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1er Colloque du CFIQ : une journée enrichissante

18 mai 2012 | Anaïs Chabot | Commenter

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Enjeux actuels de la distribution
Patrick Déry,  surintendant de l’assistance clientèle, de l’indemnisation et de la distribution, Autorité des marchés financiers,  est venu discuter des enjeux important pour les prochaines années pour l’Autorité des marchés financiers (AMF), dans le cadre du 1er Colloque du conseil en fonds d’investissement, qui se tenait hier à Montréal. C’est Nancy Paquet, Présidente chez Courtage Direct Banque Nationale, qui animait la discussion.

M. Déry a d’abord fait un résumé du plan stratégique 2012-2017 de l’AMF. Cela a pris six mois à l’AMF pour élaborer ce plan, dans un contexte de volatilité des marchés, d’internationalisation des enjeux, de complexité des produits et où les attentes de la population vis-à-vis de l’AMF sont très élevées.

M. Déry a expliqué que quatre enjeux avaient été retenus. D’abord, les consommateurs devront être plus vigilants à l’égard de leurs finances personnelles. Un indice Autorité sera créé afin d’aider à cibler les actions dans le domaine de l’éducation. L’AMF veut sensibiliser les Québécois, qu’ils adoptent un bon comportement financier, en partenariat avec les gens de l’industrie.

Deuxièmement, l’encadrement sera renforcé. L’AMF veut renforcer ses vigies, tout en suivant ce qui se fait à l’international. L’AMF souhaite également continuer à sévir contre ceux qui ne respectent pas les lois. M. Déry affirme que l’AMF veut sortir les gens comme Earl Jones du marché, en faisant plus de répression.

En troisième lieu, l’AMF souhaite devenir une organisation importante. Elle amorcera donc des dialogues avec les gens de l’industrie. L’Autorité veut également trouver un juste milieu entre la protection du public et ce dialogue avec l’industrie. Leur plan triennal sera donc partagé avec les gens du milieu des services financiers. L’AMF continuera aussi de participer aux forums mondiaux afin de faire valoir les préoccupations du Québec.

Finalement, l’AMF souhaite devenir une organisation performante, de relever tous leurs défis, tout en ayant peu de moyens. Cela demander un réel changement de culture au sein de l’organisation. Par exemple, l’AMF informatisera leur système, afin de mieux desservir leur clientèle.

En bref, l’AMF souhaite être, d’ici  2017, une référence pour les consommateurs, adopter une approche intégrée et être une organisation performante et influente.

Patrick Déry a également parlé des consultations portant sur le Fonds d’investissement des services financiers (FISF), en précisant que l’analyse était toujours en cours et que l’Autorité préparerait un rapport pour le gouvernement qu’elle déposera à l’automne.

Les enjeux abordés lors de ces consultations les plus importants selon Patrick Déry touchent plusieurs sujets. D’abord, quelle est la place de l’indemnisation? Les gens ont suggéré d’agir en amont, d’imposer des sanctions plus sévères et de faire des enquêtes plus approfondies.

Quant au sujet du rôle des consommateurs, la question est de savoir si les gens sont vigilants ou s’ils se fient au fait que le FISF est là pour les indemniser en cas de problème. Certaines personnes suggèrent d’imposer certains critères, en plus de ceux déjà existants, auxquels devront répondre les investisseurs avant d’être indemnisés, question de responsabiliser les gens.

L’autre enjeu important selon  Patrick Déry est de déterminer l’objectif du fonds. Faut-il compenser au complet tous les investisseurs ou conserver le barème actuel? Faut-il augmenter le barème actuel? Selon Patrick Déry, les gens souhaitent en majorité que le plafond actuel augmente.

Un autre point de questionnement est si c’est vraiment à l’Autorité de prendre en charge les poursuites contres les conseillers fautifs. Ailleurs dans le monde, notamment en Europe, c’est à l’investisseur floué de poursuivre personnellement le conseiller, et si ce dernier fait faillite et ne peut rembourser frais et amendes, c’est l’autorité de réglementation qui prend en charge l’indemnisation.

Finalement, le dernier point important est la couverture du fonds. Qu’est-ce que le fonds couvre? : le représentant, la fraude, le montant, le geste. C’est l’enjeu à la base de la consultation selon lui et celui le plus critiqué et le plus important, au même titre que le financement du fonds.

