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La synchronisation de marché n’est pas indiquée pour le long terme

5 septembre 2007 | Commenter

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Les investisseurs dont les décisions ne sont pas dictées par la peur ou l’appât du gain ont presque toujours des rendements supérieurs à leurs pairs qui utilisent la synchronisation de marché(market timing). Voilà les conclusions d’une étude effectuée par la firme DALBAR sur le comportement des investisseurs américains, intitulée Quantitative Investment Behaviour Study(QAIB).

Selon Jody Bullen, porte-parole de DALBAR Canada, cet écart s’explique par le fait que les émotions et les autres facteurs humains brouillent souvent le jugement des investisseurs. D’ailleurs, ceux qui changent souvent de placements dans le but d’obtenir de meilleurs rendements à chaque trimestre ont rarement de meilleurs résultats ceux qui adoptent une stratégie d’investissement à long terme(buy and hold

D’après DALBAR, les détenteurs d’un portefeuille de fonds communs ont vu en moyenne leurs avoirs croître de 10 000 $ à seulement 21 422 $ entre 1987 et 2005, alors ceux qui ont adopté une stratégie basée sur le long terme en se fiant à l’indice S&P 500 ont vu leur portefeuille passer de 10 000 $ à 94 555 $ durant la même période. Selon l’étude, les investisseurs ont eu raison 75 % du temps dans le choix de leurs investissements durant une hausse des marchés, alors que plus de 50 % leurs choix durant une baisse des marchés ont été erronés.

Les facteurs comportementaux jouent ainsi un rôle prédominant dans la vente de titres en marché baissier, selon DALBAR. La peur de perdre qui habite les investisseurs les incite à prendre de mauvaises décisions. Ils ont tendance à réagir impulsivement lorsque les médias rapportent de mauvaises nouvelles et suivent le comportement de la masse devant des résultats douteux.

Pour Lisa Kramer, professeure associée en finances à l’École de gestion Rotman de l’Université de Toronto, la psychologie est un élément déterminant dans l’analyse de la performance financière. «Nous savons que les décisions financières sont au moins en partie influencée par la nature humaine», soutient-elle. Selon elle, l’orgueil peut jouer un rôle important dans la sous-performance des investisseurs.

 Elle approuve ainsi l’approche à long terme préconisée par l’étude QAIB, surtout pour les investisseurs individuels. L’étude fait également le point sur l’étalement du coût en dollars réalisé lors de l’achat périodique de titres(dollar-cost averaging). Si l’étalement du coût en dollars grâce à l’achat périodique de titres réduit les gains potentiels par rapport à un paiement unique, il apporte toutefois une protection face au risque. D’après l’étude, cette technique assure en outre de meilleurs rendements sur le long terme que l’investissement d’un montant forfaitaire.

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