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Épargne

Quatre grandes menaces qui pèsent sur les retraites

11 septembre 2018 | La rédaction | Commenter

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Photo : lightwise / 123rf

Le rapport 2018 sur la retraite de la firme Natixis identifie quatre grandes menaces qui guettent la sécurité des retraites.

1. Les politiques monétaires

Au premier rang de celles-ci, on retrouve les politiques monétaires. Les banques centrales favorisent depuis quelques années les très bas taux d’intérêt et le rachat massif de titres obligataires. Selon David Lafferty, le stratège du marché en chef de Natixis, les taux anémiques des dernières années produisent des rendements qui le sont tout autant.

« C’est un transfert de richesse à long terme qui punit les épargnants et récompense les investisseurs plus jeunes », soutient-il.

Résultat, pour générer un revenu de leur épargne-retraite, les retraités sont forcés de transformer des actifs à un moment où les taux d’intérêt sont au plancher.

Les faibles rendements des titres à revenu fixe laissent quatre choix aux retraités : vivre avec moins de revenus que prévu, travailler plus longtemps s’ils le peuvent, investir dans des actifs offrant un meilleur potentiel de rendement, mais aussi un risque plus grand de pertes importantes ou encaisser les fonds de leur régime de pension, mais en assumant les risques des investissements eux-mêmes.

Les gestionnaires de fonds de pension se trouvent aux prises avec des dilemmes semblables et ont moins d’options pour assurer la viabilité de leurs régimes.

Le retour de plus haut taux d’intérêt sera positif à long terme pour les retraités. Toutefois, s’il intervient trop rapidement, il risque de ralentir la croissance et de pousser les prix à la hausse, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle pour des retraités touchant des revenus fixes.

2. Des états endettés

Les niveaux élevés de dettes publiques inquiètent aussi Natixis. Le rapport en fait même un risque plus grand à la sécurité des retraites que la crise de 2008.

Les revenus des États ne sont pas illimités et les régimes de retraite, la santé, l’éducation et les infrastructures doivent se partager la même tarte que les intérêts payés sur la dette. Plus la dette augmente, plus les fonds disponibles pour les régimes de retraite publics et les autres services sociaux diminuent.

3. La pyramide des âges

Bien sûr, la démographie continue de poser problème. Le succès d’un régime de retraite, qu’il soit privé ou public, dépend d’un facteur clé : le nombre de contributeurs au régime doit être assez élevé pour soutenir le nombre de personnes qui en retirent des prestations. Or, aux États-Unis, le nombre de retraités soutenus par groupes de 100 travailleurs devrait passer, de 1990 à 2050, de 19 à 36. Autrement dit, les contributions de chaque travailleur serviront à faire vivre deux fois plus de retraités. La plupart des pays occidentaux sont dans cette situation.

Pour faire face à ce problème, les gouvernements peuvent hausser l’âge minimum de départ à la retraite, réduire les prestations ou augmenter l’immigration de travailleurs étrangers, toutes des options politiquement risquées, puisque fort impopulaires. De leur côté, les employeurs peuvent éliminer les âges obligatoires de départ à la retraite et instituer des politiques d’emploi des personnes âgées.

4. Finances et météo

La météo s’invite aussi dans la planification de la retraite, en raison des changements climatiques. Les dommages causés par la hausse du niveau des océans, ainsi que par des inondations, sècheresses, vagues de chaleur et feux de forêt plus fréquents et plus intenses deviennent une menace pour les retraités, notamment ceux vivant sur les côtes. En plus de poser des risques physiques, elle font s’envoler le coût des assurances pour les propriétaires de maison.

Une éventuelle raréfaction des ressources feraient aussi augmenter les prix.

Le Canada bien classé

Par ailleurs, le rapport présente aussi un top 10 des meilleurs pays où prendre sa retraite et le Canada s’y classe neuvième. Il améliore son pointage des dernières années pour la qualité de vie et la santé financière et matérielle, notamment avec la deuxième meilleure qualité de l’air du classement et le septième plus haut niveau de bonheur individuel.

Le rapport note de bonnes performances du Canada pour ce qui est des prêts non-performants des banques, les taux d’intérêt, la pression fiscale et la gouvernance. Toutefois, le Canada régresse pour ce qui est de son niveau d’endettement et de son ratio personnes retraitées/personnes actives.

Le top trois est formé de la Suisse, de l’Islande et de la Norvège. Les États-Unis se classent 16e.

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