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Baisse économique

5 raisons pour lesquelles la Réserve fédérale américaine se trompe

15 octobre 2012 | Dominique Lamy | Commenter

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Le fondateur du Grant’s Interest Rate Observer, James Grant, a expliqué récemment lors d’un événement au DeGroote School of Business and Horizons ETFs les raisons pour lesquelles il considère la plus récente intervention de la Réserve fédérale américaine comme étant inappropriée.

La Fed prévoit effectivement racheter 40 milliards de dollars américains par mois pour acheter des titres financiers adossés à des créances hypothécaires dans l’objectif de stimuler l’économie. Selon l’organisme, l’important programme pourrait durer deux ans en cas de besoin, et ce, sans bouleverser nécessairement les marchés financiers.

Néanmoins, et en conservant les taux d’intérêt actuels anormalement bas, le président de la banque centrale des États-Unis Ben Bernanke n’aide pas la classe moyenne américaine, selon M.  Grant. « La politique monétaire de la Fed est immorale parce qu’elle bénéficie aux riches. La Fed espère que l’augmentation du prix des actifs résultera éventuellement en l’augmentation marquée des embauches, mais ça m’apparaît plutôt incertain », explique-t-il, en soulevant cinq points pour lesquels l’organisme américain ferait fausse route.

1. Un modèle économique qui ne tient pas compte de certaines possibilités
M. Grant soulève que le modèle mis en place par la Réserve fédérale ne tient pas compte de certaines conséquences inhérentes à celui-ci. La Fed pratique une politique monétaire très accommodante qui passe par le maintien de son taux directeur à zéro (ou presque) depuis l’année 2008. Le plus récent assouplissement quantitatif en question affaiblit un peu le dollar et se veut un recours à « la planche à billets » pour imprimer de l’argent, geste généralement porteur d’inflation.

2. Les douloureux souvenirs de la Grande dépression
Les responsables de la politique monétaire américaine semblent accorder trop d’importance aux leçons retenues de la crise des années 1930, selon M. Grant, qui mentionne que « d’autres cycles économiques valent la peine d’être étudiés », explique-t-il. Rappelons que durant les 18 mois de la dépression ayant sévi dans les années 1920-1921, la production a chuté de 30 %, les prix au détail ont dégringolé de 37 % et le chômage a bondi de 5 à 9 %. La Réserve fédérale avait à ce moment équilibré son budget et haussé les taux d’intérêts de 6 à 8 %, une stratégie totalement différente de celle qui prévaut actuellement. En guise de résultat, la production a explosé de 60 %. « Mais on n’entend jamais parler de cette période économique difficile », déplore M. Grant.

3. Le jeu de la fixation des prix
Même si M. Bernanke s’est déjà défendu de vouloir interférer dans le processus de fixation des prix, M. Grant affirme que le fait de manipuler les taux d’intérêt s’avère la même chose, soulignant au passage qu’il s’agit d’une « remarquable démonstration d’arrogance ».

4. Les dangers de la déflation
Alors que M. Grant favorable à l’élimination de toute possibilité de déflation, il souhaite voir la Fed s’attaquer au problème réel. Les prix peuvent parfois chuter en raison de la mondialisation des marchés et de l’émergence de nouvelles technologies, certes. Par contre, M. Grant demeure inquiet du fait que la Réserve fédérale ne fasse aucune distinction entre les progrès technologiques qui favorisent la vente de biens à meilleurs prix et le concept de déflation véritable, qui survient lorsque les prix d’une majorité de biens d’importance chutent en réponse à un taux de chômage anormalement élevé ou de par la présence d’inventaires trop élevés.

5. Trop de règlementations, mais peu de conséquences
Le système américain est fortement encadré et cette règlementation devrait être appuyée par des conséquences logiques. Ainsi, les banquiers devraient faire face à des pénalités financières pour leurs actions ayant entraîné le quasi-effondrement du système financier au début de la crise 2008-2009. La Réserve fédérale ne peut être tenue responsable de tous les maux du système!

De la prudence et un bon mot pour la Banque du Canada
Selon M. Grant, les investisseurs doivent réaliser qu’il n’y a rien de mieux qu’un actif sans risque, et exhorte à la prudence envers les obligations gouvernementales. Il se veut haussier sur l’or, mais seulement en raison de la valeur refuge que constitue celui-ci face aux conséquences éventuelles des interventions actuelles de la Réserve fédérale.

À l’inverse, M. Grant se veut un fervent admirateur de la Banque du Canada, appréciant notamment sa politique de taux d’intérêt et l’incitant « à ne rien changer du tout ».

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