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Affaires

Pour approfondir les fonds négociés en Bourse

1er mai 2013

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L’univers des fonds négociés en Bourse (FNB) poursuit son expansion, les produits négociés en Bourse ayant dépassé la barre des 2 billions $ en janvier cette année, selon une étude de BlackRock Inc. Rien qu’en 2012, l’univers des produits négociés en Bourse a progressé de 27 %.

Cette formation en ligne comprend quatre parties principales. La première partie traite des stratégies pour effectuer des placements dans des FNB et couvre trois thèmes importants : la couverture contre les risques de change, les FNB à stratégie intégrée (FNBSI) et les FNB à volatilité.

La seconde partie aborde la question suivante : les FNB sont-ils responsables de corrélations plus importantes entre les actions, comme l’estiment certains.

La troisième partie se penche sur les principales questions de fiscalité lors d’un placement dans des FNB.

La quatrième partie examine comment choisir des FNB adaptés à ses clients.

PREMIÈRE PARTIE : STRATÉGIES pour investir dans des FNB

COUVERTURE CONTRE LES RISQUES DE CHANGE

Les FNB sont tout d’abord apparus sous la forme d’un produit de placement unique, soit avec un seul parfum de vanille, disons. Mais par la suite, des variantes plus exotiques ont vu le jour.

Les FNB avec couverture contre les risques de change sont l’une de ces formes nouvelles du produit qui sont indexées à des actions ou à des marchés obligataires étrangers, pour se prémunir contre des fluctuations des taux de change. Ce genre de couverture peut s’avérer bénéfique lorsque le dollar canadien grimpe par rapport à la devise de référence, explique John Gabriel, un stratège en FNB à Morningstar.

En cas de chocs au système en provenance de l’Europe, de la Chine ou d’ailleurs, le dollar américain aura tendance à gagner du terrain. Dans un tel cas de figure, il serait alors logique qu’un investisseur canadien préfère des fonds en dollars américains.

Alors que personne ne possède de boule de cristal pour prédire les variations des taux de change qui peuvent s’avérer être dangereuses, des FNB bénéficiant d’une couverture contre les risques de change pourraient être un placement sensé si un investisseur, qui détiendrait majoritairement des placements en devises américaines, projette de prendre sa retraite au Canada et s’acquitte donc de ses dépenses en dollars canadiens.

L’autre avantage d’avoir recours aux FNB réside dans leur coût : ils affichent en général des frais inférieurs à ceux de fonds communs équivalents disposant d’une couverture contre les risques de change.

Par contre, les investisseurs qui projetteraient de prendre leur retraite aux États-Unis pourraient éviter d’avoir recours à une couverture contre les risques de change en détenant tout simplement des FNB en devises américaines.

En fin de compte, quelques calculs permettront de démontrer, en supposant que l’on détienne une action en dollars américains, comment une fluctuation minime du taux de change pourrait grignoter l’essentiel des rendements.

Prenons par exemple, le cas de figure où le dollar canadien serait à parité avec le dollar américain et où le S&P 500 serait à un niveau de 1 000. Un an plus tard, l’indice de référence aurait progressé de 10 %, pour atteindre 1 100 et le dollar américain vaudrait à présent 1,05 $ canadien, soit une hausse de 5 %. Pour un investisseur canadien qui vendrait son placement sans couverture après un an, les gains s’élèveraient à 15 % : 10 % pour l’action et 5 % en taux de change.

En revanche, si un an plus tard le dollar américain avait reculé à 0,97 dollar canadien, soit une baisse de 3 % et que la hausse du titre demeure à 10 %, l’investisseur n’empocherait qu’un rendement de 7 % : 10 % de hausse de l’action moins 3 % en taux change.

Par ailleurs, les FNB avec couverture contre les risques de change ne sont pas recommandés pour des placements sur des marchés émergents, estime Vikash Jain, vice-président et gestionnaire de portefeuille chez archerETF Portfolio Management.

« L’une des principales caractéristiques des marchés émergents est que leurs monnaies sont généralement sous-évaluées; c’est ce qui leur confère leur avantage concurrentiel », indique-t-il. « Mais à mesure que ces pays se développent, leurs monnaies deviennent plus fortes. Si vous êtes un investisseur à long terme, il ne faudrait donc pas investir dans des FNB avec couverture contre les risques de change pour des marchés émergents. »

Il existe une autre raison pour investir dans les marchés émergents sans couverture contre les risques de change. Dans le cas des indices plus vastes tels que le MSCI EM (Morgan Stanley Capital International Emerging Market Index), il n’existe aucune méthode efficace de se couvrir contre toutes les devises sous-jacentes. Même les FNB avec couverture contre les risques de change n’adoptent en fait qu’une couverture pour le dollar américain, souligne M. Jain.

