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Économie

4 arguments pour dédramatiser la chute des Bourses

22 janvier 2016 | La rédaction | Commenter

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peur_inquietude_stress_angoisse_client_hommeJour après jour, les gros titres des journaux ont de quoi inquiéter et on ne pourrait pas vous en vouloir de vous détourner des résultats boursiers pour prendre de grandes respirations. Voici pourtant un argumentaire que vous pourriez utiliser pour calmer vos clients.

1. Nos experts sont prudents… mais optimistes

L’économiste en chef au pays, à savoir le gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz, a affirmé avoir anticipé tout ce désordre. En quoi est-ce bon signe? La Banque du Canada est responsable de deux choses : surveiller le climat économique du Canada et établir les taux d’intérêt, ce qu’il fait huit fois par an, notamment hier. Ces décisions ont un impact sur la valeur du huard et sur la dette du pays. En effet, elles influencent le coût d’un emprunt.

Mercredi, la Banque centrale a dit prévoir des temps difficiles sur les marchés et un prix du pétrole à la baisse et pourtant, ses économistes estiment que la richesse globale du Canada augmentera cette année.

Ainsi, à moins que vous ne travailliez dans le secteur pétrolier ou des ressources naturelles, vous devriez garder votre travail, a affirmé M. Poloz. Par conséquent, vos concitoyens et vous allez continuer à dépenser de l’argent, donc à soutenir l’économie canadienne.

Souvenez-vous également que le premier ministre Justin Trudeau a promis de relancer l’économie en construisant et en améliorant les infrastructures publiques, les routes et les ponts, notamment. M. Poloz prédit que ces actions aideront à stimuler l’économie canadienne.

2.  Le Canada doit changer…

Le premier ministre Trudeau veut mettre fin à la dépendance du pays vis-à-vis des ressources naturelles. « Mon prédécesseur voulait que vous connaissiez le Canada pour ses ressources naturelles, je souhaite que vous nous connaissiez pour notre débrouillardise », a-t-il affirmé ces derniers jours à l’occasion du forum économique mondial de Davos, en Suisse.

Ce virage à 180° sera pourtant difficile à prendre.

Un cinquième de notre économie est dépendante du pétrole en particulier et des ressources naturelles en général. Elles contribuent directement à 15 % de notre PIB. En 2014, 900 000 emplois y étaient liés, selon Statistique Canada. Rajoutons 5 % du PIB et 900 000 autres emplois si l’on parle cette fois de l’impact indirect, alors que les travailleurs utilisent leurs salaires pour se payer des maisons, des voitures, aller au restaurant et envoyer de l’argent à leur famille sans emploi dans les autres provinces.

Stephen Poloz a indiqué que la baisse du cours du pétrole dans les dernières années a arraché 50 G$ des revenus de l’État, soit 1 500 $ par personne.

Et ce n’est pas que le cours du pétrole qui est en berne. D’autres ressources naturelles ne font pas mieux. Le Canada est le premier producteur mondial de potasse et PotashCorp a annoncé la mise à pied de plusieurs centaines de salariés bien payés, l’entreprise ne pouvant pas les garder alors même que les prix sont en berne sur le marché.

Voilà pourquoi Justin Trudeau et d’autres leaders politiques souhaitent diversifier l’économie canadienne. Les programmes de formation et certains incitatifs devront permettre ce virage, mais cela prendra du temps.

3. … car ça pourrait aller en empirant

Des signes montrent que les États-Unis, partenaire économique numéro un du Canada, sont hésitants.

Le marché boursier américain se comporte comme il l’a fait avant la crise financière, notent certains observateurs. Le fait que la production industrielle américaine ait ralenti est également un signe troublant. Enfin, certains experts estiment que l’économie américaine ne croîtra pas aussi fortement que ce qui avait été espéré dans les derniers mois. En réalité, au moins un analyste pense que les États-Unis sont déjà en récession.

En Europe, les choses ne vont pas mieux. À 0,2 % en décembre dernier, le taux d’inflation est plus bas que ce que les décideurs politiques souhaiteraient. Cela signifie qu’il y aura une faible demande de consommation dans un marché qui est lui aussi un grand partenaire commercial du Canada.

4. Fort heureusement, ces mauvaises nouvelles sont aussi des opportunités

Le marché boursier est cyclique et nous vivons aujourd’hui un moment de chute. Il est effrayant de voir les prix baisser, mais il ne faut pas s’affoler. Si vous n’avez pas besoin de l’argent investi maintenant, il n’y a aucune raison de vendre. Non seulement vous vendrez à perte, mais en plus, lorsque vous serez prêts à revenir dans le marché, les choses seront revenues à la normale et vous achèterez au prix fort.

Vendre maintenant irait à l’encontre d’un adage fondamental pour faire de l’argent : achetez au plus bas, vendez au plus haut.

Au contraire, pensez que ces bouleversements peuvent finalement être une opportunité. Si vous ne comptez pas prendre votre retraite avant les vingt-cinq prochaines années, ça signifie que vous avez 25 ans pour composer avec les pertes d’aujourd’hui, surmonter plus de heurts et, au bout du compte, gagner de l’argent. Ça signifie également que vous aurez l’occasion d’acheter des parts dans des compagnies stables à des prix intéressants comparativement à leur valeur réelle.

Beaucoup de gens ont tout vendu après le krach de 2008. Ils étaient donc hors du marché l’année suivante, alors qu’ils auraient pu avoir l’occasion de compenser leurs pertes. Ne faites pas cette erreur.

Pourquoi il ne faut pas s’inquiéter

C’est le moment d’acheter, pas de vendre, explique lui aussi Cimon Plante, vice-président gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale, dans un texte de L’actualité.

« À l’échelle mondiale, la grande majorité des sociétés ont perdu une partie de leur valeur boursière, peut-on lire. Par contre, bon nombre de sociétés n’ont pas vu leur valeur économique réelle baisser. Et c’est là que l’on trouve le profit : lorsqu’on acquiert une entreprise à un prix inférieur que sa valeur intrinsèque. »

Il ne faut pas trop s’inquiéter de la situation chinoise, estime M. Plante. Il en appelle à penser de manière plus globale, car il y a bien d’autres clients dans le monde que les Chinois.

« La Chine consomme environ 2 000 G $US en biens et services par année, note-t-il. Tandis que le commerce mondial (en excluant la Chine) est estimé à environ 60 000 G $US. »

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