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L’opinion personnelle prédomine dans les décisions boursières

23 avril 2014 | Commenter

Ce mois-ci, j’aimerais comparer deux domaines : l’industrie pharmaceutique et la sphère financière.

Industrie pharmaceutique : les preuves prédominent

Un médicament qui vous est prescrit par votre médecin a été, au préalable, approuvé par les autorités gouvernementales compétentes. Il a aussi passé une série de tests cliniques, pratiqués sur des milliers de personnes, pendant une dizaine d’années avant sa commercialisation. Les principes actifs des molécules qui font partie de ce médicament ont donc été minutieusement étudiés, afin que son efficacité, ainsi que ses effets secondaires, soient connus et documentés.

C’est ainsi que s’est installée une confiance en ce médicament. Vous vous attendez à ce qu’il soit identique aux milliers d’autres qui sont déjà commercialisés et qui produisent les effets désirés.

Industrie financière : les opinions personnelles l’emportent

Généralement, le conseiller, le courtier, l’investisseur autonome ou le gestionnaire utilisent des critères qui ont fait leurs preuves dans le processus de sélection des titres boursiers. De nombreuses études et beaucoup d’ouvrages ont été publiés, depuis des décennies, sur des méthodes d’investissement dont ils peuvent se servir.

Certains utilisent avec rigueur ces stratégies, mais la majorité modifie des recettes gagnantes au gré des expériences personnelles. Un peu comme si un pharmacien local modifiait la composition d’un médicament en fonction de ses perceptions personnelles.

L’émotion plus forte que la raison

En 30 ans, j’ai rencontré de nombreux gestionnaires et conseillers financiers de tous les styles. Ce qui m’a le plus souvent frappé, c’est qu’en matière de décisions boursières, chacun a sa propre recette. Laquelle comporte généralement peu d’objectivité.

En effet, même si une combinaison de critères de sélection de titres gagnants a été validée par la recherche universitaire, très peu la suivent rigoureusement. Les différentes simulations méthodiques sont rarement appliquées à la lettre quand vient le temps de passer à l’action, car le style de prise de décision est avant tout influencé par les modes et les émotions personnelles.

Selon moi, cette attitude explique en partie pourquoi la plupart des fonds communs n’arrivent pas à surpasser le rendement de leurs indices de référence.

Trois cerveaux pour une bonne décision

Rappelons que le cerveau est programmé pour schématiser un scénario de prévisions personnelles fondées sur le vécu. Or, ce sont souvent les expériences récentes et l’excès de confiance qui l’emportent dans la prise de décisions d’investissement.

Ainsi, selon son humeur et sa perception du moment, un investisseur trop pessimiste ou trop optimiste ne suivra pas rigoureusement une stratégie gagnante, et finira par modifier ses décisions en fonction de son ressenti.

Mais pourquoi laisser les émotions choisir quand on dispose d’autres fabuleux outils d’aide à la décision? Le cerveau se divise en effet en trois parties : le cognitif, où siègent les décisions rationnelles, l’émotionnel, où prédominent les humeurs et le troisième cerveau, qui est guidé par des neurones miroirs qui nous poussent à imiter les autres.

L’investisseur conscient de l’existence et de l’influence de ces « trois cerveaux » sera mieux à même de prendre des décisions objectives et éclairées.


William-André Nadeau est vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Tactex. Vous pouvez communiquer avec lui à : wanadeau@tactex.ca

Les opinions exprimées dans les blogues n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Conseiller.ca.
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