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Pour une formation concertée des planificateurs financiers

28 août 2009 | Commenter

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L’avantage que l’on aurait d’avoir un ordre professionnel serait sûrement de diminuer la confusion actuelle pour le public dans les titres, écrit Jean-Guy Grenier, BAA, CMC, AdmA., Pl. fin., et aussi cofondateur et ancien président de l’Institut québécois de planification financière (IQPF).

Il  y aurait cependant beaucoup plus à faire sur le plan « expertise » et cela ne concerne pas toujours aussi directement le public. En effet, au lieu de fractionner divers champs de compétences supervisés par divers organismes par le biais de leur formation continue, il serait possible de retrouver, au même endroit, une approche plus concertée.

Cette concertation aurait le mérite de se présenter par segments de marché, auxquels seraient assimilables des niveaux par acquisition progressive de connaissances spécialisées. Ainsi, les praticiens auraient le loisir de faire évoluer leur expertise par segments de clients ou de l’approfondir au sein d’un segment  particulier.

L’exercice de la planification financière se retrouve maintenant dans trois environnements distincts :

a) le milieu institutionnel, caractérisé par des praticiens rémunérés à salaire et primes (bonus) ;

b)  le milieu professionnel caractérisé par des pratiques professionnelles encadrées par des ordres  permettant une rémunération sous forme de salaire et d’honoraires ;

c) les travailleurs autonomes, qui se caractérisent par des pratiques définies en fonction des permis les autorisant et sous un encadrement d’organismes, dont les autorités se chevauchent et dont la rémunération est la plus variable dans sa forme (ce qui inclut les commissions).

Une concertation accrue de la connaissance pertinente à ce métier émergent (surtout depuis 1989, avec la venue de l’IQPF) offrirait plus aux praticiens intéressés à gravir avec l’expérience pratique, des connaissances plus spécialisées pour suivre et conseiller des clientèles de plus en plus complexes, et aussi de plus en plus aguerries.

Déjà ces deux avantages, à savoir réduire la confusion des titres et mieux concerter les sources de formation, présentent des valeurs ajoutées pour le public.

Savoir qui fait quoi, quels problèmes peuvent être résolus, seraient déjà une valeur ajoutée immense pour un public de plus en plus confronté à une absence de « culture financière » au Québec.

Et l’on sait que cette situation ne s’améliorera pas dans la prochaine décennie lorsque l’on constate que nos programmes scolaires au secondaire ont éliminé le seul cours d’initiation à l’économie qui existait…

L’IQPF comme coordonnateur ?
Le problème actuel pour justifier l’existence d’un tel nouvel ordre professionnel est la difficulté de ses précurseurs à bien cerner la différence entre les besoins de compétences de ses membres actifs et ceux des clientèles qui composent l’industrie des produits et services financiers au
détail qu’ils desservent.

Il y aurait un compromis souhaitable pour l’industrie, soit une mission accrue pour la formation que coordonnerait un seul organisme, comme l’IQPF, et l’encadrement aux autres qui ont les ressources pour le faire. L’AMF serait mieux outillée et plus efficace pour superviser les diverses pratiques reliées aux diverses disciplines, car elle serait plus en mesure de déléguer à des organismes ayant meilleure expertise pour encadrer les pratiques. Elle pourrait se réserver l’aspect pénal et mieux collaborer à la détection plutôt  qu’à la punition. Car, de toute évidence, même en punissant les fautifs, c’est souvent un résultat sans dédommagement suffisant pour les
victimes.

L’ensemble de l’industrie y verrait ainsi une réduction de leur bureaucratie, une plus grande efficacité et une réduction des coûts pour les « intermédiaires de marché ».

Je crois humblement, pour avoir relativement suivi son évolution, que l’IQPF serait conforme à sa mission et protègerait mieux le public en se dédiant davantage à une formation encore unique (et non ésotérique comme certains semblent le croire parfois) et avec un encadrement de pratique mieux adapté à chacun des milieux dans lesquels évoluent ses praticiens.

Jadis, pour favoriser la compréhension parfois complexe du milieu de la planification financière, on le comparait à celui de l’exercice de la médecine.

Le Collège des médecins supervise la formation, l’intégration professionnelle et la pratique de ses membres. Et pourtant, ses membres pratiquent tant une médecine en milieu  urbain qu’en régions éloignées ou dans des pays en voie de développement.

Autant de milieux différents qui exigent toutefois des utilisations différentes de leurs connaissances, avec des outils différents, avec le recours à des fournisseurs de médicaments, avec ses conflits d’intérêt potentiels, comme dans notre industrie de produits financiers.

La pratique professionnelle de la médecine est ainsi nuancée. Et pourtant, la
science demeure malgré tout et continue d’évoluer. La pratique de la planification financière aussi…

Le Collège des médecins protège ses membres, mais la clientèle de ses membres (les patients) aussi. L’IQPF aussi pourrait le faire davantage.

Enfin, à mon humble, avis je pense qu’Il faudrait se concentrer  sur le processus d’acquisition des compétences plutôt que sur le résultat et ce, sans faire d’excès par préoccupation économique.

C’est Aristote qui disait que « les excès nuisent au genre humain » !

Espérant une contribution à un ralliement d’opinions.

Jean-Guy Grenier
BAA, CMC, adm. a., pl. fin.

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