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La planification de la retraite bat de l’aile

18 décembre 2009 | Commenter

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Malgré les messages lancés tous azimuts, les Canadiens demeurent réfractaires à se constituer une épargne-retraite. Voilà l’un des constats désolants que révèle le plus récent sondage de RBC sur les REER.

Selon l’étude, un Canadien sur trois (32 %) n’a pas encore commencé à mettre de l’argent de côté en vue de la retraite. C’est un troublant recul par rapport à 2008, où 24 % des Canadiens se trouvaient dans cette situation. La baisse s’observe surtout chez les personnes âgées de 55 ans ou plus, qui sont moins nombreuses (53 %), comparativement à 2008 (67 %), à organiser leurs finances en prévision de leurs vieux jours.

Ce n’est guère plus reluisant du côté des REER. Seulement un Canadien sur trois (35 %) a cotisé ou prévoit cotiser à un REER en 2009. Il s’agit là du plus faible pourcentage de cotisants depuis 1996 (34 %). Parmi les participants qui détiennent un REER et qui n’y cotisent pas cette année ou qui réduisent le montant de leur cotisation, la moitié (54 %) affirment que leur décision est motivée par le contexte économique actuel.

RBC est particulièrement préoccupée par la cohorte des personnes de 55 ans ou plus, dont seulement 53 % planifient activement leur retraite, comparativement à 67 % en 2008. Apparemment, l’effondrement des marchés boursiers et l’incertitude économique sont les principaux motifs qui expliquent cette apparente insouciance.

« Les gens nous disent qu’ils ne peuvent pas ouvrir de REER parce qu’ils n’ont pas d’argent. Or, même avec un budget serré, il faut contribuer à son épargne-retraite. Le meilleur moyen consiste à déposer une petite somme aux deux semaines. Au bout du compte, cela fera une grosse différence », explique Lee Anne Davies, chef des stratégies de retraite à RBC.

Une bonne nouvelle se dégage du sondage de RBC : parmi les Canadiens qui détiennent déjà un REER, 76 % prévoient y cotiser un montant au moins égal à celui de 2008. Il reste quand même du chemin à parcourir, car à peine un Canadien sur quatre (24 %) prévoit utiliser au maximum ses droits de cotisation à un REER pour l’année d’imposition 2009. Et qui sont les Canadiens les plus enclins à contribuer au maximum permis par la loi ? Les jeunes âgés de 18 à 34 ans (35 %).

Lee Anne Davies croit que les conseillers ne manqueront pas de travail au cours des prochaines années. « Les besoins en conseils financiers sont importants. Les clients ne savent pas quand ils pourront prendre leur retraite et comment ils feront pour atteindre cet objectif. »

Lorsqu’ils creusent la question, ils se rendent compte qu’ils doivent considérer de nombreux facteurs, comme le besoin de fournir un soutien financier à leurs enfants d’âge adulte, les changements de structure familiale et la longévité de leurs parents âgés. Dans ces circonstances, il est normal qu’ils se sentent perdus et qu’ils aient la tentation de mettre un couvercle sur la marmite.

C’est évidemment une erreur, et c’est ici que les professionnels des services financiers doivent entrer en scène. « Nous demandons à nos conseillers d’être proactifs lorsqu’ils entrent en communication avec leurs clients et de leur présenter nos programmes de planification, souligne Lee Anne Davies. Les gens doivent savoir qu’il existe différents moyens de préparer leur retraite. »

D’ailleurs, lorsqu’ils passent leur situation en revue avec un conseiller, les épargnants se sentent rassurés. Ils ont alors une idée précise du moment où ils pourront quitter le marché du travail et quel capital ils doivent amasser pour y arriver. Dans certains cas, ils constatent qu’une phase transitoire (comme occuper un emploi à temps partiel) sera nécessaire avant la retraite complète. Mais au moins, ils ne sont plus dans le noir.

« Disposer d’un plan concret permet aux gens non seulement de mieux répondre à tous leurs besoins, mais également d’être tranquille », conclut Lee Anne Davies.

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