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La misère des riches vue par une gestionnaire de fortune

24 octobre 2010 | Commenter

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argent_canada_426Les gens riches ont beau conduire des voitures de luxe et boire des grands crus, plusieurs d’entre eux sont malheureux comme les pierres, dit John Heinzl, chroniqueur au quotidien The Globe and Mail. En fait, ce n’est pas lui qui lance cette affirmation, mais plutôt Sara Plant, directrice nationale de BMO Banque privée Harris.

« La richesse apporte son lot de complications et de défis inattendus. Dans certains cas, c’est plus embêtant qu’autre chose », a-t-elle révélé à John Heinzl. Étonné, celui-ci a cherché à en savoir davantage.

« Les gens sous-estiment la complexité émotive que peut entraîner la richesse. Des préoccupations nouvelles viennent s’ajouter à celles que vivent la plupart des personnes, notamment celles qui ne sont pas riches », explique Sara Plant, qui sert des clients disposant d’un actif net d’au moins un million de dollars.

En guise d’exemple, elle mentionne la crainte d’utiliser l’argent à mauvais escient, d’être mal conseillé ou de gâter excessivement les enfants. « Des clients se demandent s’ils emploient absolument tous les allégements fiscaux disponibles ou encore comment ils peuvent donner une partie de leur richesse à la communauté de la manière la plus efficace possible », dit-elle.

La majorité des clients de Sara Plant ont bâti eux-mêmes leur fortune. Toutefois, d’autres sont devenus riches du jour au lendemain après avoir touché un héritage. Quelques chanceux ont tiré un numéro gagnant à la loterie. Chanceux, vraiment ? « Ils peuvent devenir misérables s’ils adoptent un niveau de vie élevé sans préparation adéquate », souligne la gestionnaire. En effet, ils peuvent gaspiller leur patrimoine dans des dépenses extravagantes. Nombre d’entre eux subissent de fortes pressions pour prêter ou donner de l’argent à tout un chacun. Les plus vulnérables deviennent accros à l’alcool ou aux drogues.

Sara Plant note que certains de ses clients sont réticents à l’idée de transmettre leur richesse à leurs enfants. En effet, ils estiment que leurs rejetons tardent à devenir matures. Ils attendent avant de se marier et ne manifestent aucun empressement à entreprendre leur carrière. Ces clients s’inquiètent du fait que leurs enfants vont hériter d’un montant substantiel et, souvent, de l’entreprise familiale. Ils ne croient pas qu’ils seront en mesure d’assurer les responsabilités qui vont avec.

Afin d’éviter ces dérapages, de dissiper les malentendus et de créer un climat de confiance, Sara Plant organise des sessions d’information et de formation à l’intention des enfants de ses clients. Elle leur propose de continuer de faire affaire avec elle afin que le transfert intergénérationnel se déroule sans trop de heurts.

« Si l’argent ne fait pas le bonheur, qu’est-ce qui peut rendre heureux ? », demande John Heinzl. « Je pense que c’est une question d’attitude. C’est de pouvoir travailler avec les moyens dont on dispose, d’être bien avec les personnes qui nous entourent et d’être reconnaissant de ce que nous avons », conclut Sara Plant.


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