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Une croissance alimentée par les dividendes et les secteurs défensifs

18 février 2010 | Mark Noble | Commenter

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Fonds Dynamique

L’an dernier à la même époque, en plein marasme financier mondial, la plupart des stratèges en placement débordaient d’optimisme. Il y avait de quoi : les marchés avaient sombré trop bas, trop vite.

Nous n’en sommes plus au point où les stratèges trompettent de se mettre à l’abri mais, après le regain spectaculaire des marchés boursiers, les investisseurs ne sauraient être trop prudents.

Selon Bob Gorman, stratège de portefeuille et vice-président à TD Waterhouse, la reprise observée jusqu’à présent tient au fait que les prévisions de bénéfices et les conditions du marché se révèlent meilleures que ne le présageaient les scénarios quasi apocalyptiques avancés en 2008 et 2009.

Cependant, la façon dont les cours évolueront désormais sera réellement tributaire de la vigueur de la reprise économique mondiale. Il semble peu probable que les titres, et les actions en particulier, continuent sur la même lancée, affirme-t-il. « C’est surtout parce que la réalité s’est révélée supérieure aux piètres projections concernant les bénéfices des sociétés et l’économie en général que les marchés boursiers ont bondi de la sorte, dit-il. Il sera toutefois difficile de maintenir la cadence au fur et à mesure que les attentes augmenteront. »

Dans un récente revue des marchés, TD Waterhouse indiquait que les titres du S&P 500 se négociaient à près de 15 fois leur bénéfice, ce qui correspond à la moyenne historique à long terme de l’indice. Sur la foi de cette information quantitative, M. Gorman considère que les actions sont plus intéressantes que les titres à revenu fixe.

Le meilleur potentiel d’appréciation des bénéfices se retrouve parmi les produits de première nécessité et les secteurs à la tenue défensive, dont la technologie et les soins de santé. « Nous n’en sommes qu’aux premiers stades du changement de la garde parmi les leaders du marché. Ainsi, à la fin de l’année les matériaux de base avaient gagné 47 %, l’énergie affichait une hausse de 29,8 %, mais les produits de première nécessité n’avaient pratiquement pas progressé, explique-t-il. Je pense que nous allons assister à une importante rotation entre ces secteurs tandis que l’économie retrouvera sa stabilité. »

Les sociétés de moindre envergure, plus sensibles à la conjoncture économique, pourraient également se retrouver sur le devant de la scène, tout comme les titres de services financiers, durement éprouvés par la crise.

L’attrait des technologies
Noah Blackstein, vice-président pour Fonds Dynamique et gestionnaire des portefeuilles du Fonds Croissance américaine Power Dynamique et de Catégorie Croissance mondiale Power Dynamique est d’avis que les technologiques présentent un potentiel remarquable. Selon lui, le secteur de la technologie, partiellement alimenté par l’essor des nouvelles économies dont l’Inde et la Chine, connaît une phase haussière de longue durée.

À preuve, M. Blackstein signale la tendance mondiale à regrouper les centres informatiques ou le fait que les réseaux 3G chinois compteront 80 millions d’abonnés supplémentaires d’ici quelques années. « Les sociétés de technologie ont géré leurs finances comme si la récession avait duré de 2002 à 2009. Ces sociétés baignent dans les liquidités. Elles disposent d’une solide trésorerie nette et n’ont pas de dettes. Quand la crise financière a éclaté, les technos ont bien tenu la route car ce sont des entreprises très prudemment gérées, ajoute M. Blackstein. Ce ne sont pas les excès qui distinguent les technologiques depuis dix ans. Les sociétés à grande capitalisation ont engrangé de vastes liquidités qui seront affectées à l’acquisition de petites sociétés en expansion. Le bal des fusions et des acquisitions battra son plein dans le secteur technologique au cours de l’année à venir. »

Les marchés émergents
Brent Smith, directeur des placements du programme de solutions gérées de Franklin Templeton, a progressivement diminué ses positions boursières pour en arriver quasiment à une répartition de l’actif conventionnelle entre actions et titres à revenu fixe (62/38) dans les portefeuilles du Programme Quotentiel dont son équipe a la responsabilité.

Il affirme que la croissance boursière découle d’une flambée des titres de produits de base et des nouveaux marchés, et il émet des réserves sur la croissance qu’ils pourront procurer à moyen terme. « Nous avons réduit notre participation dans les marchés émergents. En 2009, nous l’avions presque quadruplée en ce qui a trait au pourcentage de notre répartition mondiale de l’actif. Je trouve que les évaluations des titres des marchés émergents ne sont plus aussi irrésistibles qu’auparavant. Quand les banques centrales commenceront à resserrer leur politique monétaire, le mouvement partira des pays en développement, et les évaluations s’en ressentiront », précise-t-il.

Selon M. Smith, la majorité de la capitalisation boursière mondiale est encore aux prises avec un marché baissier. « Je considère que 75 % de la capitalisation boursière mondiale est affectée par une conjoncture baissière à long terme; l’Europe de l’Est, les États-Unis et le Japon ne sont pas sortis de l’auberge. »

M. Smith ajoute que les résultats de l’an dernier confirment la pertinence d’une répartition dynamique de l’actif dans un contexte de volatilité grandissante des marchés. « Si vous choisissez d’accorder une pondération constante de 30 % aux titres américains dans un contexte baissier à long terme, les rendements oscilleront entre des hausses de 20 %, 30 % et 40 % et des pertes de 40 % ou 50 %, selon les périodes », indique-t-il.

