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La face cachée des fonds d’obligations

3 novembre 2006 | Christian Benoit-Lapointe | Commenter

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(03-11-2006)Les fonds d’obligations ne soulèvent peut-être pas les passions, mais ils jouent un rôle de pilier indispensable dans les portefeuilles. Conseiller.ca s’est entretenu avec Michael McHugh, expert des titres de revenus fixes au sein de Fonds Dynamique. Il nous parle du présent et de l’avenir de ces produits.

Conseiller.ca: En quoi le rôle du gestionnaire d’un fonds d’obligation est-il différent de celui d’un fonds d’action? Comment la gestion active s’applique-t-elle à un fonds d’obligation?
Michael McHugh : Le rôle principal d’un fonds d’obligation est la préservation du capital et d’être une ancre de stabilité dans un portefeuille diversifié. Comme gestionnaire, mon objectif est d’obtenir constamment un rendement supérieur à la moyenne, et j’utilise quatre stratégies de gestion active pour y arriver :

1- Adapter la sensibilité du portefeuille au changement des taux d’intérêt en ajustant l’échéance moyenne des obligations dans le portefeuille.
2- Modifier l’exposition à travers la courbe de rendement(entre 2 ans et 30 ans)afin de se positionner où on pense réaliser les meilleurs rendements relatifs.
3- Ajuster la pondération des secteurs dans le portefeuille. Par secteur, j’entends les obligations du Gouvernement du Canada, les obligations provinciales, les obligations de société(débentures), les obligations à rendement réel, les obligations convertibles ainsi que les obligations à taux variable. Ces produits ont des profils de rendement différents : je dois déterminer lesquels auront une performance relative supérieure ajustée selon le risque et l’horizon de placement.
4- Renouveler la composition du portefeuille des obligations de sociétés. Mon objectif est d’inclure dans le portefeuille des obligations de sociétés placées dans un environnement d’affaires favorable. On analyse leur présence sur le marché, la capacité des dirigeants, la menace concurrentielle, la stratégie de croissance, etc. Ces aspects ont une influence sur les flux monétaires de l’entreprise. Enfin, nous déterminons aussi quels secteurs nous voulons sur ou souspondérer. 

C.ca : Depuis quelque temps, la courbe de rendement est plate : les rendements des obligations à 2 et 10 ans sont presque identiques. Cela affecte-t-il votre gestion?
MM : La gestion de portefeuille n’est pas plus difficile dans ce contexte, mais c’est effectivement un élément de plus à considérer. La courbe de rendements est plate parce que la Banque centrale a augmenté le taux de financement à un jour, ce qui augmente le rendement des obligations à court terme.

De son côté, le rendement des obligations à long terme est influencé par deux facteurs. D’abord, la demande générale de revenu des investisseurs. D’un côté, le vieillissement de la population tend à augmenter la demande pour les obligations à long terme, ce qui se vérifie autant chez les individus que chez les caisses de retraite, qui recherchent des actifs de qualité à long terme afin de rencontrer leurs engagements. De l’autre, on constate que les excédents d’épargne mondiaux ont été répartis vers les titres de créance, ce qui a contribué à diminuer le rendement des obligations.

Puis, il y a une prime de risque-inflation dans le marché obligataire. Nous croyons que nous sommes dans un environnement d’inflation basse et stable, ce qui fait en sorte que les investisseurs acceptent une plus petite prime de risque pour les obligations à long terme.

C.ca : Le vieillissement de la population ferait donc augmenter la demande des obligations?
MM : L’augmentation de l’actif sous gestion des grandes caisses de retraite amène une demande pour les obligations à long terme. À mesure que les investisseurs vieillissent, leur horizon de placement diminue. Il est donc raisonnable de penser qu’ils désirent réduire le risque dans leur portefeuille en augmentant la pondération en obligations. C’est une décision qui doit être prise avec leur conseiller. J’ai aussi l’impression qu’un souvenir des pertes en capital causées par l’éclatement de la bulle techno persiste. De nombreux investisseurs montrent une aversion au risque plus grande qu’il y a 10 ans.

C.ca : Comment choisir un bon fonds d’obligations canadien?
MM : Je mettrais l’accent sur la stabilité de la performance et je rechercherais un gestionnaire qui a produit des rendements sur une période de 1,3 et 5 ans. Il faut aussi bien comprendre la composition du portefeuille et s’assurer qu’il est compatible avec les besoins du client. Ensuite, je préconiserais un fonds qui fait partie d’une organisation qui offre des produits complémentaires dans lesquels je pourrais transférer les fonds dans la même famille. Enfin, il faut bien comprendre le style du gestionnaire, ce qui peut être fait en discutant avec le directeur régional ou en contactant le gestionnaire par téléphone.

C.ca : Quel est justement votre style de gestion?
MM : J’ai une démarche très prudente afin de réduire et gérer les risques dans le portefeuille dans le but d’obtenir des rendements positifs constants.

Michael McHugh est gestionnaire de portefeuille principal(Fonds de revenu Dynamique, Fonds d’obligations de sociétés Dynamique, Fonds d’obligations à rendement réel Dynamique et du Fonds diversifié d’actif réel Dynamique). Il agit également comme responsable du volet obligataire des Fonds de revenu de dividendes Dynamique, du Fonds équilibré Power Dynamique et du Fonds équilibré Focus+ Dynamique.
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