A A A

Frais des planificateurs financiers (2e partie) : illustrer sa différence

23 décembre 2009 | Bernie Geiss | Commenter

  • commenter
  • envoyer
  • imprimer

Dans notre premier article sur le sujet paru hier, Bernie Geiss, planificateur financier, explique que le fait d’offrir vos services de planification financière contre honoraires permet de diversifier vos sources de revenu.

Il affirme également que cette stratégie offrait au moins deux grands avantages à vos clients. Premièrement, le planificateur informe son client du chemin parcouru depuis le début de sa vie active d’investisseur. Deuxièmement, en prenant conscience du chemin parcouru, le client peut envisager accomplir le même progrès dans le futur et il gagne la conviction d’être effectivement capable d’atteindre ses objectifs.

Pour illustrer ces avantages qu’offre le planificateur financier, Bernie Geiss présente deux plans financiers qu’il a réalisés récemment pour deux couples aux motivations diamétralement opposées. Aujourd’hui, nous étudierons le cas du Client A, un couple qui s’inquiète de trop dépenser et de ne pas faire d’économies suffisantes pour s’offrir la retraite de ses rêves.

Client A : un couple d’entrepreneurs
Le Client A est un couple marié qui possède une entreprise dont le revenu annuel s’élève à quelques 240 000 $ avant impôt. De cette somme, environ 150 000 $ sont destinés aux salaires des deux conjoints, le reste étant conservé dans l’entreprise pour constituer leur épargne-retraite et rembourser les dettes de la société. Ils ont trois enfants âgés de 11, 14 et 17 ans, et ont contracté plusieurs emprunts pour diverses raisons, dont la rénovation de leur maison. Leurs dépenses sont supérieures à leurs revenus et ils appréhendent de ne pas être capables d’assumer leurs obligations si la crise économique actuelle devait s’aggraver.

Leurs dettes se composent de marges de crédit et de prêts à terme obtenus au fil des ans autant pour assurer l’expansion de l’entreprise que couvrir leurs besoins personnels. Ils ne savent pas exactement lesquels sont exonérés d’impôt ni si l’échéancier actuel des prêts leur permettra de les rembourser avant la retraite. Les taux d’intérêt sont différents selon les marges de crédit ou les prêts et ils n’ont qu’une idée approximative de leurs coûts d’emprunt. Ils ne connaissent pas non plus le montant exact de leurs dépenses personnelles car ils ne tiennent pas de registre; et si l’argent manque, ils ont l’habitude d’utiliser une marge de crédit ou de percevoir un dividende supplémentaire de la société.

Ils ont établi certains objectifs :

  • contrôler les dépenses afin de ne plus accumuler de dettes mais aussi de les rembourser, et d’épargner en vue d’autres projets ;
  • payer les frais de scolarité des enfants, qu’ils évaluent à environ 15 000 $ par an pendant 4 ans pour chacun des trois ;
  • acheter une résidence secondaire en 2020 (quand le mari atteindra l’âge de 60 ans) au prix de 650 000 $ et un appartement valant 800 000 $ (en dollars d’aujourd’hui) ;
  •  vendre l’appartement 25 ans plus tard et en investir le produit en prévision de soins de longue durée ou du coût d’une maison de retraite.

 

Ils souhaitent également :

  • acheter une nouvelle automobile pour elle dans 5 ans (environ 35 000 $) ;
  • acheter une nouvelle automobile pour lui dans 3 ans (environ 35 000 $) ;
  • acheter une nouvelle automobile tous les 10 ans, jusqu’à l’âge de 75 ans ;
  • prendre leur retraite à 65 ans ;
  •  faire un voyage en Europe tous les ans entre l’âge de 65 et de 75 ans, soit une dépense approximative de 15 000 $ par année ; et
  • vendre leur entreprise en 2029 (environ 1,2 million en dollars de 2008).

 

Les recommandations
Partant de ces exigences, j’ai formulé quelques recommandations :

  • Consolider toutes les dettes grâce à une seule marge de crédit facile à gérer, garantie par leur résidence principale; utiliser cette même marge de crédit en cas de besoin; le taux d’intérêt applicable uniformément à toutes les dettes devient le taux préférentiel plus 0,5 %.
  • Fixer le salaire de chaque époux à 75 000 $ avec une augmentation de 2 % d’ici la retraite, pour compenser l’inflation.
  • Installer un logiciel de comptabilité familiale afin d’avoir un relevé de toutes leurs dépenses et de s’assurer qu’ils respectent leurs budgets. Les conjoints doivent régulièrement passer en revue le relevé des dépenses pour être au fait de leur situation financière courante. Aucune dépense n’est permise sans l’autorisation préalable des deux.
  • Verser systématiquement dans les REER la cotisation maximum autorisée en fonction du salaire.
  • Constituer une nouvelle société de portefeuille destinée aux liquidités de l’entreprise et aux placements, afin que la société commerciale puisse être vendue sans complications quand les propriétaires prendront la retraite, avec la possibilité de se prévaloir de l’exonération enrichie des gains en capital pour compenser l’impôt applicable à ces gains.
  • Réduire à 300 $ la prime mensuelle de la police d’assurance-vie universelle de la société, qui s’élève actuellement à 900 $.
  • Augmenter l’épargne de la société à 5 000 $ par mois, en plus du montant nécessaire au remboursement de sa dette.
  • Pendant la période de restructuration de la société en vue de l’établissement de la société de portefeuille, mettre sur pied une fiducie familiale permettant aux parents de verser une allocation d’études à leurs enfants (dès l’âge de 17 ans) sous forme de dividendes, dont le taux d’imposition est inférieur.

 

Grâce à cette démarche, les clients ont gagné une meilleure compréhension de leur situation financière; ils sont également rassurés de constater qu’elle en fait meilleure qu’ils ne le craignaient. Le processus était divisé en étapes simples et ils y ont adhéré volontiers.

Pour illustrer mon raisonnement, j’emploie un progiciel qui permet d’établir une ventilation très détaillée des dépenses essentielles et autres, et des sources de revenu. Ce programme fournit d’excellentes projections selon les prémisses proposées, intègre le taux d’imposition applicable chaque année et comptabilise les revenus et la croissance des placements en fonction des paramètres précis correspondant à la catégorie et au type de placement.

L’information sur les rendements est fournie par le conseiller en placements, et elle doit tenir compte d’un coefficient de volatilité, de la nature des gains en capital, des dividendes ou des intérêts, et du ratio de rotation de la catégorie d’actif.

Les clients ont également fait le point sur leur situation personnelle, notamment le montant des dettes qu’ils ont accumulées. Leur compte de prêt aux actionnaires, constitué par l’argent qu’ils ont emprunté pour ensuite le prêter à leur société, avait un solde créditeur; cependant, leur comptable a puisé dans ce solde pour couvrir les multiples retraits imprévus effectués par le couple pour éponger des dépenses personnelles.

Véritable prise de conscience, cet exercice les a amenés à revoir leurs dépenses, à les maîtriser, et à profiter davantage de la vie après avoir débroussaillé leur situation financière.

Les recommandations destinées au Client B paraîtront dans le bulletin Conseiller.ca du 29 décembre 2009.

Bernie Geiss, CFP, AVA, RHU, est président de Cove Financial Planning Ltd.

Loading comments, please wait.
Médias Transcontinental S.E.N.C. Un site de TC Media,
Solutions Affaires
Médias Transcontinental S.E.N.C.
1100 boul. René-Lévesque O.
Montréal, QC H3B 4X9
(514) 392-9000