Virage vers la prudence
Le fait est, selon Martin Hubbes, vice-président directeur et chef des investissements auprès de Placements AGF, qu’un grand nombre des épargnants, soit la génération du baby-boom, approche du seuil de la retraite. Ne serait-ce que pour cette raison, il s’attend à un virage vers des catégories d’actif plus prudentes. Afin de réduire le risque, il importe plus que jamais que les investisseurs canadiens veillent à une bonne diversification de leurs portefeuilles, insiste-t-il. « Nous sommes en présence d’une intense volatilité et les baby-boomers avancent en âge; il n’est pas question de long terme dans leur cas. Une répartition de l’actif moins audacieuse et une sélection de titres dictée par la prudence pour une grande part de leur portefeuille ne sont pas contraires à leurs intérêts », observe-t-il.

M. Hubbes constate avec inquiétude que trop d’investisseurs canadiens se détournent des placements étrangers et se concentrent sur le Canada, supposant qu’ils participeront à la croissance des pays étrangers par l’intermédiaire du secteur des produits de base canadien. Il demeure nécessaire de respecter les principes élémentaires de la diversification pour contrer le risque, rappelle-t-il. Tout portefeuille devrait comprendre une part de titres provenant de l’étranger et des marchés émergents.

Le risque des titres à revenu fixe
Le faible rendement des placements à revenu fixe est de plus en plus préoccupant. M. Blackstein affirme avec véhémence qu’en croyant faire un choix prudent les investisseurs qui privilégient les titres à revenu fixe s’exposent en fait à un risque supérieur. À son avis, les taux sont artificiellement bas. « Trop d’investisseurs pensent que le segment le moins menacé par le risque et la volatilité est celui des échéances à court terme, alors que je considère que ces titres sont précisément ceux qui comportent les risques les plus importants actuellement, lance-t-il. On accumule des sommes considérables en titres de créance, on imprime des quantités impressionnantes de papiers, les rendements sont artificiellement maintenus à un niveau peu élevé; quand j’examine les dettes souveraines du monde entier, que ce soit au Royaume-Uni, aux États-Unis ou même au Canada, je n’y vois que du risque sans aucun bénéfice. »

M. Blackstein ajoute qu’il n’y a pas meilleur moyen de perdre son argent que de le prêter à ces gouvernements pendant 20 ans, à 4 % d’intérêt, avec en plus les ravages de l’inflation.

Toujours selon lui, le rapport entre risque et rendement d’actions sélectionnées après une recherche approfondie en fait un placement nettement plus prometteur pour l’investisseur à long terme, quoi qu’en dise la cohorte grandissante d’observateurs qui annoncent l’érosion des rendements boursiers au cours des prochaines années. « Il y a douze ans, tout le monde pronostiquait des rendements boursiers de 8 % à 10 %, après les récoltes de 20 % réalisées pendant la décennie antérieure. Au pire, on s’attendait à 8 % tandis que la norme était de 10 % à 12 % à l’époque, affirme-t-il. Aujourd’hui, le marché boursier sort de la pire décade de son histoire. Sur 10 ans, les rendements sont négatifs, du jamais vu. Si les actions affichent encore des résultats inférieurs durant les cinq prochaines années, les rendements à 10 ou 15 ans atteindront des creux sans précédent depuis l’origine du marché boursier. La plupart des prévisionnistes font des extrapolations à partir des tendances actuelles; pour ma part, je crois que si l’économie reprend le dessus et récupère peu à peu son assise, étant donné les mesures incitatives considérables, on peut envisager des rendements plus élevés que ceux des 10 dernières années. »

L’importance des dividendes
La répercussion des dividendes sur le rendement total d’un portefeuille pourrait s’accentuer, estime M. Gorman. « Tandis que la reprise boursières se raffermit, l’attention des investisseurs se tourne de plus en plus sur les secteurs et les entreprises qui démontrent davantage de constance en terme de chiffre d’affaires, de bénéfices et de croissance des dividendes. Nous sommes au début de ce mouvement qui s’inscrit dans la rotation des secteurs dominants du marché, déclare M. Gorman. Par ricochet, les investisseurs accorderont une importance grandissante aux dividendes en tant qu’élément du rendement total. À l’heure actuelle, les dividendes sont anormalement élevés dans plusieurs secteurs en comparaison aux rendements obligataires, même sans tenir compte du crédit d’impôt pour dividendes; autrement dit, chaque dollar gagné sous forme de dividendes canadiens a la même incidence qu’un revenu en intérêt de 1,30 $. »

Autant M. Hubbes que M. Gorman insiste sur le fait que ce ne sont pas des dividendes élevés que les investisseurs doivent rechercher. Ils affirment tous deux que la croissance des dividendes est un facteur beaucoup plus révélateur de la croissance des bénéfices à long terme d’une société. « Dans une stratégie à long terme, l’idéal est de trouver des sociétés qui affichent une croissance des dividendes régulière, explique M. Hubbes. Par rapport au prix de l’action d’une société donnée, il est possible que le rendement ne soit pas particulièrement élevé; mais c’est une toute autre chose quand vous comparez le rendement à la valeur comptable initiale du titre. C’est ce qui importe dans le cas d’un placement à long terme. Le revenu sera appréciable et il confèrera une certaine protection contre les pressions inflationnistes. »


Mark Noble est rédacteur financier à Toronto.


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