Les couvertures ajoutent du risque

Qui plus est, les mécanismes derrière ces FNB peuvent en réalité introduire des risques au sein d’un portefeuille. Les couvertures ont en effet tendance à être loin d’être parfaites, ce qui peut introduire des erreurs de suivi, prévient M. Gabriel.

« La plupart des fournisseurs ont recours à des contrats à terme pour leur couverture, mais si un fonds connaît des entrées ou des sorties de capitaux significatives en milieu de mois, alors la couverture n’est plus de 1:1 », explique-t-il. « Cela pourrait alors engendrer une erreur de suivi jusqu’à ce que le gestionnaire du FNB rétablisse la couverture contre les risques de change intégralement au cours du cycle mensuel suivant. »

Le niveau de protection – qui provient de contrats à terme de gré à gré — dépend de la valeur de l’indice sous-jacent. Cela signifie que le ratio de couverture pourrait connaître une importante erreur de suivi au sein d’un marché volatil, explique Guy Lalonde, gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale.

Un rééquilibrage de la couverture pourrait bien souvent limiter cette répercussion, mais cela pourrait également entraîner des frais de gestion importants.

Ainsi, les investisseurs à la recherche de FNB avec couverture contre les risques de change devraient tenir pour acquis qu’ils devront s’acquitter de frais d’environ 1 % de plus que le ratio des frais de gestion (RFG) et risquer de connaître des erreurs de suivi.

Au bout du compte, c’est du donnant donnant. Les investisseurs doivent donc soupeser les inconvénients possibles de l’appariement des actifs et des passifs au cours du processus de planification, par rapport aux coûts supplémentaires inhérents à une stratégie de couverture.

« Je ne recommanderais pas aux investisseurs de tenter d’adopter une couverture selon la conjoncture d’un marché [et] de pratiquer ainsi un va-et-vient en fonction de leur propre évaluation des possibilités de fluctuations des taux de change, met en garde M. Gabriel. Ce type de comportement spéculatif peut avoir des conséquences particulièrement néfastes pour la valeur d’un portefeuille. »

FNB À STRATÉGIE INTÉGRÉE

Le nombre de FNB à stratégie intégrée (FNBSI) a considérablement augmenté ces dernières années, alors que l’offre de produits de FNB traditionnels, réputés plus passifs, a atteint un niveau de saturation.

Les FNB passifs qui suivent des indices pondérés en fonction de la capitalisation (à l’exception de ceux qui suivent l’indice Dow Jones, qui sont pondérés en fonction de la valeur des titres), détiennent des actifs physiques et proposent une exposition à faible coût, et qui a fait ses preuves, à diverses catégories d’actifs. Par ailleurs, les investisseurs sont davantage familiarisés aux risques des FNB passifs en général. Les FNBSI amènent ainsi de nouvelles perspectives prometteuses, mais qui seront accompagnées d’une nouvelle série de défis.

Source : PUR Investing

À la différence des FNB passifs, les FNBSI renferment une vaste gamme de stratégies qui pourraient être classées par type de stratégie de placement (différentes d’un indice pondéré selon la capitalisation) et par leur mode d’application (recours à des produits dérivés). Le tableau « Types de FNB à stratégie intégrée » regroupe certains exemples.

Types de FNB à stratégie intégrée

Stratégie de placement

Exemples

Investissement actif HAG, CMF, WXM
Gestion indicielle fondamentale CIE, PXC
Indiciel équipondéré ZUT, CEW, HEW
Stratégies de superposition telles que des options d’achat couvertes ZWB, HEX, MXF
Placements spéculatifs HXU, HXD

Modes d’application

Exemples

Contrats à terme ZCE, CBR
Contrats à terme et échanges financiers (« Swap ») HXT, CAB

 
Les risques inhérents aux stratégies intégrées vont revêtir de nombreux visages. Bien souvent, les investisseurs « moyens » s’avèreront peu familiers avec ces risques. Par exemple, au cours du quatrième trimestre de 2008, les investisseurs avaient ignoré la sensibilité des FNB spéculatifs (soit avec effet de levier) à la volatilité, confondant les objectifs de rééquilibrage quotidien avec des possibilités prometteuses de rendement à long terme. Ces attentes ont alors implosé en raison d’une volatilité hors du commun qui est venue réduire les niveaux de rendement des FNB, et ce, tant sur un marché à la hausse qu’à la baisse. Les conseillers devront donc comprendre les risques inhérents aux FNBSI pour réussir à bien utiliser ces produits au sein d’un portefeuille.

