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Les fiducies de revenu de qualité : un refuge en temps difficile

28 septembre 2007 | Steven Lamb | Commenter

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Les marchés de capitaux ont connu un été éprouvant. Bien qu’un tel climat d’instabilité demeure acceptable pour les jeunes investisseurs qui misent sur les rendements à long terme, il en va tout autrement pour ceux qui approchent de la retraite – ou qui en bénéficient déjà. Les investisseurs désireux de protéger leurs avoirs ou ceux à l’affût d’un potentiel de croissance auraient peut-être avantage à renouer avec cette mal aimée de l’année dernière : la fiducie de revenu. 

« Les fiducies de revenu ne sont pas toutes d’égale qualité, comme c’est d’ailleurs le cas au sein des marchés boursiers. Mais il n’en demeure pas moins qu’il est possible de mettre sur pied un portefeuille somme toute assez conservateur et composé de titres de très haute qualité pour les investisseurs à la recherche d’une source de revenu », souligne Michelle Robitaille, gestionnaire de portefeuille principale chez Guardian Capital et gestionnaire adjointe du Fonds GGOF revenu mensuel élevé

« Les fiducies de revenu demeurent l’une des meilleures sources de revenus de placement au Canada en termes de rendement et d’un point de vue fiscal. »

Elle rappelle que le nombre d’actions privilégiées en circulation ne cesse de diminuer, sans compter que l’évaluation des quelques rares exemples nuit considérablement à leur rendement. Le rendement des obligations du Canada à 10 ans n’atteint pour sa part que 4,4 %. Quant aux obligations à haut rendement, elles n’offrent que très peu de stabilité.

Les fiducies ont connu elles aussi une année difficile l’an dernier après que Jim Flaherty, ministre des Finances, ait annoncé au 31 octobre sa décision d’imposer les distributions à partir de 2011.

Mme Robitaille affirme que la vente qui s’ensuivit en novembre 2006 était rationnelle : les prix des fiducies s’établissant rapidement à un niveau compatible avec les nouvelles règles d’imposition. Depuis cet ajustement, les fiducies évoluent plus ou moins de pair avec les actions ordinaires.

« Les derniers mois ont été très difficiles », dit-elle. Par rapport à l’année dernière, les fiducies accusent une perte en capital de 4,2 %, mais si on tient compte des distributions, on parle en fait d’un gain de 1 %. »

« Le rendement initial des fiducies est particulièrement élevé. À preuve, celui du S&P Trust Index est en ce moment d’environ 8,5 % », dit-elle. « Un rendement de la sorte permet d’amortir l’impact de pertes éventuelles dans un contexte où les prix unitaires subissent une pression énorme. »

Malgré cela, il semble que les investisseurs n’aient toujours pas recommencé à faire confiance aux fiducies de revenu, affirme Mme Robitaille. À en juger par les transactions impliquant des fonds communs, qui représentent une part appréciable des opérations sur fiducies en général, on remarque une diminution continuelle des ventes de fonds de fiducies depuis l’annonce faite en novembre 2006. Or, il semblerait que l’instabilité des derniers mois ait accentué cette tendance. 

« Les ventes nettes de fonds de revenu et de fonds de dividendes ont chuté de façon marquée au cours des derniers mois », dit-elle. Elles sont maintenant près du point mort et ne se maintiennent que grâce aux investisseurs en quête de titres conservateurs, voire protectionnistes. Dans un contexte d’instabilité comme celui que nous traversons en ce moment, il est fort probable que cette tendance se maintienne. »

Ceci étant dit, le resserrement du crédit en cours aux États-Unis a également porté un dur coup au marché des fiducies en raison de la disparition des solutions de financement à bon prix pour les projets d’acquisition. Mme Robitaille s’attend d’ailleurs à ce que le nombre d’ententes diminue et que l’écart qui les sépare s’accentue.

« Les fiducies de revenu d’entreprise et les fiducies de placement immobilier doivent maintenant composer avec une prime de prise de contrôle substantielle, et ça se voit dans les prix unitaires », dit-elle.

Le spectre de l’imposition continuera de planer sur les fiducies jusqu’en 2011. Cependant, comme le souligne Mme Robitaille, il reste encore trois ans pour profiter des distributions à haut rendement et fort attrayantes d’un point de vue fiscal. Et même lorsque le nouveau régime d’imposition entrera en vigueur, plusieurs des compagnies demeureront non seulement acceptables, mais également intéressantes.

« Les règles de mise en place ne sont toujours pas établies pour la plupart des fiducies, tout particulièrement les fiducies de haute qualité. Il faut s’attarder d’abord et avant tout au secteur d’activité sous-jacent », rappelle-t-elle. « Qu’elles soient gérées en vertu d’un cadre fiduciaire ou corporatif ne fait que peu de différence puisqu’en 2011, selon nous, la plupart d’entre elles adopteront à nouveau un cadre corporatif. »

Une fois cette transition complétée, elle s’attend à ce la plupart de ces entreprises continuent d’offrir des actions bénéficiaires à haut rendement. La législation fiscale favorisant les revenus de dividendes, elles continueront de représenter une excellente option à ce chapitre.

Actuellement, le Fonds GGOF revenu mensuel élevé se compose exclusivement de fiducies de revenu, une répartition d’actif qui ne devrait pas changer au cours des deux prochaines années. Toutefois, comme les gestionnaires de ce fonds disposent déjà d’une grande marge de manœuvre au niveau du choix des titres qu’ils sélectionnent, aucune modification ne sera requise le moment venu.

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