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Vos placements à revenu fixe ­ont-ils suffisamment le cœur à l’ouvrage ?

13 février 2018 | Anne Meloche | Commenter

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investissement_bourse_placement_gestionEn 1981[1], le taux de rendement de l’indice obligataire universel ­FTSE ­TMX ­Canada (l’indice boursier mesurant le rendement des obligations gouvernementales et de sociétés au ­Canada) affichait un sommet de 19,1 %. Depuis, les taux d’intérêt ont baissé de façon constante et les obligations ont continué d’amortir les chocs des marchés boursiers.

Revenons à 20 17[1] : le monde des titres à revenu fixe a radicalement changé. Le taux de rendement de l’indice obligataire canadien s’établit actuellement à 2,5 % et sa durée à 7,3 ans (comparativement à 4 ans en 1981). Cela signifie que cette catégorie d’actif offre présentement des rendements attendus inférieurs en contrepartie d’un risque de taux d’intérêt beaucoup plus élevé. De fait, une hausse de taux de 1 % sur l’ensemble de la courbe entraînerait une diminution de la valeur de l’indice obligataire canadien de l’ordre de 7,3 % (par rapport à 4 % en 1981).

Aujourd’hui, même si les taux sont à leur plus bas, la composante en revenu fixe de la plupart des fonds axés sur une date d’échéance est encore aujourd’hui principalement constituée d’obligations fédérales et provinciales émises au ­Canada. Tout un enjeu pour les participants des régimes ­CD. Dans un tel contexte, y ­aurait-il des moyens d’aider les participants des régimes ­CD à accroître leur potentiel de rendement et éviter le risque lié à ce surinvestissement dans le marché obligataire canadien ?

Une solution serait de songer à investir ­au-delà de nos frontières. En observant la situation à l’échelle internationale, on constate que les taux offerts sur des obligations d’État à 10 ans dans les marchés développés varient grandement : de 2,3 % aux ­États-Unis à près de zéro au ­Japon. La diversification dans des titres de pays où les banques centrales sont plus accommodantes et où une hausse des taux n’est pas actuellement envisagée (comme la ­Banque centrale européenne) pourrait aider à augmenter les taux de rendement tout en diminuant le risque de taux d’intérêt.

Tout comme on peut trouver des taux de rendement plus élevés hors ­Canada, il est aussi payant d’examiner les options qu’offre le marché des titres à revenu fixe. Par exemple, le taux de rendement des obligations à rendement élevé de sociétés américaines et des titres de créance de marchés émergents s’élève à près de 5 %. Bien que les promoteurs de régime ­CD et leurs participants puissent associer les obligations à rendement élevé à un plus grand risque, notons que le taux de défaut de ces obligations n’est pas élevé, soit près de 3,5 %.

En élargissant leur éventail de placements, les gestionnaires actifs peuvent également envisager des rendements supérieurs à ceux de leur indice de référence. Ils peuvent, dans le marché des obligations spéculatives, par exemple, trouver des sociétés ayant des données fondamentales solides offrant un taux de rendement supérieur à celui des obligations de catégorie ­BBB.

La prime de risque de liquidité liée aux titres privés à revenu fixe représente également une source de rendement intéressante. Ces titres offrent un autre niveau de diversification et de potentiel de rendement par l’intermédiaire de financement par emprunt à long terme pour des projets d’infrastructures comme les parcs éoliens ou solaires. Il s’agit d’un potentiel de taux de rendement intéressant, de l’ordre de 3 à 4 %, qui pourrait compenser la perte de liquidité.

Par conséquent, en investissant dans un large éventail d’actifs à revenu fixe plus spécialisés à l’extérieur de nos frontières, les gestionnaires de fonds axés sur une date d’échéance peuvent grandement améliorer le profil ­risque-rendement de leurs portefeuilles.

Retournons donc en 1981 pour quelques instants et, encore une fois, observons à quel point la conjoncture des titres à revenu fixe est on ne peut plus différente de celle d’aujourd’hui. N’­est-il pas évident que les portefeuilles à revenu fixe doivent avoir le cœur à l’ouvrage et rapporter davantage ? ­Pour ce faire, nous nous devons de diversifier leurs placements et d’investir ­au-delà de nos frontières.

Anne_meloche_100Anne ­Meloche est chef des affaires institutionnelles à ­Placements mondiaux ­Sun ­Life.

[1] Au 30 septembre.


• Ce texte est paru dans l’édition de décembre 2017 d’Avantages.
Il est aussi disponible en format PDF.
Vous pouvez également consulter l’ensemble du numéro sur notre site Web
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