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Ce sont encore les boomers qui écopent

6 janvier 2010 | Ronald McKenzie | Commenter

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Les baby-boomers canadiens semblent destinés à demeurer d’éternels parents, si l’on se fie à un récent sondage du Groupe Investors. En effet, 10 % des baby-boomers qui ont des enfants doivent soutenir d’une façon ou une autre leurs parents vieillissants, en plus de subvenir à leurs propres besoins. De ce groupe, quatre sur dix (42 %) disent que ce cumul de responsabilités est pour eux une source additionnelle de stress.

Bien qu’ils soient d’accord pour s’occuper de leurs parents (les deux tiers des participants estiment s’acquitter d’une dette envers eux), ils ne sont pas aussi enthousiastes à l’idée de devoir donner de l’argent à leurs enfants adultes. Le quart des parents (25 %) qui appuient financièrement leurs enfants se sont dits embêtés d’être obligés de le faire. Le sondage révèle que six parents issus du baby-boom sur dix versent en moyenne 3 675 $ par année à leurs enfants adultes.

« Comme les enfants tardent à acquérir leur autonomie et que les parents vieillissants vivent plus longtemps, les baby-boomers se dirigent tout droit vers une tempête générationnelle parfaite », prévient André Goudreau, planificateur financier et directeur régional pour la Mauricie et le Centre-du-Québec, au Groupe Investors.

Certes, il est tout à fait normal d’aider ses enfants à prendre leur envol, mais il ne faut pas négliger ses propres besoins, surtout quand on prépare activement sa retraite, souligne le Groupe Investors. En effet, l’aide financière que fournissent les Canadiens âgés de 43 à 63 ans risque d’entraîner des conséquences sérieuses sur leurs vieux jours. Ainsi, 39 % des baby-boomers disent qu’ils ont dû réduire les montants qu’ils investissent pour leur retraite en raison du soutien financier qu’ils procurent tant à leurs parents qu’à leurs enfants. Un quart d’entre eux (24 %) affirment avoir réduit leur train de vie et craignent que leur générosité ne mette en péril la sécurité de leur retraite.

L’étude du Groupe Investors permet de catégoriser quatre types de baby-boomers coincés dans le sandwich intergénérationnel.

1. L’investisseur en capital de risque. Il s’agit des baby-boomers qui fournissent à leurs enfants les capitaux de départ nécessaires pour leur permettre de devenir autonomes. Quatre parents baby-boomers sur dix (44 %) disent contribuer présentement aux études postsecondaires de leurs enfants ou l’avoir fait, alors que deux sur dix (21 %) s’attendent à le faire. Fait intéressant, six parents baby-boomers sur dix (62 %) ont déclaré ne pas avoir bénéficié eux-mêmes de ce type d’aide de la part de leurs parents.

2. Le fournisseur de services. Ce sont les baby-boomers dont les enfants ont quitté le foyer familial, mais qui ont encore besoin d’un soutien émotif et financier. Sept baby-boomers sur dix (70 %) ont des enfants âgés de 19 ans et plus qui ont quitté la maison familiale. Ces parents parcourent en moyenne 190 km par mois pour leur fournir une forme d’aide quelconque (garde d’enfants, participation à des décisions financières importantes, travaux d’entretien et de réparation de maison, etc.).

 3. L’organisme de financement. Les baby-boomers qui offrent un logis et du soutien financier à leurs enfants adultes en manque d’argent font partie de cette catégorie. Deux baby-boomers sur dix (22 %) ont des enfants âgés de 19 ans et plus qui vivent à la maison. De ce groupe, six sur dix (58 %) ont indiqué que leur enfant adulte ne contribue pas aux dépenses du ménage.

4. Le fournisseur universel de soins. Pensons aux baby-boomers qui s’occupent à la fois de leurs enfants et de leurs parents au détriment de leurs propres besoins. En raison du temps qu’ils doivent consacrer à leurs enfants et à leurs parents, un tiers des baby-boomers qui assument cette double charge (34 %) disent avoir reporté ou annulé des projets de voyage, et un tiers (32 %) disent ne pas pouvoir se consacrer pleinement à leurs passe-temps et à leurs centres d’intérêt.

Malheureusement, il n’existe pas de remède miracle pour les baby-boomers pris dans cet étau. « Une bonne façon d’assumer ces doubles responsabilités consiste à déterminer l’aide qu’ils peuvent offrir et combien ils doivent disposer pour pouvoir subvenir à leurs propres besoins », constate André Goudreau.

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