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Deux questions à se poser avant d’investir

7 janvier 2010 | Commenter

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 « Le désir de gagner de l’argent dans le seul but d’en avoir plus peut vous causer bien des ennuis. » Non, ce n’est pas un adepte de la simplicité volontaire qui lance cette affirmation, mais l’analyste en fonds communs John Coumarianos, de la firme Morningstar.

Ex-conseiller en placement, John Coumarianos s’étonne de voir les investisseurs s’entêter à trouver le fonds communs qui touchera le gros lot au cours des prochains mois. « Certes posséder de l’argent et le faire fructifier est plus intéressant que d’en avoir peu ou en perdre. Mais, au départ, il faut que cet argent serve à concrétiser des objectifs financiers spécifiques », dit-il. Par exemple, payer les études de ses enfants, acheter une maison ou préparer sa retraite. Autrement, la recherche du meilleur fonds reste un exercice futile.

Avant de se lancer dans un magasinage intensif, dit-il, les investisseurs doivent au préalable éclaircir deux points fondamentaux.

  1. À chaque objectif financier son horizon de placement

    John Coumarianos rappelle que l’atteinte de différents objectifs financiers passe habituellement par des horizons de placement différents. « Si vous comptez utiliser votre argent d’ici deux ans, optez pour des liquidités, comme un fonds du marché monétaire ou un certificat de dépôt », recommande-t-il. Si votre horizon de placement se situe dans deux ou trois ans, considérez l’achat d’un fonds d’obligations gouvernementales à court terme, par exemple.

    C’est que les produits susceptibles de rapporter gros peuvent être terriblement décevants. Ainsi, les investisseurs qui se sont procuré les indices Merrill Lynch High Yield Master II et MSCI des marchés émergents ont fait leurs choux gras en 2009 avec des rendements de + 57 % et + 77 % respectivement. Bravo.

    « Pourtant, ces placements auraient été inadéquats si ces investisseurs désiraient employer leur argent pour acheter une maison en 2010 », dit le spécialiste. En effet, ces indices sont reconnus pour leur forte volatilité. Certes, les performances de 2009 ont été épatantes. Mais elles masquent celles, moins drôles, de l’année précédente. En 2008, l’indice Merrill Lynch High Yield Master II a enregistré – 26 % et le MSCI des marchés émergents, – 53 %.

    « Rien ne garantit que les actifs qui ont connu des difficultés une année rebondiront l’année suivante», note John Coumarianos. Le capital qui doit servir à financer un projet à court terme doit être protégé contre les pertes. La certitude a un prix, et c’est celui du rendement.

  1. Tirer les leçons de l’histoire

    John Coumarianos souligne que, à très long terme, les actions produisent des gains supérieurs à ceux des obligations et des instruments du marché monétaire. Avec raison, on dira que les actions ont rapporté en moyenne 10 % par année au cours du dernier siècle. Le hic, c’est qu’aucun individu n’a de projet qui nécessite des placements sur 100 ans. Dans l’intervalle, les marchés boursiers sont susceptibles de traverser de longues périodes de vaches maigres.

    Tout près de nous, de décembre 1999 à décembre 2009, l’indice américain S&P 500 a affiché un recul cumulatif de 8 %. Et de la mi-1960 au début des années 1980, les actions américaines n’ont pratiquement rien rapporté. « Voilà qui devrait tempérer vos ardeurs », souligne John Coumarianos. Mais alors que les Bourses commencent l’année 2010 en lion, se souvient-on de ces moments de disette boursière ?

    Pour ce qui est de l’avenir, John Coumarianos voit un paysage embrouillé. « Signe encourageant, les actions sont moins chères aujourd’hui qu’elles ne l’étaient au début des années 1990. Les titres de certaines grandes entreprises se négociaient alors à des ratios cours/bénéfice de 30 ou plus. Tout de même, il est difficile de savoir si les évaluations actuelles sont artificiellement gonflées ou déprimées, car on ne sait pas si les profits des entreprises sont représentatifs de ce qu’ils seront dans l’avenir », explique l’expert.

Quoi qu’il en soit, les investisseurs devraient mettre à profit les leçons de l’histoire afin d’élaborer des stratégies d’épargne et de placement qui répondent réellement à leurs besoins. « Ne vous fiez pas à une explosion boursière pour compenser les économies que vous avez négligé de faire », conseille-t-il. Si les investisseurs ont su épargner de manière sensée, une éventuelle embellie des Bourses viendra couronner des années d’efforts. Ce sera une cerise bien méritée sur le gâteau.

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