Risque actif

Pour les investisseurs qui cherchent à bâtir des portefeuilles affichant un profil de risque stable, le risque actif vient alors introduire des variables supplémentaires telles que le choix discrétionnaire du gestionnaire, une transparence moindre (notamment au Canada) ainsi que des erreurs de suivi plus élevées. Tous ces paramètres viendront donc contribuer à un regain d’incertitude et interférer avec le processus de gestion du risque au sein du portefeuille.

Risque de liquidité

Les FNBSI auront tendance à afficher des volumes de transactions inférieurs, à l’exception notable des FNB spéculatifs (qui sont principalement employés par des courtiers actifs et qui représentent environ les deux tiers de l’ensemble du volume de transactions des FNB au Canada.) Une liquidité plus réduite dans le reste de l’univers des stratégies intégrées impliquera que les écarts entre cours acheteur et cours vendeur pourraient être particulièrement marqués. Les acteurs du marché qui insufflent des liquidités dans ces FNB devraient couvrir leurs positions. Mais le manque d’instruments liquides de couverture entraînera un risque de base que les acteurs du marché répercuteront sur les investisseurs, et ce par des écarts plus importants entre cours acheteur et court vendeur.

Risque de la volatilité latente

Le risque de volatilité revêt une toute nouvelle signification au sein des FNB spéculatifs. Les investisseurs sont certes conscients qu’une volatilité plus importante signifiera généralement des possibilités de pertes plus importantes. Mais dans le cas des FNB spéculatifs, l’incidence négative de la volatilité sera encore plus déterminante. En effet, au sein de marchés turbulents, le rendement d’un FNB spéculatif rééquilibré sera pénalisé par la volatilité latente. Mathématiquement, cela correspond à la différence entre le rendement arithmétique, soit un rééquilibrage quotidien, et le rendement géométrique, soit celui en fin d’exercice. Ce dernier sera pertinent pour les investisseurs, car il représente de l’argent dans le compte une fois qu’ils auront atteint l’horizon de leurs objectifs de placement.

Questions de transparence

Les FNB sont réputés pour leur transparence, en comparaison avec d’autres produits de gestion financière. Ceci s’avère particulièrement exact pour les FNB passifs. Toutefois, au Canada, de nombreux FNB à stratégie intégrée profitent d’une conjoncture règlementaire moins exigeante. Ainsi, en comparaison avec les États-Unis où les créateurs de FNB sont obligés de publier quotidiennement la totalité de leurs participations, au Canada, ces créateurs ne doivent seulement rendre publiques que leurs 25 premières participations, et ce trimestriellement, et la totalité de leurs participations annuellement. Ces créateurs de FNB avancent que cette transparence plus réduite profite aux investisseurs, car elle contribue à les protéger contre des opérations en avance sur le marché. Par contre, l’inconvénient sera que pour les investisseurs qui gèrent le risque au sein de leur portefeuille, il leur sera difficile de réaliser des évaluations précises lorsqu’ils ne connaissent pas toutes les participations.

Risque de crédit

Certains FNB ont recours à des produits dérivés de gré à gré tels que les contrats à terme et les échanges financiers (swaps) pour acquérir des positions dans les valeurs sous-jacentes (par exemple Horizons BetaPro COMEX® Copper Bear Plus ETF (HKD)) ou bien pour engendrer une structure avantageuse du point de vue fiscal (iShares Global Monthly Advantaged Dividend ETF (CYH)). Ces produits dérivés intègrent alors le risque de crédit des contreparties, ce qui pourrait influencer la valeur marchande des actifs du FNB si la note de crédit de l’émetteur du contrat à terme ou de l’échange financier venait à se détériorer significativement.

Risque de report

Les FNB de marchandises, à moins d’être investis dans l’actif physique, tels que le iShares Gold Trust (IGT), peuvent également être exposés à un risque de report. Le risque de report intervient lorsque le cours au comptant d’un actif sera différent du cours à terme, entraînant un report ou un déport. Certains produits de marchandises, tels que les PowerShares DB Gold Double Long ETN (DGU), s’efforcent d’optimiser le roulement de la position.

En fin de compte, le fait d’investir dans des FNBSI peut offrir de nouvelles possibilités de bâtir un portefeuille et de diversification, en donnant accès à toute une gamme de catégories d’actifs. Mais ces produits s’accompagneront aussi de nouveaux risques dont les investisseurs devraient être conscients. Depuis le défi quotidien d’évaluer le risque actif et les coûts en liquidités jusqu’au risque de crédit possible et la volatilité latente, les investisseurs devront donc prendre en considération ces sources supplémentaires d’incertitude lorsqu’ils réaliseront des placements dans des FNB à stratégie intégrée.

FNB À VOLATILITÉ

Les FNB à volatilité sont des fonds qui permettent d’effectuer des transactions ou d’investir dans la volatilité comme si c’était une catégorie d’actif. Ces fonds acquièrent cette caractéristique en achetant (position acheteur) ou en vendant (position vendeur) des contrats à terme pour la volatilité, puisqu’il est moins aisé d’avoir accès au cours comptant (volatilité en espèces).

