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Placements : achetez la banque la moins performante

2 décembre 2010 | Commenter

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toronto_banque_bancaire_institution_ville-425Vos clients sont attirés par les actions des grandes banques canadiennes ? Ils hésitent avant de faire leur choix ? Ils pourraient adopter la stratégie contrarian que préconise Peter Rozenberg, analyste à la firme UBS : acheter les actions de la banque qui a le moins bien performé au cours de l’année précédente.

Selon cet expert, les titres choisis de cette façon ont aisément surclassé l’indice des grandes banques canadiennes sept fois sur dix lors de la dernière décennie. La technique est simple : à la fin de chaque année, les investisseurs se procurent les actions d’une seule grande banque, celle dont la valeur des titres a le plus reculé au cours des 12 mois précédents. Ils gardent ces actions pendant un an afin de profiter de leur remontée boursière, puis ils les liquident avant de les remplacer par celles du cancre de l’année.

Peter Rozenberg calcule qu’un portefeuille construit et géré selon cette stratégie aurait inscrit des gains de 18,9 % en moyenne par année au cours de la dernière décennie. Collectivement, les grandes banques ont rapporté beaucoup moins, soit + 10,3 %. En dollars, un portefeuille « cancre » de 10 000 $ vaudrait aujourd’hui 56 500 $, contre 26 700 $ pour celui qui contiendrait toutes les grandes banques canadiennes (les frais de transactions ne sont pas compris; les dividendes et les gains en capital ont été réinvestis). La différence est donc significative.

Le tableau ci-dessous indique, pour les années 2001 à 2010, quelles ont été les banques les moins performantes de l’année précédente et comment elles s’en sont tirées l’année d’ensuite.

Année Perdante de l’année précédente Gain de l’année suivante (%)
2001 Banque Toronto-Dominion – 2,8
2002 Banque de Montréal 20,0
2003 Banque CIBC 51,8
2004 Banque Royale 7,4
2005 Banque Royale 45,9
2006 Banque CIBC 32,9
2007 Banque de Montréal – 15,0
2008 Banque CIBC – 23,2
2009 Banque de Montréal 90,9
2010* Banque CIBC 23,3

* En date du 31 octobre 2010.

Peter Rozenberg l’attention sur les années 2009 et 2010. Dans le premier cas, les actions de la Banque de Montréal ont connu une année faste en 2009, affichant un ronflant + 90,9 %, alors qu’elles avaient traîné la patte en 2008. Quant au titre de la Banque CIBC, il progressait de 23,3 % sur une base annualisée au 31 octobre 2010, après avoir éprouvé passablement de difficultés durant les 12 mois précédents. À titre indicatif, l’indice des grandes banques canadiennes enregistrait + 12,8 % pour la même période.

Jusqu’ici en 2010, c’est la Banque Royale qui fait office de canard boiteux. En effet, son action affiche un recul 2 %. Peter Rozenberg croit que le titre du numéro un bancaire au pays reprendra du poil de la bête en 2001 et coiffera ses concurrents au finish. Selon lui, la Royale verra sa croissance interne se consolider au cours des prochains trimestres. Ses revenus de transactions reviendront à des niveaux normaux et ses investissements en capital produiront les résultats escomptés.

Peter Rozenberg ne s’étonne pas que sa théorie fonctionne. C’est que les investisseurs ont tendance à punir sévèrement, trop peut-être, les banques qui divulguent des résultats décevants ou non conformes aux prévisions des analystes. Habituellement, les dirigeants sont très sensibles à ces mouvements d’humeur des actionnaires. Ils s’empressent d’identifier les problèmes, souvent temporaires, qui affectent leur entreprise et ils les corrigent rapidement. Les investisseurs reprennent alors confiance dans le titre, et en font remonter le cours, au bonheur des investisseurs qui auront eu le flair de faire le plein durant la période noire.

L’analyste à la firme UBS prévient que sa stratégie du «cancre» n’est pas universelle. Par exemple, elle est contre-indiquée pour les actions des banques américaines, qui oeuvrent dans un cadre réglementaire moins strict qu’au Canada. « Aux États-Unis, quand l’action d’une banque chute, c’est qu’elle connaît des ennuis sérieux, contrairement à ce qui se passe ici », note-t-il.


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