Harmonisation des règles de l’AMF et du MFDA : c’est pour bientôt?
Les règles de l’AMF et du MFDA quant au courtage d’épargne collective seront-elles harmonisées? Selon Patrick Déry, c’est loin d’être fait. Cependant, il reconnaît que pour les 22 firmes de courtage québécoises qui ne sont pas encore assujetties aux règles du MFDA, le questionnement peut être grand. Le but, selon Patrick Déry était d’adopter les règles du MFDA, mais ce serait l’AMF qui les aurait mis en œuvre. Mais l’AMF ne souhaite surtout par alourdir le fardeau de ces firmes. C’est pourquoi elle rencontrera ces 22 firmes et fera des recommandations au sous-ministre des Finances.

Fusion IIROC-MFDA
Pour Patrick Déry, tant que les membres ne prendront pas de décision, l’AMF ne se prononce pas. Si un jour une décision  se prend, l’AMF analysera les effets pour le Québec quant à la protection du public, de la Chambre de la sécurité finacière, etc.).

Honoraires et commissions…
L’AMF ne souhaite pas encadrer ou réglementer les frais, mais favoriser la transparence et la divulgation. C’est pourquoi l’AMF prépare un document de consultation pour publier les différents frais, pour des questions d’intérêt public. Cependant, Patrick Déry dit que l’Autorité souhaite faire les choses correctement. « S’il n’y a pas d’enjeu au niveau de la protection du public, je ne vois pas pourquoi l’AMF interviendrait. » Selon Patrick Déry, cela prendrait une réglementation pancanadienne.

Les perspectives économiques pour 2012
Ce sont Michel Pelletier, Premier Vice-Président, Revenu Fixe, Standard Life, et Stéfane Marion, Économiste et stratège en chef, Banque Nationale, qui ont cassé la glace de cette 1ere conférence.Ils ont tous deux parlé des perspectives économiques pour l’année 2012.

Pour Michel Pelletier, il est clair que l’économie américaine n’est plus en récession depuis au moins trois ans. La reprise a bel et bien eu lieu, même si ce n’est pas la croissance la plus forte qu’on ait pu observée pour les États-Unis. Selon lui, la croissance sera lente au Canada au cours des prochaines années, surtout par rapport aux États-Unis, en raison notamment de la force du dollar canadien, qui freinera les exportations.

Lors du colloque d’hier, il a fait quelques suggestions d’investissement, dans un contexte où la croissance est lente. Tout d’abord, les entreprises nord-américaines vont bien, surtout aux États-Unis où elles ont beaucoup de liquidités. Pour ceux qui veulent acheter de l’immobilier aux États-Unis, c’est le bon moment, selon Michel Pelletier, puisque ça fait longtemps que les maisons n’y ont pas été si abordables. Même s’il y a encore beaucoup d’obstacles sur la route (la crise en Europe, les politiques d’austérité, etc.), la situation économique actuelle n’est pas la fin du monde. M. Pelletier suggère donc d’investir plutôt aux États-Unis, et à moindre échelle au Canada. Il conseille également d’éviter l’Europe, de favoriser les actions plutôt que les obligations et les sociétés offrant des dividendes plutôt que celle qui n’en offrent pas. Il faut favoriser la qualité et le revenu, a-t-il ajouté.

Pour Stéfane Marion, l’économie mondiale est en expansion, et la croissance est positive. Ce sont les pays émergents qui vont pallier la mauvaise performance des pays de la zone euro en 2012. La classe moyenne des ces États étant en forte croissance, le stratège en chef de la Banque Nationale prévoit que d’ici 10 ans, leur pouvoir d’achat rivalisera avec celui des États-Unis.

Cependant, plusieurs pays sont à risque quant au défaut de paiement. Le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et l’Italie ont des pourcentages plus de risque de défaut que la Grèce. Le problème majeur de la zone euro, selon lui, est le manque d’uniformité au niveau des contrats sociaux. Les pays européens devront aligner leurs politiques sociales et surtout du travail s’ils veulent régler les problèmes auxquels ils font face présentement. Les pays dont les taxes et les impôts ne génèrent pas assez de revenus pour financer leurs programmes sociaux devront revoir leurs politiques sociales et du travail. Surtout que le taux de chômage chez les jeunes dans ces pays oscille entre 25 et 50%. Qui paiera alors pour les retraités? Selon lui, la zone euro demeure un gros stress pour l’économie mondiale.