Cette tâche peut s’avérer difficile, puisque la volatilité n’est pas prévisible, sauf dans le cas de niveaux extrêmes (soit moins de 15 % ou plus de 35 % à 40 %). Dans ces cas-ci, il est probable que la tendance de la volatilité changera de direction.

Le VIX a récemment atteint ses plus faibles niveaux depuis cinq ans — bien que les préoccupations d’ordre économique persistantes justifieraient des niveaux plus élevés.

Pour le moment, examinons un bref historique des FNB VIX, l’intérêt que cela représente de nos jours et les défis que cela constitue pour les acquéreurs.

L’indice VIX estime approximativement la volatilité du marché boursier sur 30 jours, intégrée au cours des options S&P500 échangées à la Chicago Board Options Exchange (CBOE). En d’autres termes, c’est la partie du cours qui reflète les fluctuations à la hausse ou à la baisse anticipée au cours de cette période.

Des niveaux élevés du VIX signifient que les gens s’attendent à une variabilité importante des cours, alors que de faibles niveaux indiquent que les gens estiment que la variabilité devrait être réduite. En tant que tel, le VIX est souvent considéré comme un « indice de la peur ».

Pourquoi des FNB VIX?

Les corrélations (soit l’évolution de l’orientation des cours dans des proportions correspondantes) ont augmenté à plusieurs occasions depuis 2008. Cela a amené de nombreux investisseurs à rechercher d’autres placements (affichant des corrélations inférieures ou négatives) où se réfugier au cours de périodes de baisse généralisée des cours. La volatilité a en effet tendance à fortement grimper au cours de ce type d’épisodes — avec une chute simultanée des cours — aussi, ces instruments permettent une diversification du risque.

Une exposition au VIX représente une couverture potentielle contre des positions acheteur. Une exposition à cet indice de la volatilité peut rapporter des gains significatifs, en raison de l’évolution qu’affichera le cours dans le temps.

Un exemple

Aux États-Unis, le Barclays iPath a lancé un VXX et un VXZ en janvier 2009. La valeur la plus récente des actifs gérés s’élevait à 2,02 trillions $ US pour le VXX; et à 201,3 millions $ US pour le VXZ (au 28 août 2012).

La principale différence entre ces deux billets négociés en Bourse (BNB) tient à ce que ces BNB exposent leurs acquéreurs au risque de crédit de la contrepartie, ce qui n’est pas le cas pour les FNB, et en ce que les contrats à terme sous-jacents sont achetés et convertis (une fois arrivés à terme) dans le temps.

Le VIX permet pour sa part d’obtenir une exposition aux contrats à terme à courte échéance du VIX S&P500, alors que le VXZ s’efforce de suivre des contrats à terme à moyenne échéance du S&P500, puisque les investisseurs ne peuvent pas acquérir du VIX au cours comptant. De plus, une exposition au VIX par le biais de contrats à terme peut s’avérer onéreuse dans le temps, car il faudra convertir ces contrats mensuellement. Cela provient du report, soit une situation où les contrats à terme s’échangent avec une surcote qui disparaît progressivement plus la maturité approche. Lorsque la courbe des contrats à terme s’aplatit (le taux de report est plus important dans le début de la courbe), le VXZ tente de réduire au minimum les conversions de contrat en investissant plus loin le long de la courbe.

Le VXX court un plus grand risque d’érosion de la valorisation (car il convertit les contrats plus fréquemment) que le VXY (qui investit dans des contrats à terme plus loin le long de la courbe, là où elle est plus aplatie.) Dans l’ensemble, le VXX offrira une meilleure traction à l’évolution du cours comptant en cas de volatilité (50 % à 60 % de participation dans le temps), comparé au VXZ (30 % à 40 % dans le temps).

Quand avoir recours au VIX

Les FNB de volatilité ne permettent pas de participer à la hausse totale du VIX, car ils ont recours à des contrats à terme et en raison du coût de conversion de ces contrats dans le temps. Par ailleurs, la valeur du placement pourrait diminuer si le FNB n’est pas déployé lorsque le VIX enregistre une hausse. Toutefois, il existe un potentiel significatif de hausse à court terme lorsque les niveaux de volatilité grimpent en flèche.

Les FNB canadiens

Les trois FNB suivants de chez Horizons proposent une exposition au VIX :

1) HUV – HBP S&P500 VIX Short Term Futures ETF (FNB à contrat à court terme S&P 500 VIX);

2) HVU – FNB HBP à contrat à court terme S&P 500 VIX Haussier+ (remise à niveau du levier deux fois par jour);

3) HIV –FNB HBP à contrat à court terme S&P 500 VIX à rendement inverse.

