitement

Des patrons de PME pas si riches

La semaine dernière, la Fédération des travailleurs du Québec s’est indignée de l’écart grandissant entre le revenu des patrons et celui des employés. « Quand tu as trois maisons un peu partout dans le monde, quatre chalets, cinq bateaux et six Mercedes… t’en as peut-être assez. Partage un peu, et permets à tes employés de gagner leur vie décemment », avait lancé le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Le syndicat s’est dit convaincu que la hausse du salaire minimum à 15 $ allait être un enjeu important lors des élections provinciales l’automne prochain.

Pour la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), cette vision des propriétaires d’entreprise est totalement erronée. L’organisme soutient que 99 % des entreprises du Québec sont des PME, et que la majorité de leurs dirigeants gagnent moins de 73 000 $ par année. La plupart d’entre eux seraient ainsi trop coincés financièrement pour payer leurs employés 15 $ de l’heure.

À lire : La croissance des salaires ne suit pas la croissance économique

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