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À ceux qui prônent la tolérance zéro…

23 novembre 2012 | Yves Bonneau | Commenter

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Je comprends votre point de vue et je respecte votre position.

Toutefois, je me permets de vous souligner que notre nouvelle politique d’information à ce sujet ne concerne que les conseillers qui ont commis des fautes mineures et pour lesquelles des amendes et des suspensions de permis temporaires ont été prononcées à l’encontre de ces conseillers inscrits. Si les organismes de réglementation ont jugé que ces conseillers étaient dignes d’être réhabilités après avoir payé une amende, ou avoir passé 3 à 6 mois sans permis, ce n’est pas à un organe de presse comme le nôtre que revient la responsabilité de tenir un registre des fautifs pour la postérité.

Si un client a des doutes sur l’intégrité de son conseiller, il a lui-même la responsabilité de s’informer auprès des organismes de surveillance dont c’est le mandat. Ce n’est pas le mandat de Conseiller de tenir les archives de jugements contre les conseillers ad vitam aeternam; d’autant plus que nous sommes un média spécialisé et, qu’en principe, nous ne nous ne nous adressons pas au public consommateur.

Yves Bonneau, rédacteur en chef du magazine Conseiller.

C’est la même chose pour les autres professionnels; si on veut en apprendre davantage sur leur parcours professionnel, on peut consulter leur ordre pour bien connaître les raisons et le contexte des erreurs passées qu’on leur a reprochées. Comme je l’ai mentionné dans mon point de vue publié hier, tous ceux qui ont été bannis de la profession de conseiller n’auront pas droit à cette dispense. Si l’AMF suspend un représentant ou un planificateur à vie, c’est parce qu’il n’a plus sa place dans la profession. Je n’ai aucun remords à laisser sur l’internet nos articles qui décrivent les vols et les fraudes commises par Norman Burns ou Carole Morinville.

Deux exemples simples me viennent à l’esprit :

  • Dans une dispute avec son employeur, un conseiller qui voulait conserver sa clientèle bâtit honnêtement et de longue date a subi une enquête initiée par le directeur de la succursale de ce réseau. Le directeur a déposé une plainte qui s’est avérée non fondée après enquête de la syndique de la Chambre parce que absolument tout était en ordre dans ses dossiers. Le conseiller a dû déposer une contrepoursuite contre l’institution et ce qui lui a occasionné des avocasseries pendant des années pour en venir à bout et s’assurer que sa réputation ne soit pas entachée pour toujours.
  • Un conseiller se fait inspecter dans un dossier de placement off-shore, l’inspecteur lui demande de lui donner des détails supplémentaires au sujet du client, car il suspecte du blanchiment d’argent. Le client a fait un chèque de moins de 10 000 $ (ce n’était pas une valise pleine de billets). Son adresse, son numéro d’assurance sociale et ses données financières (banque, numéro de compte et transit, etc.) étaient au dossier, mais l’inspecteur insiste en disant au conseiller qu’il ne veut pas lui fournir toutes les informations personnelles du client en question. Le conseiller lui dit que tout est sur le formulaire d’ouverture de compte, que cela est confidentiel et qu’il n’a pas questionné pourquoi le client voulait placer son argent aux Bahamas. Selon le conseiller, il s’agit simplement de respect envers le client et de confiance mutuelle dans la relation d’affaires. L’inspecteur s’entête, se fâche et décide d’en faire un exemple. Le conseiller est finalement trouvé coupable d’avoir entravé le travail d’un enquêteur et celui d’un inspecteur. Il reçoit une amende de quelque de dizaines de milliers de dollars. Le conseiller choisit de ne pas contester parce que, après consultation avec un avocat, on évalue que ça lui coûtera environ 80 000 $ pour faire appel et déjà, en première instance, ça lui avait coûté 25 000 $. Pensez-vous que ce conseiller mérite la publicité négative qu’il s’est attirée en ne contestant pas sa cause, même si celle-ci apparaissait injuste?

Je vous pose la question, si vous aviez été dans la position de ces conseillers et on avait trouvé dans vos dossiers un formulaire d’ouverture de compte incomplet ou une autre infraction mineure, qu’auriez-vous fait? Plusieurs conseillers ont vécu naïvement les foudres des régulateurs pour toutes sortes de raisons de négligence de leurs dossiers qui n’affectaient en rien la qualité de leurs services-conseils et les résultats avec leur clientèle. Malheureusement, dans plus de la moitié des cas de plaintes contre des conseillers, ce ne sont pas des clients qui se plaignent, mais des conseillers concurrents.

Ceci évidemment va à l’encontre de votre code de déontologie, mais comme le processus de plaintes est confidentiel et anonyme, de nombreux collègues ou patrons qui veulent causer du tort à leur concurrent ou à leur ex-employé ne se gênent pas pour enfreindre leur propre code de déontologie.

Un média neutre comme le nôtre ne veut pas se faire complice de ces actions indéfiniment dans Internet. Qui plus est, chacun peut un jour être victime de manœuvres mesquines et déloyales, nous n’avons pas les moyens d’enquêter sur chaque cas d’injustice, mais nous avons le choix de ne pas les perpétuer.

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de zones grises ou de cas graves de négligence. Je dis seulement que nous ne désirons pas que notre publication devienne le pilori du troisième millénaire. Ce n’est pas notre objectif. Nos publications ont comme but principal d’aider les conseillers à s’informer sur leurs affaires, sur l’actualité qui les touchent et nous souhaitons qu’après avoir consulté nos publications, les conseillers soient meilleurs parce que nous leur aurons appris des choses importantes qui feront une différence dans leur pratique quotidienne.

Yves Bonneau, rédacteur en chef
yves.bonneau@objectifconseiller.rogers.com

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