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Économie

Retraite : incontournables actions

23 février 2010 | Commenter

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La question entourant le financement de la retraite semble sur toutes les lèvres ces temps-ci. Comment les Canadiens qui n’ont pas de régime de retraite ou qui sont fortement endettés pourront-ils s’en tirer ? Morningstar Canada a demandé à leur avis à trois experts : l’actuaire Malcolm Hamilton, de la firme Mercer, le gestionnaire Fred Pinto, d’Investissements Russell Canada et James O’Shaughnessy, gestionnaire à O’Shaughnessy Asset Management.

Sans surprise, les deux gestionnaires ont indiqué que la présence d’actions dans un portefeuille d’épargne-retraite était incontournable. « Le danger, surtout pour les gens qui ont un horizon temporel de 25 à 30 ans, est que leurs portefeuilles ne puissent pas tenir le rythme de l’inflation », explique Fred Pinto.

Pour contourner cet écueil, les Canadiens n’ont guère le choix que de se tourner vers les actions. En effet, les rendements provenant de véhicules d’épargne traditionnels comme les CPG sont de 1 % ou 2 % et les obligations ne valent guère mieux. Certes, les actions exposent leurs détenteurs à des risques financiers, mais il faut oublier la douloureuse expérience de 2008 et de se tourner vers l’avenir.

« Le plus gros risque est le risque d’épuiser tout son argent, dit Fred Pinto. Il faut aussi être conscient de l’inflation, et s’assurer que l’on a un portefeuille qui puisse combattre le risque inflationniste. » Il ajoute que l’inflation peut être un facteur important sur une période de 20 à 30 ans, et qu’elle a un effet corrosif sur les économies.

Les personnes qui s’approchent de la retraite devraient détenir un portefeuille composé de 35 % d’actions et de 65 % d’obligations. Les obligations vont fournir un revenu stable et la préservation du capital requise lors de la retraite, alors que les actions fourniront un potentiel de croissance qui contrebalancera les faibles revenus obligataires. « Non seulement les actions vont-elles contrebalancer les risques d’inflation, elles interviendront en compensation du risque lié à la longévité », estime Fred Pinto.

Pour sa part, Malcolm Hamilton exprime des réserves sur la place des actions dans un portefeuille. « Beaucoup de gens ont eu très peur après 2008. Aujourd’hui, il faut soit surmonter ses craintes, soit se résigner à des rendements faibles », fait-il remarquer. Ceux qui acceptent la deuxième solution devront vraisemblablement se résigner à travailler plus longtemps ou à économiser davantage pour financer leur retraite.

Le placement dans les actions présente un potentiel de croissance, dit Malcolm Hamilton, mais il peut souvent être décevant. Ainsi, l’indice S&P/TSX a connu un rendement annualisé de 5,6 % sur les 10 ans qui se sont terminés le 31 décembre 2009. C’est considérablement plus bas que la décennie précédente, où le rendement moyen de l’indice a été de 10,6 %. Aux États-Unis, l’expérience a été bien pire : le S&P 500, mesuré en dollars canadiens, a subi une perte annualisée de 4 %, contre un gain annualisé de 20,7 % pour la décennie d’avant.

« Le fait que les actions canadiennes se soient mieux comportées que celles des États-Unis ces dix dernières années ne vous dit rien de la manière dont vos actions vont se comporter les dix suivantes », souligne Malcolm Hamilton.

Au contraire, James O’Shaughnessy croit qu’il est possible de tirer profit des probabilités boursières. Son équipe et lui ont examiné toutes les pires périodes de 10 ans pour le marché américain à partir de 1871. Ensuite, ils ont vérifié le comportement des marchés après ces passages à vide. Résultat : dans pratiquement dans tous les cas, les périodes de 1 an et celles de 3, 5 et 10 ans qui ont suivi les mauvaises passes se sont caractérisées par un marché beaucoup plus élevé qu’au plus bas du marasme de 10 ans.

« Le retour à la moyenne dans les marchés boursiers est un phénomène robuste et persistant, que l’on peut documenter sur 130 ans », note James O’Shaughnessy. Ce gestionnaire a découvert que les seuls chiffres négatifs sur 1 an à la sortie d’une chute boursière ont été enregistrés en 1919-1920. « Pour toutes les autres périodes (3, 5 et 10 ans), il n’y a pas un seul chiffre négatif », lance-t-il.

En novembre 2008, lorsque le tableau était terrifiant, son équipe et lui ont conclu que les rendements seraient positifs sur la période allant jusqu’à novembre 2009. «Nous avons été confrontés à une incrédulité, mais l’avenir nous a donné raison avec une hausse de 23,1 % du S&P 500 », dit-il.

Le secret pour tirer le meilleur parti du marché des actions est d’avoir un plan élaboré avec l’aide d’un conseiller. « Laissez le plan opérer, et rééquilibrez votre placement une fois par an. Dans dix ans, votre portefeuille sera bien meilleur que si vous vous laissez influencer par vos émotions », dit James O’Shaughnessy.

Le rôle central que doivent jouer les conseiller ne fait pas de doute non plus dans l’esprit de Fred Pinto. Selon lui, la planification de la retraite devrait tenir compte de trois domaines : les besoins essentiels, le style de vie et la planification de la succession. La répartition d’actifs qu’il recommande pour le premier domaine est 65 % d’actions et 35 % d’obligations. La deuxième catégorie étant discrétionnaire, on peut prendre plus de risques avec une répartition d’actifs de 60 % – 40 %. La troisième catégorie étant plus souple, la répartition d’actifs peut être adaptée en fonction du profil d’investisseur des bénéficiaires.

Or, les épargnants non rompus aux mécanismes de la planification de la retraite n’arriveront jamais à ce degré de sophistication. Sauront-ils que la clé, c’est de s’assurer que les besoins essentiels sont couverts ? Sûrement pas. Voilà pourquoi ils doivent travailler avec un conseiller qui puisse traiter leurs besoins spécifiques. « Nos recherches montrent qu’à mesure que vous faites votre planification pour répondre à ces besoins, votre niveau d’angoisse diminue considérablement », conclut Fred Pinto.

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