Du côté des États-Unis, il est d’accord avec Michel Pelletier pour dire que l’économie américaine est en croissance. Plusieurs facteurs appuient cette affirmation, comme les ménages qui se sont rapidement désendettés, les profits  des compagnies qui atteignent des records, la croissance du nombre d’emplois à temps plein et la reprise des prêts bancaires pour l’immobilier.

Au Canada, où la récession a été modeste, les banques commerciales vont mieux qu’en Europe et aux États-Unis, selon lui. Il n’est pas d’accord avec la Banque du Canada, qui affirme que la dette au revenu disponible des ménages est plus élevée qu’aux États-Unis. Selon lui, la banque centrale ne tient pas compte dans son analyse du taux d’imposition nettement plus élevé au Canada. « Non ce n’est pas pire qu’aux États-Unis. C’est vrai que c’est un haut historique. C’est à surveiller », nuance-t-il.  Il affirme aussi qu’une hausse de 2% des taux d’intérêts n’aurait pour effet qu’une correction du prix des maisons. Il prévoit pour 2012 une croissance mondiale de 3,2%, même si la zone euro est en récession. Aux États-Unis, la croissance sera de 2,5%, alors qu’au Canada, elle sera de 2%. Le plus grand risque en 2012 selon lui? La géopolitique en Europe et la politique budgétaire des États-Unis.

L’investissement responsable
Rosalie Vendette, Desjardins, Conseillère principale – Investissement socialement responsable, Gestion du patrimoine et Assurance de personnes et Denis Dion, Desjardins, Chef de produit – Développement des fonds de placement, Gestion du patrimoine et Assurance de personnes, sont venus expliquer aux participants du colloque ce qu’était l’investissement responsable, soit tenir compte de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans la sélection et la gestion de placements et d’investissements.

Il y a, selon Mme Vendette, trois manières de faire de l’investissement responsable. La première manière est d’utiliser un filtre négatif, ce qui consiste à éliminer les entreprises que l’on ne trouve pas socialement responsable. Ensuite, il y a l’analyse des critères financiers, soit des experts qui analysent  des entreprises de l’indice composé S&P/TSX quant à leurs objectifs et à leur système de gestion au niveau environnemental seulement. Finalement, il y a la stratégie la plus commune, l’actionnariat engagé. Cette stratégie suppose que l’actionnaire transmet des demandes spécifiques au conseil d’administration de l’entreprise dont il détient des actions, afin d’entamer le dialogue. Si, ce qui est rare selon elle, l’entreprise n’est pas ouverte au dialogue, on peut faire une proposition d’actionnaire aux autres actionnaires, afin qu’ils se prononcent sur notre proposition. Cela peut influencer grandement le conseil d’administration.

Selon Denis Dion, les études démontrent que l’investissement responsable est aussi rentable que l’investissement dit traditionnel. L’intérêt est croissant et le potentiel de croissance est très grand. Parmi les investisseurs, 10 % sont déjà sur le marché de l’investissement responsable. Mme Vendette illustre la situation : « C’est comme pour les sacs réutilisables. Avant que les magasins ne fassent payer leurs sacs en plastiques, seuls quelques engagés utilisaient déjà des sacs réutilisables. Maintenant que les sacs en plastique sont payants, les gens ont adopté les sacs réutilisables. » C’est la même chose, selon elle pour l’investissement responsable. Elle estime à 70% des investisseurs qui adopteraient ce genre d’investissement, comme ils ont adopté les sacs réutilisables.

Marquer des points dans le développement des affaires
Liette Monat, qui s’est entretenu plus tôt cette semaine avec Conseiller.ca, a donné plusieurs conseils intéressants aux conseillers présents dans la salle. Elle suggère notamment, dans le cas où un client vous envoie une lettre vous disant qu’il transfère tous ces actifs chez un de vos concurrents, de contacter le client, et de lui dire tout de go que vous respectez sa décision. Elle conseille de lui demander ce que vous auriez pu faire pour le garder comme client. Selon elle, il faut alors se taire et écouter, et surtout éviter de se justifier.

Pour lire l’entrevue complète avec Liette Monat, cliquez ici.