Horizons a lancé les HUV et HVU, qui proposent une exposition à la volatilité à longue échéance, en décembre 2010. Le HIV, qui grimpe lorsque la volatilité recule, a été lancé en avril 2011. Ce dernier bénéficie d’une fuite de la valeur dans le temps.

Dans l’ensemble, ces outils de placement qui affichent des transactions importantes ne sont pas destinés aux investisseurs de garde, soit qui comptent acheter et conserver leurs placements, et ils n’ont pas attiré le niveau d’actifs comparable à leurs contreparties américaines (56,5 millions $ d’actifs gérés pour tous les trois au 29 août 2012), puisque certains investisseurs ne sont pas familiers avec la volatilité en tant que moyen de placement. Par ailleurs, il peut être aléatoire de faire des rendements avec ce type de FNB étant donné leur important degré d’exposition.

Le HVU propose le plus gros potentiel, mais il est également le plus risqué puisque son recours à l’effet de levier est remis à jour quotidiennement. Fait intéressant, c’est le seul que les investisseurs sembleraient affectionner, au même titre que le VXX est le préféré aux États-Unis. Cette orientation vers la volatilité à très court terme illustre le désir des gens de se prévaloir des fluctuations ponctuelles du VIX, plutôt que de compenser des pertes mineures — et cela confirme la nature spéculative des placements VIX. (Consulter le tableau ci-dessous.)

Changement hebdomadaire en % du FNB contrats à court terme S&P 500 VIX Haussier+

DEUXIÈME PARTIE : LES FNB ET LES DYNAMIQUES DU MARCHÉ

les transactions des FNB sont-elles responsables de l’augmentation des corrélations entre les VALEURS américaines?

Une recherche de James Xiong, l’un des principaux conseillers en recherche au sein du cabinet Ibbotson Associates and Rodney Sullivan à Chicago, et un analyste financier agréé (CFA), intitulée « How Index Trading Increases Market Vulnerability » (Comment les transactions indicielles augmentent-elles la vulnérabilité du marché) conclut que la corrélation parmi les titres américains a augmenté principalement en raison du nombre important de transactions au sein des FNB et des fonds indiciels. (Ces résultats ne s’appliqueraient pas à d’autres catégories d’actifs.)

Cette étude avance en effet que la corrélation entre les actions américaines a augmenté au cours des 10 à 15 dernières années — soit la même période qui a vu le lancement des fonds indiciels sur le marché —, car la fréquence des achats et des ventes amènerait les acteurs de chaque fonds à évoluer en rangs serrés, soit à la manière d’un banc de poissons. Tout cela finirait par faire augmenter la corrélation.

Par conséquent, une investisseuse qui de nos jours achèterait un fonds indiciel tel que le S&P 500 obtiendrait une magnitude de diversification significativement inférieure en comparaison à ce qu’elle aurait pu obtenir il y a 10 ou 15 ans.

Dans le cadre de leur étude, M. Sullivan et Xiong ont comparé les titres du S&P 500 et ont relevé que la corrélation entre les titres de grandes capitalisations atteignait environ 10 % à 15 % entre 1983 et 2000. Par contre, après 2000, la corrélation a rapidement augmenté pour arriver à ses niveaux actuels d’environ 50 %. Qui plus est, « à ce jour, la corrélation des titres de petites capitalisations a également progressé pour atteindre environ 50 %. »

Selon M. Sullivan, ces résultats pourraient laisser entendre que les avantages de la diversification seraient bien inférieurs à ce qu’ils pouvaient être. Autrement dit, il faudrait donc à présent près de deux fois plus de titres pour avoir un portefeuille totalement diversifié.

Les FNB et les fonds indiciels sont une cible facile

Il est indéniable que la corrélation entre les actions, notamment les actifs spéculatifs, a progressé au cours des 15 dernières années, reconnaît Christopher Phillips, analyste principal chez Vanguard Investment Strategy Group. Toutefois, selon M. Phillips, imputer l’entière responsabilité aux FNB ou aux fonds indiciels ne serait pas honnête, car ces derniers ne représentent que près de 10 % de l’ensemble du marché américain.

En revanche, il serait plus probable que cette corrélation des actions américaines ait augmenté en raison de la mondialisation et d’une plus grande disponibilité des renseignements sur les marchés. Par ailleurs, les FNB et les fonds indiciels sont des preneurs de prix, souligne M. Phillips et en tant que tel, ils n’influenceraient pas le cours des actions — ce seraient plutôt les gestionnaires actifs qui auraient une telle influence.

La corrélation n’est pas la seule variable dans la diversification d’un portefeuille

M. Phillips s’étonne également que M. Sullivan et Xiong ne s’intéressent principalement qu’à la corrélation. M. Phillips estime en effet que ce paramètre ne constitue qu’un seul élément déterminant de la diversification d’un portefeuille.

