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Économie

Conjuguer REER et CELI

18 février 2010 | Kate McCaffery | Commenter

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Fonds Dynamique

Ne soyez pas surpris si certains de vos clients sont à court de réserves ce printemps pour profiter de leur plafond de cotisation au REER parce qu’ils auront vidé leur tirelire dans un CELI en début d’année. En effet, comment résister au battage médiatique sur les mérites du CELI ?

Plus souvent qu’autrement, l’offensive marketing du CELI est l’œuvre des banques désireuses d’étoffer leur actif. Dans une telle optique, ces campagnes ne desservent pas forcément les objectifs de l’investisseur. Si le compte d’épargne à intérêt élevé est judicieux pour constituer une réserve d’urgence, les gains qu’il procure sont trop maigres pour privilégier le CELI en tant qu’abri fiscal. « À 2 % ou 3 %, un placement de 5 000 rapportera dans les 150 $, soit, au total, une économie d’impôt de 69,60 $ par an ou 5,80 $ par mois, explique Warren Baldwin, vice-président régional pour TE Wealth Financial Consultants. Cela ne vaut même pas la peine d’en parler. »

Profiter du CELI
Toutefois, M. Baldwin et d’autres conseillers ont trouvé un moyen de mettre à profit les caractéristiques du CELI. « En plaçant 5 000 $ dans certains fonds en janvier dernier, vous auriez aujourd’hui environ 5 700 $. »

L’investisseur audacieux peut utiliser le CELI pour financer ses cotisations de REER. Certes, 5 000 $ est une somme relativement minime en planification financière à long terme, mais l’avantage fiscal de ce placement est susceptible de convaincre les investisseurs.

Bien qu’il semble être trop tard pour la plupart des bonnes affaires évidentes, nous avons encore la possibilité de certaines opérations rapides dans des titres sous-évalués pour optimiser l’avantage fiscal des placements dans un CELI.

Ceux qui ont placé 5 000 $ quand les marchés étaient au creux de la vague disposent aujourd’hui d’une plus-value appréciable de 20 %, soit un montant de 6 000 $; des conseillers ont même signalé avoir quelques clients ayant accumulé jusqu’à 13 000 $ de la sorte, somme qu’ils peuvent à présent retirer sans payer d’impôt sur les gains en capital. En plus, ils pourront continuer à profiter de l’avantage fiscal assorti à cet important bénéfice.

Attention, certaines règles s’appliquent : le report de gains est permis, mais le client qui retire une somme du compte puis effectue un versement ultérieurement au cours du même exercice s’expose à une sérieuse pénalité fiscale en cas d’excédent de cotisation.

C’est par sa compétence à conjuguer CELI et REER que le conseiller démontre sa valeur. En effet, nul besoin de sacrifier le REER au profit du CELI si le client dispose de liquidités suffisantes. « Lorsque j’ai dit à un de mes clients que nous avions besoin de 5 000 $ pour son CELI, il m’a demandé s’il pouvait puiser dans son compte de courtage; j’ai répondu, non, nous allons tirer la somme de votre compte courant. Il a ri et m’a fait un chèque », relate Murray Morton, directeur de succursale de la division de gestion de patrimoine de Valeurs mobilières Dundee.

Clients jeunes ou à faibles revenus
Le simple bon sens suffit pour orienter les clients afin qu’ils profitent de produits relativement nouveaux sans condamner les régimes enregistrés intégrés à leur planification financière.
Le CELI est également un outil intéressant pour les clients à faibles revenus, car il leur permet d’épargner plus efficacement en vue de certains projets. Le CELI offre un avantage inédit à ceux dont le taux marginal d’imposition est actuellement le plus bas et qui paieront probablement plus d’impôt dans le futur.

Lorsqu’ils prendront leur retraite, les retraits du CELI ne seront pas assujettis à la récupération fiscale inhérente aux prestations fondées sur le revenu comme celles de la Sécurité de la vieillesse ou du RRQ. En outre, ces retraits sont exonérés d’impôt, contrairement à ceux d’un FERR.

Le REER comprend des balises qui dissuadent les retraits pour des besoins à court terme, notamment des retenues d’impôt et la perte du plafond de cotisation. L’argent qu’il contient demeure évidemment accessible à certaines conditions, le Régime d’accession à la propriété (RAP) par exemple, mais ces retraits doivent être remboursés dans un délai de 15 ans.

Beaucoup de jeunes investisseurs ont puisé dans leur REER pour l’achat de leur première maison, avec l’obligation de réapprovisionner leur régime sans l’attrait du crédit d’impôt initial. Si un client envisage d’acquérir une propriété dans peu de temps, le CELI est nettement préférable.

Bien moins contraignant, le CELI est un outil efficace pour épargner en vue de l’achat d’une maison, si le client y fait des versements réguliers – le solde du compte est accessible en tout temps sans entraves, et sans obligation de remboursement dans un délai de 15 ans.

Les cotisations subséquentes au REER continueront à procurer le crédit d’impôt habituel, et le client aura la possibilité de remettre ultérieurement dans le CELI l’argent qu’il en aura retiré.
À long terme, le CELI est également une solution sensée pour les jeunes avec un faible taux marginal d’imposition. En cotisant à un REER, ils utilisent non seulement une portion de leur plafond, mais l’avantage fiscal qu’ils obtiennent a peu de conséquence.

Il serait plus judicieux de reporter ce plafond de cotisation pour en bénéficier quand le revenu du client sera élevé (ce qu’on lui souhaite) et qu’il devra payer beaucoup plus d’impôt.


Kate McCaffery est journaliste financière pigiste à Toronto.


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