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Hypothèque : méfiez-vous de 2010

21 décembre 2009 | Commenter

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Nous le savons tous. Les taux d’intérêt monteront en 2010. L’ancien économiste en chef de la Banque CIBC, Jeff Rubin, entrevoit ces hausses avec beaucoup d’appréhension. Selon lui, l’inflation qui est présentement latente sera une vraie menace dans les mois à venir.

Sur les ondes de Reuters, il a rappelé il y a quelques jours que les ménages canadiens sont en très mauvaise posture. Ils sont très endettés et bien souvent les propriétaires résidentiels d’hypothèques à taux variables. Si le niveau actuel des taux d’intérêt permet de s’endetter à bon prix, qu’en sera-t-il lorsque les taux monteront de 100 ou 200 points de base ? Le scénario semble tout à coup beaucoup moins rose…    

Cette vision pessimiste n’est pas entièrement partagée par les autres économistes des grandes banques, mais ils sont toutefois nombreux à faire des mises en garde. La majorité des prêteurs hypothécaires prévoient d’ailleurs hausser leurs taux quelque part en 2010.

Éviter le mur à vos clients
Quels conseils pouvez-vous donner à vos clients pour leur éviter un dur réveil l’an prochain ? Voici quelques trucs d’experts qui ont partagé leurs connaissances avec Vincent Brousseau-Pouliot du quotidien montréalais La Presse.

1- Détenteurs d’hypothèque à taux variables : attention !
Si vos clients ont une hypothèque à taux variable et qu’ils peinent à boucler leur budget en fin de mois, proposez-leur de visiter leur prêteur hypothécaire. « Plus votre budget est serré, plus il faut être à l’affût de la possibilité de fermer son taux », dit Colette Blais, conseillère en financement hypothécaire à la Fédération des caisses Desjardins.

Les propriétaires plus à l’aise peuvent être plus patients, mais doivent prévoir fermer leur hypothèque d’ici quelques mois. « Nous avons peut-être jusqu’à neuf mois devant nous avant une hausse de taux », dit Colette Blais, de Desjardins. Louis Tétreault, directeur du courtier hypothécaire Multi-Prêts pour la région de Laval et de la couronne nord, exhorte aussi ses clients à la patience. « Les hausses de taux sont toujours progressives », dit-il. Le conseil vaut aussi pour les détenteurs d’hypothèques à taux fixe qui prennent fin prochainement.

2- Pensez à geler son taux dès janvier
Vos clients envisagent de s’acheter une propriété sous peu? Ils devraient alors songer à geler leur taux d’avance. Les institutions financières acceptent généralement de geler un taux pour quelques mois question de se rendre au 1er juillet. « Vous pouvez alors bénéficier du meilleur taux entre le moment où vous faites geler votre taux et l’achat de votre maison », dit Louis Tétreault, de Multi-Prêts.

3- La règle du 30 %
La fameuse règle d’or : ne jamais consacrer plus de 30 % de son revenu brut à son hypothèque n’est pas une fin en soi. L’organisme à but non lucratif Option consommateurs voit plutôt ce seuil comme un maximum. « Un bon exercice budgétaire est plus précis », dit Me Caroline Arel, responsable du service budgétaire d’Option consommateurs. « Si on aime aller au resto ou voyager, peut-être devrait-on se contenter d’une hypothèque inférieure à 30 % du revenu brut », a déclaré Colette Blais du Mouvement Desjardins à La Presse.

4- Lisez les petits caractères
Les petits caractères ou les notes en bas de page des contrats hypothécaires peuvent s’avérer coûteux si le client ne les lit pas. « Le client doit choisir une hypothèque avec laquelle il est à l’aise », dit Colette Blais, du Mouvement Desjardins. Attention aux clauses de conversion. « Il faut s’assurer que les pénalités ne sont pas trop élevées si on veut changer d’hypothèque en cours de contrat », dit Mme Blais.

5- Prévoir sa prochaine hypothèque et établir un coussin de sécurité
« Si on prévoit que le budget sera serré, on est mieux de revoir ses priorités budgétaires et de mettre de l’argent de côté immédiatement », dit Me Caroline Arel, d’Option consommateurs.

Les taux historiquement bas permettent aussi de se bâtir un coussin pour les urgences – bris d’équipement, achats de meubles, rénovations. « On devrait toujours avoir un coussin pour les dépenses imprévues qui va jusqu’à cinq mois de salaire net », dit Colette Blais, du Mouvement Desjardins.

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