Ainsi, une corrélation importante entre deux titres n’implique pas nécessairement que ces derniers vont évoluer de pair. À ce titre, pour mener une analyse complète du rendement d’actions, il faudrait également prendre en considération d’autres mesures de la diversification du portefeuille, telles que la dispersion, la volatilité et le différentiel entre les rendements.

M. Phillips a d’ailleurs comparé la corrélation entre Exxon Mobil et Chevron. En dépit de leur corrélation quotidienne importante de 0,85 au cours des trois dernières années, Chevron a affiché des résultats supérieurs de 30 % à ceux Exxon : soit d’une part, un rendement cumulatif de 146 % comparé, d’autre part, à un rendement cumulatif de 110 %.

Pour sa part, M. Sullivan précise que les FNB permettent d’obtenir une diversification à un coût rentable, mais que des transactions fréquentes modifient les schémas de corrélation. Aussi, son étude recommande une diversification bien plus vaste.

M. Phillips convient que la diversification entre diverses catégories d’actifs joue un rôle important. À ses yeux, l’un des meilleurs éléments de diversification d’un portefeuille sera d’ailleurs les titres à revenu fixe de grande qualité, car cette catégorie d’actif a tendance à rester à flot au cours des effondrements du marché, lorsque la corrélation entre les titres boursiers et la majeure partie des catégories d’actif augmente.

3E PARTIE : IMPLICATIONS FISCALES DES FNB

Bien que la structure d’un FNB rende bien souvent les questions d’ordre fiscal moins préoccupantes que dans le cas d’un fonds commun de placement comparable, les FNB peuvent toutefois entraîner des gains en capital.

C’est pour cette raison que Michael Nairne, CFP, CFA chez Tacita Capital à Toronto, recommande de se pencher de près sur la composition de l’indice sous-jacent d’un fonds afin de réduire au minimum la fiscalisation pour ses clients.

« Un FNB qui serait concentré sur une gamme réduite de titres qui connaissent un roulement important pourra engendrer des gains fréquents. Cela pourrait entraîner des distributions de gains en capital en fin d’exercice », explique-t-il. À l’inverse, un indice regroupant une vaste gamme de titres affichera un roulement moindre et donc, présentera moins de risques de distributions.

Les FNB qui ont recours à des options d’achat couvertes peuvent déclencher une série de gains en capital que le fonds distribuera. Lorsqu’un fonds commun de placement effectue une distribution imposable, la valeur de l’actif net par action (VANA) en sera réduite en conséquence. Donc, si la distribution se fait sous forme d’espèces ou de réinvestissement dans des parts supplémentaires, il est alors aisé de suivre le prix de base rajusté (PBR) du placement.

Par contre, les FNB réaliseront parfois des distributions théoriques imposables en fin d’exercice, mais qui ne seront ni sous forme d’espèces ni de réinvestissement en parts supplémentaires. Aussi, les détenteurs de parts ne verront aucun changement du nombre de parts qu’ils détiennent et la VANA sous-jacente ne changera pas non plus.

Ces distributions théoriques font l’objet d’un rapport par l’entreprise ou le courtier détenteur, mais le PBR indiqué pourrait en fait être inférieur, à moins que l’entreprise ou le courtier détenteur n’ajoute la distribution théorique au PBR du placement.

« Il faut que le conseiller vérifie », insiste M. Nairne. « [Le calcul du PBR] n’est pas toujours ajusté automatiquement. Si un investisseur détient le fonds pendant plusieurs années, le PBR pourrait alors devoir être ajusté plusieurs fois. »

La firme de courtage aura la responsabilité de fournir tous les rapports à des fins fiscales pour le FNB, à la différence des fonds communs de placement, pour lesquels l’entreprise distributrice fournit de nombreux services. Ainsi, les investisseurs reçoivent un T3 et un relevé 16 directement s’il se produit une distribution de gains en capital (ou autre).

La composition est importante

Si une action sous-jacente est achetée dans le cadre d’une fusion, la composition de l’indice devra être rééquilibrée pour s’assurer que le FNB continue de reproduire l’indice. Cela pourrait alors entraîner des remboursements significatifs de l’action sous-jacente, déclenchant alors du même coup une série de gains en capital qui devront être distribués au sein du fonds.

Graham Westmacott, un gestionnaire de portefeuille chez PWL Capital, souligne l’importance d’examiner soigneusement les actifs sous-jacents afin de déterminer s’ils représentent réellement un indice. Par ailleurs, si l’indice assure son suivi grâce à des produits dérivés, il existe alors un risque de crédit provenant de la contrepartie associée au produit dérivé. Dans ce cas, le FNB pourrait alors essuyer des pertes si la contrepartie n’honorait pas ses obligations.

