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Comment investir dans les marchés émergents?

1er février 2011 | Commenter

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terre_planete_globe_argent_monnaie_425La presse financière fait beaucoup état des « marchés émergents » depuis 2007. Elle cible notamment la Chine, l’Inde et le Brésil, les identifiant comme les représentants attitrés d’un bloc de pays aux caractéristiques homogènes. Or, il n’en est rien, dit Gail Bebee, chroniqueuse à Morningstar Canada.

« La liste de pays émergents probablement la mieux connue est celle de l’Indice MSCI marchés émergents », dit-elle. Celle-ci regroupe 21 pays : l’Afrique du Sud, le Brésil, le Chili, la Chine, la Colombie, la Corée, l’Égypte, la Hongrie, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, le Maroc, le Mexique, le Pérou, les Philippines, la Pologne, la République Tchèque, la Russie, Taiwan, la Thaïlande et la Turquie.

Le groupe FTSE a un indice comparable, mais exclut la Corée et ajoute le Pakistan et les Émirats Arabes Unis. L’indice Dow Jones Emerging Markets Total Stock Market, quant à lui, est un chapiteau beaucoup plus gros et comprend les actions de 40 pays aux marchés émergents.

Par conséquent, les investisseurs qui désirent y faire des placements doivent faire un peu de recherche afin de savoir dans quels pays ils enverront leur capital.

Mais pourquoi donc devraient-ils s’intéresser aux actions des pays émergents? Eh bien, pour faire de l’argent, tout simplement. « Après la grande récession de 2007-2008, les pays développés (États-Unis, Canada, Europe de l’Ouest, Japon, Australie et Nouvelle-Zélande) sont dans un état chancelant, avec des taux de chômage obstinément élevés et des économies stagnantes. Pour réaliser des profits convenables, les investisseurs doivent se tourner vers l’étranger et investir dans les économies florissantes des pays en émergence », explique Gail Bebee.

Des économies en transition
L’ennui, c’est que les pays émergents ont tous des économies en transition. Cela veut dire qu’ils sont en train de passer d’une économie fermée (et souvent à planification centralisée) à une économie de marché ouverte avec des marchés des capitaux transparents et efficients, un système établi de taux de change et des responsabilités claires.

Or, durant cette transition, il y aura invariablement des « cahots en cours de route » qui pourraient avoir un impact négatif sur les rendements des investisseurs. Gail Bebee rappelle le cas du Mexique, qui a décidé de dévaluer soudainement sa devise en 1993, réduisant instantanément la valeur des actions mexicaines achetées avec des dollars canadiens.

« Par bonheur, les économies des marchés émergents ont tendance à connaître une croissance rapide et à compenser ces risques par des récompenses plus élevées pour les investisseurs. En général, leurs rendements ont largement pris de vitesse ceux des marchés mondiaux développés ces 10 dernières années, et les perspectives de croissance future semblent très positives », souligne-t-elle.

Compte tenu du potentiel de profits supérieurs à la moyenne et des bénéfices d’une plus grande diversification par pays, elle croit qu’il est « raisonnable » d’avoir une portion d’un portefeuille d’actions dans les marchés émergents.

Facile d’y investir
Les épargnants canadiens peuvent facilement investir dans les actions des pays émergents, car plusieurs produits de placement leur sont proposés.

– Les fonds des catégories Actions mondiales et Actions internationales : ces fonds peuvent détenir certaines actions des marchés émergents. Les investisseurs doivent faire leur travail de recherche pour savoir lesquelles sont détenues dans un fonds particulier.  Par exemple, le fonds Mawer International, qui investit hors de l’Amérique du Nord, détenait récemment 15 % de ses actifs dans les marchés émergents.

– Les fonds spécialisés dans les marchés émergents : comme leur nom le dit, ces fonds investissent dans les marchés émergents. Gail Bebee donne l’exemple du fonds AGF Marchés émergents et du fonds Desjardins Marchés émergents, deux produits à large diversification cotés 5 étoiles par Morningstar. D’autres ont des mandats nationaux ou régionaux, comme le fonds Chine Plus Renaissance et le Fonds Excel Inde.

– Les fonds négociés en Bourse (FNB) spécialisés : les fonds iShares Emerging Markets Index (XEM.TO), Claymore Broad Emerging Markets (CWO.TO) et BMO Actions de marchés émergents (ZEM.TO) sont concentrés dans des actions des marchés émergents. Les investisseurs peuvent aussi choisir des FNB qui s’intéressent à des pays spécifiques, comme la Chine, l’Inde et le Brésil, ou de régions comme l’Asie et l’Amérique latine.

Par ailleurs, il est possible de profiter par la bande de la croissance des marchés émergents. Comment? En achetant des actions d’entreprises canadiennes qui font leur pain et leur beurre dans ces pays. Bombardier, par exemple, a généré 29 % de ses recettes totales de 2010 dans les marchés émergents. Quant à la firme d’ingénierie SNC-Lavalin, elle tire plus du tiers de ses revenus de ses activités dans les États où l’économie est en transition.


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