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Épargne

Acheter une maison ou préparer la retraite?

12 mars 2012 | Commenter

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Avec la hausse des prix de l’immobilier au pays, l’achat d’une maison peut désormais remettre en question la préparation adéquate de la retraite. La baisse observée des cotisations REER s’explique en partie par les paiements que les ménages doivent faire pour rembourser leur hypothèque.

Le journaliste spécialisé Rob Carrick fait un constat drastique dans les pages du Globe and Mail : « Acheter une maison peut faire dérailler votre retraite. Est-ce que votre agent immobilier ou votre banque vous a dit cela? Bien sûr que non. Leur seule préoccupation est de savoir si vous pourrez rembourser vos dettes. »

Le phénomène ayant gagné en importance, M. Carrick suggère aux conseillers d’offrir un service original à leurs clients qui considèrent l’achat d’une première maison. Pour un montant fixe, 250 $ par exemple, les conseillers pourraient proposer une analyse de type « Pouvez-vous assumer les coûts de l’achat d’une maison? ». Selon M. Carrick, pour plusieurs clients, la dure réalité sera qu’ils ne peuvent acheter une maison pour le moment sans nuire à la préparation de leur retraite.

Baisse des cotisations REER
Selon une étude récente de Recherche économique RBC, le vieillissement de la population est le facteur principal qui explique le déclin des contributions aux REER. Un nombre grandissant de personnes ont quitté la phase d’accumulation du capital et puisent maintenant progressivement dans leurs épargnes. Mais l’étude identifie aussi le prix élevé des maisons au Canada comme autre facteur expliquant la baisse des cotisations REER.

Paul Ferley, économiste en chef adjoint de la RBC, souligne que le marché immobilier a été plus effervescent que le marché des actions dans les dernières années. La faible performance boursière a sans doute incité plusieurs ménages à favoriser plutôt l’investissement dans l’immobilier. « Une autre explication est que la hausse des prix de l’immobilier entraîne une limitation au niveau du revenu disponible. Les gens doivent réduire leurs investissements ailleurs, et ce sont les REER qui encaissent le coup », dit l’économiste.

Selon des données de RBC, il faut l’équivalent de 48, 1 % du revenu médian avant impôt d’un ménage canadien pour payer l’hypothèque, les taxes foncières et les services de base sur une maison à deux étages, aux prix actuels du marché. Selon le Globe and Mail, la plupart des institutions financières n’accordent des hypothèques que si les coûts de remboursement de l’ensemble des dettes représentent moins de 40 % des revenus d’un ménage.

Des avis plus variés
M. Carrick croit que pour plusieurs clients, le problème est qu’ils reçoivent un seul point de vue lorsqu’ils considèrent l’achat d’une maison. « Un désavantage énorme pour les premiers acheteurs est que tous les fournisseurs de services qu’ils rencontrent, soit la banque et les agents immobiliers, ont un intérêt intrinsèque à ce qu’ils achètent », dit-il. « Lorsque les prêteurs s’attardent au risque, c’est uniquement aux risques que les emprunteurs ne remboursent pas leurs dettes », ajoute M. Carrick.

Les clients peuvent bénéficier d’une analyse qui regarde non seulement si leur revenu leur permet d’acheter une maison, mais aussi s’ils pourront continuer à faire d’autres dépenses utiles. Par exemple, préparer une retraite convenable.

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