« Certains fournisseurs jouent le rôle de leur propre contrepartie; et s’ils retirent ou pas un bénéfice de la transaction des produits dérivés ou du FNB, cela aura des répercussions sur les investisseurs », prévient M. Westmacott.

Pour leur part, les FNB obligataires versent généralement un intérêt sous forme de dividendes mensuels, ce qui sera alors imposé comme un revenu normal. En conséquence, ces fonds devraient être détenus dans des comptes enregistrés. Tout gain en capital sera versé sous forme de distribution annuelle.

Mais ces FNB ne fournissent pas automatiquement une diversification; certains pourraient renfermer en effet d’importantes pondérations dans les titres de seulement une ou deux entreprises. « Il faut surveiller de près la quantité de titres de crédit d’une entreprise en particulier que l’on détient au sein de son panier de placements, rappelle M. Westmacott. Êtes-vous en sécurité si vous investissez dans un fonds qui contient un nombre important de titres de crédit provenant d’un émetteur obligataire ? »

Les FNB immobiliers pourraient arriver à compenser la portion imposable des distributions avec des déductions pour amortissement provenant de l’amortissement des propriétés au sein de la société de placement immobilier sous-jacente. Selon M. Westmacott, cela confère aux FNB immobiliers un degré supplémentaire de marge de manœuvre.

« Si le panier de la société de placement immobilier connaît un retour de capital provenant de l’amortissement d’une propriété, dit-il, il pourra alors compenser cela intégralement et réduire la distribution imposable qui en résulterait. »

Les gains en capital retirés pourraient provenir du comportement de l’entreprise du titre sous-jacent. En effet, si un FNB suit un indice de grosses capitalisations et que l’une des actions sous-jacentes ne répond plus à cette définition, il faudra alors se départir du titre. Le teneur du marché devrait alors encaisser les gains en capital primaire, mais cela pourrait être transféré aux investisseurs dans le FNB sous forme d’une distribution en espèces entièrement imposable.

FNB américains

Bien que les FNB américains échangés sur des Bourses canadiennes soient soumis à notre règlementation fiscale, il est possible qu’un Canadien détienne des FNB américains échangés à la Bourse de New York sans avoir recours à une société de portefeuille.

M. Nairne souligne toutefois que les conseillers devraient vérifier de près la structure des FNB car certains d’entre eux ne sont pas définis comme des fiducies typiques, mais sont plutôt structurés sous forme de fiducies de billets ou de fiducies cédantes, dont la fiscalité peut être différente. Bien que les frais soient inférieurs, les dividendes étrangers provenant de ce type de FNB ne sont pas admissibles au crédit d’impôt pour dividendes accordé aux sociétés canadiennes.

Un élément plus important encore sera le fait que les FNB américains sont considérés comme des biens étrangers par l’Agence du revenu du Canada (ARC) et devront donc figurer au sein du bilan de vérification du revenu étranger, qu’il faut produire chaque année si la valeur des biens étrangers dépasse les 100 000 $.

Par ailleurs, le Internal Revenue Service (IRS) américain considère les FNB ou les actions détenues et échangées dans une Bourse américaine, comme des actifs américains en ce qui concerne la fiscalité américaine en matière de patrimoine. Ces placements pourraient donc alors entraîner une fiscalité importante et imprévue si une personne détient des actifs aux États-Unis dépassant la limite d’exonération.

Étant donné que la plupart des distributions de gains en capital sont réalisées en fin d’exercice, les investisseurs pourraient éviter ces distributions en se départissant de leur placement avant le 31 décembre ou en attendant le mois de janvier pour investir. M. Westmacott précise que les gens se préoccupent des implications fiscales à court terme des FNB, alors qu’en réalité la qualité du produit importe davantage pour les investisseurs à long terme.

Le budget fédéral du 21 mars 2013 propose des mesures fiscales concernant les opérations de requalification. Ces opérations sont des arrangements financiers qui permettent de convertir un revenu normal en gain en capital imposable à 50 % en utilisant, règle générale, des contrats à terme d’achat et de vente. Ces mesures fiscales, si elles sont adoptées, pourraient réduire l’efficience fiscale des FNB touchés.

Côté Québec, ce sera à suivre lors du prochain budget.

4E PARTIE : CHOISIR LES BONS FNB POUR SES CLIENTS

Trouver les bons FNB pour ses clients va devenir une tâche de plus en plus délicate.

Au cours des trois dernières années, le nombre de fonds a quadruplé, passant de 60 à plus de 250; cette explosion a laissé bon nombre d’investisseurs perdus au sein d’un labyrinthe de nouveaux produits spécialisés et présentant diverses structures et modèles de frais

Devriez-vous étudier de près chacun des produits lancés sur le marché ? Tant les conseillers que les fournisseurs vous répondront que non et la science confirme leur opinion.

