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Les dettes d’abord, le REER ensuite

19 février 2010 | Commenter

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Alors que la saison des REER avance à grande vitesse, le comptable agréé ontarien David Trahair lance un pavé dans la mare du conseil financier. Dans des extraits publiés dans le quotidien The Globe and Mail, l’auteur du livre Enough Bull : How to retire Well Without the Stock Market, Mutual Funds, or Even an Investment Advisor affirme que la plupart des contribuables devraient éviter de cotiser à un REER tant qu’ils n’auront pas d’abord éliminé leurs dettes.

Non seulement les « mauvaises » dettes, comme les soldes impayés des cartes de crédit, mais aussi les « bonnes », comme une hypothèque résidentielle.

« Lorsque vos considérez les risques inhérents aux placements boursiers alors que vous êtes endetté, vous tirerez la même conclusion que moi : achetez une maison, payez-la au complet et ensuite commencez à épargner en prévision de votre retraite », souligne-t-il.

David Trahair s’explique : les risques qu’un effondrement boursier anéantisse le capital des épargnants sont trop élevés. Ce danger est encore plus prononcé pour ceux qui ont commencé tardivement à investir, car ils manqueront de temps pour récupérer les pertes résultant d’un krach des cours. « Faites comme si les Bourses n’existaient pas. Placez tout votre argent dans des CPG garantis à 100 % par le gouvernement », lance-t-il.

Il dénonce ce qu’il qualifie d’illusion du REER. Afin de cotiser à un régime d’épargne-retraite, dit-il, les contribuables endettés doivent emprunter de l’argent. Où ? Eh bien, dans leur propre compte bancaire ! S’ils sortent 1 000 $ pour contribuer à leur REER, cet emprunt porte un taux d’intérêt élevé, soit celui qu’ils paient sur la dette qu’ils ne peuvent pas payer parce qu’ils cotisent à leur REER. S’il s’agit d’un solde impayé d’une carte de crédit, la facture est salée. Pis, cette dette continue de croître aussi rapidement que le permettent les intérêts composés.

« Chaque année que vous avez des dettes, de l’argent sonnant sort de votre compte bancaire. Ce n’est probablement pas au taux de 20 %, comme celui qu’on trouve sur certaines cartes de crédit, mais sûrement à un taux supérieur à ce que produit un REER », explique David Trahair.

En deux mots : les personnes qui ont un solde impayé sur leurs cartes de crédit devraient le régler en priorité avant de cotiser à un REER.

David Trahair s’interroge également sur l’affirmation largement répandue selon laquelle les actions canadiennes généreraient, sur une longue période, un taux de rendement annuel moyen de 6 % à 8 %. En décembre 1983, rappelle-t-il, l’indice S&P/TSX se situait à 2 537 points. Il culminait à 15 073 points en juin 2008. Durant ce quart de siècle, le taux de rendement annuel moyen a été de 7,4 %, calcule-t-il. Mais, en décembre 2008, le S&P/TSX avait reculé à 8 987 points. Résultat  de ce court mais brusque fléchissement : on ne parle plus d’un taux de 7,4 %, mais de 5,2 % seulement.

Or, ce taux de 5,2 % est brut. Un épargnant qui participe à la Bourse par le truchement des fonds communs devra payer des frais de gestion et d’administration, perçus à même ce rendement. Comme ces frais s’élèvent à 2 % environ, que reste-t-il en bout de piste à l’épargnant ? Environ 3 %, c’est-à-dire pas beaucoup plus que ce que rapportent, à long terme, les CPG bancaires. Mais le risque en moins.

« Je préfère passer le reste de ma vie à ne pas m’en faire avec la Bourse. J’aime mieux dormir sur mes deux oreilles en sachant que, quoi qu’il arrive, ça ne fera aucune différence ni pour moi ni pour ma famille », conclut l’auteur.

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