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Affaires

Cinq questions pour évaluer votre travail

22 août 2011 | Commenter

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Signe des temps? Depuis quelques semaines, un nombre croissant de journalistes spécialisés et de chroniqueurs financiers exhortent les épargnants et les investisseurs à scruter le travail de leurs conseillers. Quelle est la finalité du plan proposé? Quel est le degré de risque des placements recommandés? Comment se justifient les frais? Etc.

C’est maintenant au tour de Morningstar Canada d’entrer dans la ronde. La firme d’information financière suggère à ses lecteurs de poser cinq questions qui n’ont pas pour but de « dupliquer tout le travail de votre conseiller », certes, mais de leur assurer « d’être assez à l’aise avec le plan » qu’on s’apprête à mettre en place.

Voici ces questions :

1. « Quelle est l’approche de ce plan pour la répartition des actifs? »
Morningstar Canada considère que l’affectation d’un portefeuille aux actions, aux obligations et aux liquidités est l’un des facteurs les plus déterminants dans l’atteinte des objectifs financiers. Une répartition idéale d’actifs doit être « holistique », c’est-à-dire tenir compte des autres sources de revenu que les clients toucheront une fois à la retraite (rentes d’employeur et du RRQ, Pension de la sécurité de la vieillesse, etc.).

Le mode de gestion des actifs doit aussi être examiné de près. Le conseiller sera-t-il plus ou moins passif, ou dynamique et tactique, voire très dynamique en effectuant des transactions aux marges du portefeuille? « Les stratégies extrêmement dynamiques et tactiques peuvent paraître comme le saint Graal, notamment en raison de la brutalité du marché baissier encore fraîche dans nos esprits. Elles peuvent cependant aussi entraîner des impôts et coûts transactionnels élevés, et leurs taux de réussite est loin d’être mirobolant », prévient Morningstar Canada.

2. « Ce plan inclut-il une composante en assurance? »
Si un conseiller intègre une rente dans son plan, c’est peut-être une bonne chose, note Morningstar Canada. En effet, « certains produits ont le potentiel de pouvoir augmenter votre revenu de retraite et diminuer les chances de vivre plus longtemps que vos moyens ». Toutefois, les rentes viagères peuvent être compliquées à comprendre et coûteuses, et il peut être difficile de s’en défaire une fois qu’on y a souscrit. Le conseiller doit donc être en mesure d’expliquer tous les tenants et les aboutissants de tels produits avant de faire signer son client.

3. « Quelle est la qualité des options de placement? »
À l’instar de l’Autorité des marchés financiers, Morningstar Canada invite les consommateurs à « investiguer » avant d’investir. « Si le plan financier que l’on vous propose comporte des actions individuelles, des fonds communs et des fonds négociés en bourse, le site offre une vaste gamme de données et d’analyses pour vous aider à enquêter à quel point ces produits éventuels sont valables », affirme-t-elle. Ratios des frais de gestion, date de création du fonds, ancienneté du gestionnaire et test du profil risque/rendement, voilà quelques-uns des éléments que les clients devraient vérifier eux-mêmes avant d’accepter le plan de leur conseiller.

4. « Le plan conserve-t-il les avoirs qui en valent la peine? »
La plupart des conseillers privilégient les investissements qu’ils ont sélectionnés eux-mêmes ou avec l’aide de leur cabinet, souligne Morningstar Canada. « Cela les aide à cibler leurs propres recherches et à contrôler leurs efforts pour surveiller une liste concise de placements, plutôt que d’avoir tout à recommencer avec chaque nouveau client », ajoute-t-elle. En clair, si un épargnant ou un investisseur possède déjà des fonds ou actions qui font bonne figure, ils devraient insister pour les conserver. « Après tout, il n’y a pas de raison de déclencher un acte imposable ou des frais transactionnels si ce n’est pas absolument nécessaire », dit la firme.

5. « Quels sont les frais de cette mise en œuvre? »
Combien coûte l’instauration d’un plan financier? Le client doit obtenir une réponse « en dollars et en cents », qui comprendra les commissions liées à l’achat de nouveaux placements et à la liquidation d’avoirs existants, ainsi que tous les coûts liés à la vente des titres qui se sont appréciés depuis qu’ils en ont fait l’acquisition.

Morningstar Canada ne prétend pas remettre en cause le travail des conseillers. Toutefois, elle incite ses lecteurs à faire preuve de « diligence raisonnable », c’est-à-dire à opter pour un conseiller qui a de solides antécédents et qui exige des frais raisonnables.

Cette vérification complétée, « vous pouvez faire confiance à cette personne pour accorder l’attention nécessaire à l’élaboration d’un plan qui aura votre meilleur intérêt à cœur. Mais, cela ne veut pas dire pour autant que vous puissiez maintenant relaxer et ne plus vous occuper de rien », conclut-elle.

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