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Comment travailler avec les CELI ?

29 février 2008 | Commenter

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Les comptes d’épargne libres d’impôt (CELI), présentés mardi dernier dans le budget fédéral du ministre Jim Flaherty, suscitent la curiosité tant chez les conseillers que chez les investisseurs.

Afin de savoir ce qu’il est possible de faire avec ces nouveaux outils, Advisor.ca a demandé l’avis à un certain nombre de professionnels des services financiers.

La plupart des conseillers interrogés ont souligné que les CELI sont intéressants pour les placements à court terme. Puisque les revenus s’y accumulent à l’abri de l’impôt, ils constituent un refuge intéressant pour y placer des CPG, par exemple.

Pas seulement des CPG, rappelle le planificateur financier Frank Wiginton, mais tout autre instrument de placement qui génère des intérêts imposables. L’expert prévient que le gouvernement n’a pas encore précisé si les investisseurs pourront, sans impact fiscal, transférer dans leurs CELI les placements qu’ils détiennent actuellement dans des comptes non enregistrés. C’est une affaire à suivre.

Pour sa part, John McGuire, de BMO Nesbitt Burns, recommande lui aussi d’inclure dans les CELI tout placement «conservateur» qui produit des intérêts, en raison justement de la protection fiscale dont ils jouissent. Au contraire, les investissements dynamiques devraient demeurer hors CELI (et hors REER), car les dividendes et les gains en capital bénéficient d’un traitement fiscal avantageux.

Frank Wiginton estime qu’un personne qui gagne dans les 30 000 $ par année devrait songer à cotiser d’abord à CELI plutôt qu’à un REER. En effet, une cotisation REER se traduira par une économie d’impôt de 0,16 $ seulement pour chaque dollar de contribution. Et lorsque l’investisseur retirera son argent, il devra éponger une facture fiscale qui risque d’être élevée. En cotisant à un CELI, il peut voir son capital s’apprécier sans se soucier de l’impôt à payer lorsqu’il encaissera ses fonds.

Mais des conseillers ne partagent pas cet enthousiasme. C’est le cas de Christopher Hatherly, qui fait remarquer que l’épargnant qui cotise à un REER profite immédiatement d’un report d’impôt. À terme, c’est peut-être plus profitable qu’une contribution non déductible à un CELI.

Les experts consultés par Advisor.ca applaudissent au fait que les cotisations inutilisées à un CELI peuvent être reportées dans le temps. Cela pourrait s’avérer utile en matière de planification successorale, par exemple. En effet, un jeune d’aujourd’hui qui ne cotise peu ou pas à un CELI pourrait accumuler pour 150 000 $ de droits inutilisés, par exemple. Si l’un de ses parents meurt et lui lègue un capital important, il aura la possibilité de combler ses droits inutilisés d’un coup. Il aura l’assurance que son argent croîtra à l’abri de l’impôt.

Évidemment, disent les spécialistes, il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs. D’une part, le budget du ministre Flaherty doit être adopté par la Chambre des communes. D’autre part, il faut voir comment la réglementation régira l’utilisation des CELI. Mais pour l’heure, tous estiment qu’il s’agit d’un instrument d’épargne digne d’intérêt.

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