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Les dettes d’abord, le REER ensuite : vos réactions

22 février 2010 | Commenter

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Vous avez été nombreux à réagir – en général vivement – à notre article intitulé Les dettes d’abord, le REER ensuite (en hyperlien à la fin de cet article), paru vendredi dernier. Son auteur, le comptable agréé et auteur d’ouvrages de finances personnelles (Enough Bull : How to retire Well Without the Stock Market, Mutual Funds, or Even an Investment Advisor) David Trahair, y affirme que la plupart des contribuables devraient éviter de cotiser à un REER tant qu’ils n’auront pas d’abord éliminé leurs dettes. Non seulement les « mauvaises » dettes, comme les soldes impayés des cartes de crédit, mais aussi les « bonnes », comme une hypothèque résidentielle.

Voici vos réactions :

« Le comptable agréé David Trahair fait complètement fausse route, écrit Guy Ouimet, Pl. Fin., GPC et vice-président à la Financière Banque Nationale. Voici les arguments contre sa perception :»

« Depuis quand un RER est-il investit en titres boursiers seulement ? Il est parfaitement possible d’investir dans des titres de revenus fixes CPG ou obligations gouvernementales. La plus grande dépense des contribuables canadien ce n’est pas l’intérêt sur leur hypothèque, mais bien l’impôt.  Pour un contribuable dont le taux d’impôt marginal est supérieur à 40 %, il peut réduire ses impôts courants de 400 $ par tranche de 1 000 $ déposés dans son RER.  En contrepartie, si je rembourse mon hypothèque de 1 000 $ à un taux de 6 %, je réduis ma dépense d’intérêt de 60 $ seulement », illustre-il.   

« Dans un cas plus tragique de perte d’emploi, le fait d’avoir réduit son hypothèque ne procure aucune liquidité pour subvenir à ses besoins immédiats. Les économies dans le RER peuvent être retirées dans une année où le contribuable perd son emploi et l’impôt exigé sera moindre, voir nul dépendamment du revenu dans l’année », poursuit M. Ouimet.

« Avoir une dette hypothécaire sur un actif qui croît en valeur avec le temps n’est rien de terrible, de la même façon qu’une compagnie finance ses actifs immobilisés par de la dette.   L’épargne, c’est bien entendu pour ceux qui paient en totalité le solde de leur carte de crédit. Il ne faut pas tirer des conclusions générales à l’aide de cas extrêmes d’endettement.  Les RER existent pour ceux qui en ont les moyens. Tant qu’au calcul de rendement du TSX, nul besoin de subir les baisses du marché boursier en totalité.  En procédant au rééquilibrage annuel entre les classes d’actifs, il est facile de sécuriser les hausses du  marché boursier et de profiter des époques de correction pour acheter à prix escompté.  Je ne parle pas ici de tenter de synchroniser les marchés, bien au contraire. La gestion financière, c’est plus que l’application de règles comptables », conclut-il.

« Encore un comptable qui ne se mêle pas de ses affaires »
« Je suis en accord que les dettes à haut taux d’intérêt devraient être payées avant de cotiser dans les REER », écrit un représentant en épargne collective et conseiller en sécurité financière du Lac-Saint-Jean. Mais quand est-t-il de la vraie vie ?, ajoute-t-il. Si les gens attendent de ne plus avoir de dettes pour cotiser, épargner ou préparer leur retraite, il ne se passera rien. On a tous quelque chose à payer : auto, meubles, études des enfants, maison, loyer. Le raisonnement des comptables n’est pas toujours le meilleur, ce sont des conservateurs au plus haut degré. »

« Encore un comptable qui ne se mêle pas de ses affaires, écrit de son côté un lecteur de Conseiller.ca qui souhaite garder l’anonymat. […] Un comptable agréé n’est pas un conseiller financier, et n’est pas non plus un fiscaliste. Bien entendu les mauvaises dettes doivent être réglées d’abord à mon avis, particulièrement les cartes de crédit aux taux exorbitants, mais on ne devrait pas inclure l’hypothèque. Combien de particuliers passeront à côté d’opportunités financières à cause du commentaire de M. Trahair… ? Et comme d’habitude, le lecteur moyen interprètera et généralisera. J’espère que cet article suscitera de vives réactions. »

« Raisonnement de comptable obtus »
« C’est un vrai raisonnement de comptable obtus et, malheureusement, il y en a encore sur le marché, lance de son côté Hélène, une planificatrice financière montréalaise qui détient également une formation en fiscalité. Ne suivez  surtout pas ses conseils sans avoir fait un analyse financière approfondie de votre situation financière et fiscale. Peut-être qu’un bon plan financier à court, moyen et long terme va inclure une cotisation au REER pour diminuer la facture d’impôt et utiliser cette épargne pour réduire les dettes. Dépendant du taux d’impôt du contribuable, le fait d’être dans une tranche d’impôt supérieure peut coûter très cher à un individu ou à sa famille,  entre autres en perte de prestations fiscales-sociales comme la PFCE, ou la PSE au Québec (voir les courbes de Claude Laferrière sur le site du CQFF.com qui sont très révélatrices sur ce sujet). »

« Il est préférable de voir avant où sont les meilleures économies et la meilleure rentabilité après impôt, poursuit Hélène. Il n’est pas obligatoire de placer ses REER  dans des fonds communs de placement comportant des frais et des risques boursiers. Toutes les banques et toutes les compagnies d’assurance offrent des REER CPG, portant intérêt au taux de 3 % à 4 % d’intérêt à long terme (au moins 5 ans) et qui sont pleinement garantis. Même si ce n’est pas un taux élevé, c’est un rendement non  imposable qui a sa valeur. Il en est de même de Placement Québec et des obligations d’épargne du Canada. On peut même "diversifier" ses CPG avec plusieurs institutions financières si on craint "la faillite" de ces institutions. Le retour d’impôt et, potentiellement, le montant plus important de prestation sociale disponible peut faciliter l’équilibre du budget familial et  mieux encore, avec une certaine discipline, permettre de dégager des liquidités pour rembourser les dettes plus rapidement », conclut-elle.

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