Ne submergez pas vos clients

Au cours de ces quelques dernières années, la neurofinance nous a enseigné que les gens ne peuvent maîtriser qu’une poignée de choix différents à la fois.

Il va donc falloir identifier les types de fonds qui seront les plus adaptés, en fonction de l’horizon de placement de vos clients et de leur tolérance au risque. Si votre client vous demande des FNB, demandez-lui pourquoi ce produit améliorerait son portefeuille. Ensuite, suggérez-lui entre trois à cinq FNB en fonction de ses préférences et de ses besoins.

Greg Stevenson, un conseiller en gestion de la fortune chez Richardson GMP à Calgary, utilise le rapport trimestriel SPIVA de Standard & Poor’s pour aborder la question des récents rendements des gestionnaires et des indices. Il explique également à ses clients ce que sont les erreurs de suivi, ainsi que la structure de frais des FNB. Il va aussi décrire la structure des indices employée par chacun des fonds que ses clients ont choisis.

Comment choisir des fonds

Les FNB de très bonne qualité s’en tiendront scrupuleusement à leur mandat et n’afficheront pas de rendement supérieur ni inférieur aux indices sous-jacents.

Ils devraient également offrir valeur et stabilité à long terme, estime Justin Bender, gestionnaire de portefeuille adjoint chez PWL à Toronto. D’ailleurs, M. Bender se cantonne à des fonds largement diversifiés et fiscalement rentables, qui suivent les principaux indices et, plutôt que de se concentrer sur les données de rendement indépendantes, il prend davantage en considération le rôle de chaque fonds au sein du portefeuille d’un client.

Les fonds à la pointe du secteur proposant le double de la volatilité et de l’effet de levier pourraient, par exemple, paraître particulièrement alléchants, mais ils ne sont toutefois pas conçus pour la grande majorité des investisseurs.

« Il est dangereux d’applique une même démarche unique à tout le monde », résume Mary Anne Wiley, directrice générale et responsable de iShares, Blackrock Canada. Mme Wiley explique en effet qu’un nombre croissant de produits sont lancés pour répondre aux demandes de créneaux spécialisés, tels que les fonds de stratégie qui vont identifier des titres prometteurs au sein d’indices précis plutôt que de simplement suivre ces indices.

Alors, Mme Wiley recommande que si un client arrive, particulièrement enthousiasmé par un fonds spéculatif ou particulièrement ciblé, qui sera probablement trop complexe ou inadapté, il faudra alors l’en détourner.

Il faudrait plutôt suggérer un FNB qui affichera un meilleur historique des rendements et un meilleur potentiel de rendement. D’ailleurs, certains conseillers vont tout d’abord sélectionner un bon fournisseur et ensuite rechercher dans la gamme et choisir chaque fonds individuellement; par contre, d’autres conseillers vont plutôt commencer par choisir un secteur qui convient et ensuite analyser l’ensemble de la gamme d’un fournisseur.

Mais certains des nouveaux indices sont tellement spécialisés qu’il n’existe aucune base pour en comparer les rendements. Il faudrait donc être prudent. Selon Atul Tiwari, directeur général de Vanguard Canada, il sera crucial que les investisseurs comprennent l’indice qui est suivi ainsi que la méthodologie derrière chaque produit, avant de se lancer.

Pour sa part, M. Stevenson pense que les FNB spécialisés ne conviennent qu’à des investisseurs expérimentés qui seront conscients des risques et des complexités de ces produits. À ce titre, les portefeuilles de Justin Bender de PWL ne font appel qu’à quatre fonds, parallèlement à quatre autres FNB de remplacement en cas de possibilités de vente permettant de réaliser des pertes à des fins fiscales. Il a également recours à des fonds communs de placement à faible coût pour avoir accès à des revenus fixes et à de l’immobilier mondial.

HED : Exemple de portefeuille de FNB

Catégorie d’actifs FNB actuels FNB temporaires en remplacement (ventes pour des pertes à des fins fiscales)
Sociétés de placement immobilier canadiennes iShares S&P/TSX Capped REIT Index Fund (XRE) Fonds indiciel BMO équipondéré de FPI (ZRE)
Actions canadiennes iShares S&P/TSX Capped Composite Index Fund (XIC) Vanguard MSCI Canada Index ETF (VCE)
Actions américaines Vanguard Total Stock Market ETF (VTI) iShares Russell 1000 Index Fund (IWB)
Actions internationales et des marchés émergents Vanguard Total International Stock ETF (VXUS) Vanguard FTSE All-World ex-U.S. ETF (VEU)

 
EXAMEN

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