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Les aînés épargnent trop

24 décembre 2007 | Mark Noble | Commenter

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Plusieurs individus à l’aube de la retraite épargnent beaucoup et ne dépensent que très peu.

Nous épargnons trop. Voilà ce qu’un expert en ressources humaines a affirmé dans le cadre d’un groupe de travail portant sur l’épargne-retraite intitulé Influencing the Need for Retirement Savings, lors de la Conférence annuelle de l’IFIC en octobre dernier.

Ce constat en a d’ailleurs surpris plusieurs. Le panéliste Malcolm Hamilton a néanmoins affirmé que l’industrie des services financiers avait fortement exagéré l’importance des sommes dont les retraités devront disposer pour conserver le niveau de vie auquel ils sont habitués.

« La plupart des gens aspirent à améliorer leur situation, souligne M. Hamilton, partenaire principal et à l’échelle mondiale auprès de la firme Mercer Human Resource Consulting. À ce jour, les couples retraités dépensent en moyenne 35 000 $ par année. Et ce montant couvre les dépenses des deux conjoints. »

Plusieurs personnes croient que les retraités dépensent peu parce qu’ils n’en ont pas les moyens. La réalité est tout autre, affirme M. Hamilton. Les retraités ont des besoins relativement modestes et présentent un taux d’épargne très élevé, car ils ont remboursé la majorité de leurs dettes.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les autres représentants du secteur des fonds communs de placement présents ce jour-là ne partageaient pas l’opinion de M. Hamilton.

Selon Earl Bederman, président de la firme Investor Economics, les baby-boomers ont accumulé des sommes considérables au fil des ans.

« Les baby-boomers détiennent environ 80 % du patrimoine financier à l’échelle du Canada, soit près de 1,9 billion de dollars, soutient M. Bederman. Dans une dizaine d’années, c’est de 87 % du patrimoine total dont ils disposeront, soit près de 5 billions de dollars. »

Pour être en mesure de conserver leurs acquis une fois à la retraite, ceux-ci devront modifier la façon dont ils investissent de même que leurs habitudes d’épargne. Selon M. Bederman, la génération du baby-boom a déjà commencé à créer d’importants remous au sein du domaine du placement. En effet, ils disposent maintenant d’un plus grand nombre de produits offrant une protection contre les risques de pertes et permettant l’accumulation de patrimoine en vue de leur retraite. Ce mouvement a entraîné une croissance des fiducies de revenu et continue de gonfler les ventes des produits conçus pour garantir un retrait minimum.

« Nos recherches indiquent que les gens prévoient dépenser autant à la retraite qu’au cours de leur vie active, indique J. Roy First, premier vice-président de Manuvie et directeur de la filiale canadienne responsable de la gestion de patrimoine. Tout indique que les baby-boomers canadiens ne sont pas encore prêts à prendre leur retraite. »

M. Hamilton, de son côté, prétend que les attentes des baby-boomers sont irréalistes par rapport à leurs réels besoins. Selon lui, les sommes dont ils auront besoin diminueront de façon importante.

« Tout au long de leur vie active, ils ont consacré des sommes considérables au remboursement de leur hypothèque et à l’éducation de leurs enfants, soit en moyenne 30 % de leur revenu brut », affirme M. Hamilton.

Robert Strickland, président de Fidelity Investments Canada soutient toutefois que les recherches qu’il a effectuées démontrent plutôt le contraire. « Nous sommes conscients que ces gens qui s’apprêtent à prendre leur retraite et à vivre de leurs économies auront besoin d’une gamme de produits plus étendue afin de les aider sur les plans de la répartition d’actif et de l’optimisation. »

Même les retraités relativement aisés qui continuent d’épargner massivement une fois qu’ils ont quitté la vie active ne le font pas pour maintenir leur niveau de vie, affirme M. Hamilton. Au contraire, ils disposent d’économies suffisamment importantes pour se permettre de prendre des risques et continuent d’épargner massivement afin de léguer des sommes encore plus importantes à leurs héritiers.

« Nous avons examiné la façon dont les aînés à valeur nette élevée dépensent leurs économies. En somme, ils consacraient 40 % de leurs revenus nets de retraite à l’épargne et en dons de toutes sortes », dit M. Hamilton.

Y a-t-il tout de même place à l’innovation? Évidemment, affirme M. Hamilton, mais on devrait plutôt se tourner du côté de la couverture pour les soins de santé. « La santé représente la principale préoccupation des retraités, suivie de la solitude à la suite du décès d’un conjoint ou d’amis proches, rappelle-t-il. Les aînés qui se plaignent le plus par rapport à la retraite sont ceux dont la santé est chancelante. »

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