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Major au rapport | Fabien Major

Petits cabinets c. grandes institutions : en qui les investisseurs doivent-ils avoir confiance?

3 mars 2014 | Commenter

La libération de Vincent Lacroix relance un douloureux débat auprès des investisseurs. Qui sont les professionnels de l’industrie financière dignes de confiance? Après tout, nos REER et CELI renferment souvent les économies de toute une vie et de toute la famille. Récemment sur les ondes du 98,5 fm, avec Isabelle Maréchal, j’ai discuté de la situation avec la juricomptable Hélène Bouchard. Les auditeurs étaient invités à s’exprimer via une ligne ouverte.

Maladroitement, Mme Bouchard suggérait aux auditeurs de ne confier leurs épargnes qu’à de grandes institutions. Évidemment, ça n’a pas de bon sens! C’est aussi gros comme affirmation que de prétendre que la compétence se trouve principalement avec les grands cabinets d’avocats et de comptables. Je n’ai pas hésité à le lui signifier.

Ce que le cas Lacroix a changé

Depuis l’éclatement de l’affaire Norbourg, plus rien n’est pareil. Si on attrapait un autre crosseur du genre, il croupirait à l’ombre pas mal plus longtemps. Les amendes et peines de prison sont bien plus dissuasives qu’il y a dix ans et on peut maintenant imposer au pénal des peines qui s’additionnent (consécutives).

Comme nous avons pu le lire sur Conseiller.ca, le nombre d’employés de l’Autorité des marchés financiers (AMF) affectés aux enquêtes a été multiplié par trois. D’une cinquantaine à l’époque, ils sont maintenant passés à près de 150. L’AMF a ouvert tous les canaux de communication possibles pour informer le public sur les manœuvres des fraudeurs. Journaux, télé, radio, web… on ne peut passer à côté des nombreux messages consacrés à la prévention. La coordination avec les services de police n’a jamais été aussi étroite. Enfin, l’Autorité est en mesure de repérer rapidement les annonces, les offres et bannières web qui proposent des placements douteux.

Conseillers, planificateurs, cabinets ou grandes banques?

Un individu malhonnête déterminé à commettre un crime aura bien plus de mal qu’auparavant à se glisser entre les mailles du filet, mais l’imagination des fraudeurs ne cessera jamais de nous surprendre. Est-ce que le fait de confier ses économies à un employé d’une grande banque est un gage de sécurité? Est-ce qu‘elles y sont plus en sécurité?

Le directeur des relations médias de l’AMF, Sylvain Théberge, considère que le risque zéro n’existe pas plus au sein des grandes institutions. « Le public est aussi bien protégé du côté des petits cabinets », m’écrit-il en réponse aux questions que je lui ai soumises. D’ordinaire, un investisseur va opter pour le conseiller ou planificateur autonome pour la qualité du contact, la proximité, la disponibilité et le sentiment de ne pas être un client parmi une multitude d’autres. La plupart des conseillers autonomes n’ont aucun produit maison à vendre ni quota à atteindre et peuvent donc inclure dans leur offre les produits et services de TOUTES les grandes institutions financières.

Pour aider le public à identifier le professionnel digne de gérer ses épargnes, M. Théberge ajoute: « On en revient toujours à l’essentiel : peu importe vers qui l’investisseur se tourne, l’important est la relation de confiance qui s’établira. Le conseiller prend-il le temps de vous écouter, de bien cerner vos objectifs, vos inquiétudes, votre profil d’investisseur ? Sentez-vous qu’il a votre avenir financier à cœur et qu’il prend le temps de bien vous expliquer les choses? »

Évidemment, cette confiance peut se trouver autant chez des professionnels des grandes institutions ayant pignon sur rue qu’auprès du conseiller autonome ou du petit cabinet.

Cest la taille qui compte, paraît-il

Comme moi, vous êtes certainement encore confronté à des mythes tenaces ou à des bassesses de certains qui dénigrent notre pratique. Lorsque d’aventure il revient à  mes oreilles qu’on a mis en cause la taille de mon cabinet ou de mes fournisseurs de produits financiers pour intimider mes clients et prospects, je n’hésite pas à sortir l’artillerie lourde : le rapport des 500 plus grandes firmes de gestion de portefeuille à l’échelle mondiale.

Chaque année, Towers Watson publie cette étude sur les cabinets et institutions de gestion de patrimoine. Les chiffres les plus récents sont en outre presque tous présents sur les sites web des institutions faisant partie de ce top.

J’ai réalisé un petit tableau à l’aide de ces données, que je vous partage ci-dessous. Quand on met les choses en perspective, c’est fou comme la taille de certains joueurs rapetisse.

  • CI Financial a trois fois les capitaux sous administration de Jarislowsky Fraser.
  • Franklin Templeton a 10 fois la taille de l’Industrielle-Alliance.
  • L’actif de Manuvie est 17 fois plus important que celui de Desjardins Gestion d’actifs international.
  • Fidelity investments a un actif géré 16 fois plus important que CIBC  gestion  d’actifs.
  • BlackRock gère 18 fois plus d’argent que Gestion de placements TD.

Enfin, Invesco gère 13 fois plus de capitaux que Placements Banque Nationale.

Si la taille de la firme a de l’importance, alors la firme qui GÈRE réellement l’actif doit être prise en considération. N’est-ce pas?


Fabien Major, MBA, est conseiller en sécurité financière et représentant en épargne collective, Major Gestion Privée.

Les opinions exprimées dans les blogues n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Conseiller.ca.
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