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Lectures : Le leadership de la subjectivité

22 mai 2012 | Nicolas Ritoux | Commenter

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Où naît le leadership? Comment se fait-il reconnaître, respecter et admirer? Une réponse est proposée dans On dirige comme on, le dernier ouvrage de Laurent Lapierre, titulaire de la Chaire de leadership Pierre-Péladeau à HEC Montréal.

D’emblée, Laurent Lapierre trace la ligne entre la direction et la gestion. Ancien directeur du Théâtre du Trident, il compare les dirigeants et les gestionnaires avec les acteurs et les comédiens : les uns laissent le personnage entrer en eux, les autres entrent dans la peau du personnage. Les uns ont une vision originale et des qualités personnelles appuyées par une richesse intérieure, les autres ont plutôt une habileté à composer avec les forces extérieures.

Bien sûr, les deux rôles s’entremêlent souvent dans la même personne, mais celui du dirigeant est essentiel, selon Laurent Lapierre, car il tient à distance la « mystique managériale » qui génère la formalisation, la systématisation et la tyrannie du consensus.

La clé du leadership est dans la subjectivité et l’émotion, que Laurent Lapierre tient ardemment à rétablir dans un monde où, selon lui, on valorise beaucoup trop l’objectivité. Contrairement à ce qu’enseignent les écoles de gestion, « la subjectivité n’est pas un défaut », écrit-il. L’objectivité sert à analyser une situation, mais ce qui permet de décider en dernier lieu, c’est la subjectivité, soit « l’intelligence de l’action » ou « une compréhension intuitive qui résulte de l’expérience ».

Recueil d’articles publiés au fil des ans dans des revues spécialisées et des médias grand public, On dirige comme on est passe à la loupe plusieurs traits-clés des grands dirigeants, qu’il s’agisse de leurs défauts, de leur courage, de leur jugement, de leur intégrité, ou de leur talent pour le « ménagement » (ménager, faire le ménage et se ménager).

Au bout du compte, diriger comme on est, c’est mieux se connaître, faire le deuil de ses idéaux, accepter d’être soi-même face aux autres, se donner le droit de penser différemment, savoir gérer avec d’autres et faire preuve d’ouverture. C’est aussi trouver sa pensée propre et son « unicité de dirigeant », bref : gérer comme personne d’autre.

Laurent Lapierre, On dirige comme on est, Presses de l’Université du Québec, 238 p., 28 $ (20,99 $ en version électronique).

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