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Le plaisir de gagner est plus grand que l’atteinte du gain

15 décembre 2009 | William André Nadeau | Commenter

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Certaines études ont récemment démontré que les pays où le bonheur est plus grand sont ceux qui connaissent une croissance économique plus élevée, écrit William André Nadeau, gestionnaire de portefeuille et fondateur du cabinet Orientation Finance. Les Français se disaient plus heureux durant les années 70, quand la croissance économique dépassait les 5 % l’an, plutôt que durant les année 2000, où la croissance tournait autour de 2 %. Pourtant, ils sont plus riches que durant les années 70. Il y a un lien entre le plaisir et le bonheur. Le plaisir de progresser et de gagner est puissant et même plus puissant que l’atteinte du gain.

Le profit que vous pouvez tirer d’un placement financier est traité par votre cerveau exactement de la même manière que des récompenses plus terre à terre, comme la nourriture, l’alcool, le logement , le sentiment de sécurité, l’amour, la musique, un parfum agréable, un beau visage, ou même des interactions sociales telles qu’apprendre à avoir confiance en quelqu’un ou faire plaisir à votre mère.(1)

Le cerveau est programmé pour nous donner un niveau de vigilance plus élevé quand on anticipe un gain que lorsqu’on l’obtient.  Les neurologues expliquent ce phénomène par le plaisir de l’euphorie qui est plus grand que celui de la satiété.  Quand vous avez faim, votre plaisir de cuisiner est plus grand qu’une fois atteint la satiété d’avoir mangé.

Acheter la rumeur, vendez la nouvelle !  Cette expression est connue depuis fort longtemps. Les entreprises de biotechnologie au Québec, à l’époque où elles obtenaient du financement plus facilement, leurs cours grimpaient la plupart du temps en raison des anticipations de découvertes scientifiques et médicales. Comme il est très rare que les découvertes initiales aboutissent à un médicament final, elles ont obtenu du capital actions grâce à ce mécanisme d’anticipation constant.Vous constatez régulièrement qu’une fois qu’une bonne nouvelle arrive pour une entreprise, le cours se corrige. La satiété offre moins de plaisir aux investisseurs que la spéculation sur un gain potentiel.

Ces exemples vous démontrent que l’émotion joue un rôle majeur dans le processus de décision. Si vous comprenez les cycles émotifs, il sera plus facile pour vous de reconnaître le fonctionnement des marchés financiers. Vous serez moins déçus si un titre chute après une bonne nouvelle. Vous allez comprendre que les titres grimpent souvent avec exagération dans l’attente du plaisir d’une bonne nouvelle. Ce phénomène explique la volatilité des marchés financiers. Soyez aux aguets et lisez entre les lignes.

(1) Gagner à la Bourse grâce à la neuroéconomie ; Jason Zweig p. 60 

Le contenu de cette chronique a été gracieusement fourni par le cabinet Orientation Finance.
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