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Le syndrome de Calimero

5 février 2014 | Commenter

Vous vous rappelez de Calimero, ce petit poussin noir avec une coquille d’œuf cassé sur la tête qui ne cessait de dire en zézayant : « Alors ça c’est injuste; c’est vraiment trop injuste »? Vous en connaissez des Calimero? Ou bien vous arrive-t-il, vous-même, d’avoir l’impression que les choses vous échappent, que vous subissez les événements, que vous êtes affecté par les éléments extérieurs? Avouons, nous avons tous nos moments « Calimero », ces moments où la fatalité semble s’acharner contre nous.

Je ne parle pas des événements tragiques de notre vie, comme la mortalité, la maladie d’un proche ou le passage d’une tornade. Dans ces cas-là, nous n’y pouvons pas grand-chose. Je parle de ces innombrables petites fatalités qui nous amènent à des pensées défaitistes : ne pas réussir une tâche, décevoir ou perdre des clients, subir la saute d’humeur de notre patron, avoir des conflits avec des collègues, faire une gaffe… Vous voyez le genre? Croyez-vous vraiment que c’est la vie qui vous a ciblé comme victime de prédilection?

Au travail, le comportement Calimero est catastrophique. Il conduit en ligne droite à l’accumulation des problèmes. Il en résulte une perte de confiance et de respect de la part de vos clients et de vos collègues. Et ce n’est pas ce que vous voulez à titre de conseiller.

Vous avez déjà entendu l’histoire des deux frères qui avaient un père alcoolique? L’un était devenu alcoolique, l’autre ne touchait pratiquement pas à l’alcool. Le premier, qui se voyait comme victime de son éducation, disait à son psychologue que son alcoolisme était facile à expliquer : « Voyez-vous, mon père était un alcoolique. On peut dire que j’ai appris à boire sur les genoux de mon père. » Le second expliquait pour sa part : « Voyez-vous, mon père était un alcoolique. On peut dire que j’ai appris très tôt dans la vie que l’alcool peut être un poison. »

Dans les faits, il y a un lien très fort entre la tendance à se victimiser et une mauvaise estime de soi : quand on a une faible estime de soi, on a bien peu de confiance et de pouvoir sur les destinées de sa vie et on subit les événements. À l’inverse, si on prend soin de son estime, que l’on agit au mieux de ce qu’on est et qu’on accepte ses imperfections, il n’y a aucune raison de se défiler en accusant les autres ou une grande conspiration de la vie.

Bien sûr, nous n’avons pas toujours conscience de ce que nous devrions faire pour ne pas commettre d’erreurs. Cependant, nous avons le plein pouvoir sur notre manière de réagir face aux mésaventures, lorsqu’elles surviennent. Nous pouvons nous dire : ce n’est pas un échec, c’est une expérience; ce n’est pas un échec, c’est une indication pour atteindre la voie de la réussite. Thomas Edison, l’inventeur de l’ampoule électrique, a fait plus de 2000 tentatives infructueuses avant de la créer.

Plus facile à dire qu’à faire, rétorquerez-vous? Certes, mais le pouvoir personnel se développe. Un proverbe dit : La personne qui se victimise trouve des excuses; la personne qui a une attitude responsable trouve des solutions. Par exemple, si quelqu’un vous klaxonne furieusement, vous avez le choix : devenir colérique ou laisser à l’autre son malheur en déplorant sa piètre attitude.

Pour s’améliorer et avoir du pouvoir, encore faut-il savoir ce que nous avons à corriger. Si nous fuyons constamment en nous comportant comme une victime, nous nous privons d’une belle occasion d’apprendre et nous nous privons de l’aide des autres ou de leur pardon. L’autonomisation (empowerment) ou pouvoir personnel, signifie ne pas se définir d’après nos blessures ou nos faiblesses, mais plutôt par nos aptitudes et nos forces. C’est aussi accepter plutôt que fuir, apprendre plutôt que critiquer, créer plutôt que subir.

Dans le prochain billet, nous aborderons le thème de l’autonomisation, ou l’art de se donner du pouvoir pour enrichir sa vie personnelle et professionnelle.


René Marchand est auteur, consultant, conférencier, formateur. On peut le joindre à info@capital-reussite.com ou au 819 239-6025.
http://www.facebook.com/votrecharismewww.rene-marchand.com

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