La valeur du conseil
M. Robert Duquette est venu partager quelques statistiques intéressantes sur la valeur du conseil. Les épargnants qui ont un conseiller sont-ils vraiment plus riches que ce qui n’en ont pas ou étaient-ils déjà riche au départ? Deux études semblent démontrer que ces investisseurs ne détenaient pas tant d’actifs que cela la première fois qu’ils ont mis les pieds chez leur conseiller. Une étude de Pollara publiée en 2011 affirme que 37 % des investisseurs détenaient moins de 10 000$ d’actifs et 20% entre 10 000 $ et 25 000 $. Une autre étude menée par Ipsos la même année donne des chiffres un peu différents, mais qui vont dans la même direction. Selon Ipsos, 52 % des épargnants détenaient moins de 25 000 $ d’actifs lors de leur première visite chez un conseiller. Le fait de consulter un conseiller fait en sorte que les gens épargnent beaucoup plus pour leur retraite, et ce à tous les âges. Et leurs actifs augmentent donc plus rapidement. Ces investisseurs acquièrent une discipline d’épargne lorsqu’ils font affaire avec un conseiller, puisqu’ils sont un plan établi par un professionnel. Par exemple, chez les 18 à 29 ans, les jeunes qui ont un conseiller vont être 45 % à épargner régulièrement pour leur retraite, contre 23 % de leurs confrères qui n’ont pas de conseiller. Chez les 30 à 49 ans, cette proportion passe à 62 % chez ceux qui ont un conseiller contre 33 % pour les autres. Pour les gens âgés de 50 à 64 ans, c’est 56 % des gens qui font affaire avec un conseiller qui épargnent régulièrement contre 29 % .

Adopter les médias sociaux
C’est l’animateur du colloque, Jasmin Bergeron, qui a conclu cette journée sur une note légère, en se demandant comment augmenter la satisfaction et la fidélité des clients par le biais des médias sociaux.  Pour lui, un conseiller devrait être présent sur Facebook, LinkedIn, Twitter et Youtube, ou du moins réserver son nom de domaine sur ces quatre réseaux sociaux, puisque ce sont d’importantes vitrines. S’impliquer sur les médias sociaux demande beaucoup de temps. Si c’est cela qui vous manque, il suggère d’engager quelqu’un qui pourra vous bâtir des profils sur les différents médias sociaux.

Jasmin Bergeron a donné plusieurs suggestions intéressantes aux conseillers présents hier. Notamment de créer un « mastermind » avec six ou sept autres collègues qui ne sont pas des compétiteurs. Il suggère de vous rencontrer une fois par mois pour échanger des idées, notamment sur les médias sociaux. Il vous conseille également de vous abonner à l’alerte Google de votre nom. Ainsi, vous saurez tout ce qui se dit sur vous sur le web.  Si vous avez un site web, il vous recommande fortement de consulter régulièrement Google Analytics, qui vous permet de connaître les statistiques de votre site, mais également de savoir ce qu’on dit de vous, ce qui intéresse vos clients, de savoir si les messages que vous publiez sont repris et de savoir qui vient voir votre site.

Jasmin Bergeron conseille également d’intégrer vos réseaux sociaux ensemble et sur vos téléphones portables et d’ajouter vos adresses Twitter, Facebook et LinkedIn dans la signature de vos courriels, et pourquoi pas, sur votre carte professionnelle.

Un truc selon lui pour fidéliser vos clients sont les infolettres (newsletters). C’est un moyen efficace d’augmenter vos ventes en moins de dix minutes, selon M. Bergeron. Vous envoyez une infolettre une fois par mois à tous vos clients, en attachant, par exemple, la chronique mensuelle de votre institution.  Cela ne vous coûtera rien et vous rapportera gros.

Finalement il affirme que la fidélité de vos clients est liée au nombre de fois que vous les contactez. Parce que la pire chose que vous pouvez faire à un être humain, c’est de l’ignorer. Il en est de même avec vos clients.


Stéphane Langlois président du CFIQ et Jasmin Bergeron animateur du colloque

Stéphane Langlois, président du CFIQ



Stéphane Langlois président du CFIQ, Jacques Lépine Standard Life, Stéfane Marion économiste et stratège en chef BN, Michel Pelletier Standard Life

Stéphane Langlois président du CFIQ, Rosalie Vendette et Denis Dion de Desjardins



Nancy Paquet présidente courtage direct Banque Nationale et Patrick Déry de l’AMF

Liette Monat


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