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Inflation

Actions américaines : pronostic favorable en 2011

11 janvier 2011 | Brenda Craig | Commenter

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L’économie américaine titube depuis qu’elle est tombée de la falaise il y a quelques années. Mais si les Américains retrouvent enfin leur bonne étoile, 2011 pourrait bien être l’année de tous les succès.

Le dernier rapport Scotia McLeod sur la situation des États-Unis pour les mois à venir prévoit que la croissance au sud du 49e parallèle pourrait carrément surpasser celle du Canada si le marché de l’immobilier se stabilise et si la reprise tient mieux la route.

L’arbre qui cache la forêt

« Tout le monde est tellement pessimiste, déplore Vincent Delisle, gestionnaire de portefeuille d’actions américaines chez Scotia McLeod. Les consommateurs américains ont incroyablement bien résisté à la tempête, et l’indice S&P 500 affiche une surperformance, précise-t-il, mais personne n’en parle. Ce qui se passe actuellement aux États-Unis est de bon augure. Depuis la parenthèse de l’été dernier, nous constatons que l’activité économique s’intensifie. À notre avis, l’emploi devrait connaître une croissance probante au cours des prochains mois, qui se répercutera sur celle des bénéfices et de l’indice S&P 500. »

Selon les prévisions économiques de la Banque de Montréal, l’économie américaine progressera de 2 % à 2,5 % au premier semestre. « Les six à huit premiers mois seront laborieux, estime Benjamin Reitzes, économiste à BMO Marchés des capitaux, mais une amélioration se fera sentir au second semestre. Nous devrions constater une augmentation de l’emploi, qui se transformera en un cycle virtuel d’embauche et de hausse des dépenses apte à propulser l’économie jusqu’en 2012. »

La dette fédérale des États-Unis demeure conséquente, mais divers indices révèlent que l’Amérique s’efforce de remédier à ce problème fondamental. Le gouffre de son endettement est davantage perçu comme une question qui sera résolue à long terme, et non pas à court terme.

Alors que les foyers canadiens ont allègrement accumulé un endettement record, M. Reitzes souligne que les ménages américains se sont évertués à sortir du rouge. Les taux d’intérêt demeurent faibles et l’atonie persistante du billet vert devrait stimuler les exportations des États-Unis, en particulier celles des produits manufacturiers de grande valeur.

BMO envisage une baisse du chômage américain, qui passerait du taux actuel de 9,8 % à 9,2 % d’ici la fin de 2011.

Certes, la croissance américaine ne saurait rivaliser avec celle des marchés émergents et le chômage est une sérieuse entrave. Toutefois, les États-Unis témoignent résolument d’une progression, pas d’une régression, affirme M. Reitzes.

Surtout, il demeure que l’économie américaine est toujours six fois plus importante que celle de la Chine, et que la société américaine se caractérise par la motivation et l’esprit d’entreprise de sa population, sans oublier l’immense capital intellectuel dans lequel elle peut puiser.

« La productivité a fait des pas de géant aux États-Unis, note Grayson Witcher, gestionnaire des actions américaines chez Mawer Investments à Calgary. À mon avis, ce progrès est sous-estimé. Je fais référence à l’informatique en nuage (cloud computing), aux réseaux énergétiques intelligents et aux systèmes de communications mondiaux. Des avancées technologiques de cet ordre sont d’excellents vecteurs de croissance. De plus, les observateurs ont tendance à perdre de vue la capacité des Américains à innover en temps de crise. »

M. Witcher rappelle un autre facteur négligé : la présence américaine à l’échelle mondiale. « Le fait est que les sociétés américaines sont essentiellement des multinationales avec un imposant réseau international, souligne-t-il. Quarante pour cent des revenus sous-jacents de notre portefeuille d’actions américaines, dont la composition s’apparente à celle de l’indice S&P 500, proviennent de l’extérieur des États-Unis. Il s’agit là d’un montant considérable. »

« Même si elles ne sont plus aussi attrayantes qu’il y a un an, les actions de certaines grandes sociétés américaines restent intéressantes, note M. Witcher. Pour les titres de l’indice S&P 500, le ratio cours/bénéfices était légèrement supérieur à 15 jusqu’à présent et il dépasse 14,5 pour les mois à venir. »

Les États-Unis bénéficient également des opérations de fusions et d’acquisitions, ajoute M. Witcher. « Les fusions et les acquisitions ajoutent à la croissance sans exiger d’investir d’énormes capitaux », explique-t-il.

Selon Scotia McLeod, l’indice S&P 500 franchira le seuil des 1325 points en 2011. « Cela représente un rendement de 8 % à 10 % », précise Vincent Delisle.

La pression sur les taux

Mais la médaille à un revers : nous assisterons probablement à une flambée des taux d’intérêt en 2011 ou dans les premiers mois de 2012. « Nous pensons que le taux des obligations à 10 ans continuera à glisser au cours des prochains mois pour atteindre un plancher de 2,4 % en mars ou avril, déclare M. Reitzes, de BMO. Quand l’économie retrouvera son élan, les marchés obligataires suivront, avec des taux qui atteindront vraisemblablement quelque 3,65 %, en attendant d’une poussée des taux de la Réserve fédérale au début de 2012. »

« L’orientation de la politique monétaire chinoise constitue le principal risque qui plane sur les marchés mondiaux et l’indice S&P 500 dans les prochaines semaines, estime M. Delisle chez Scotia McLeod. Qu’il s’agisse de décréter de nouvelles hausses de ses taux d’intérêt ou de chercher à ralentir sa croissance économique, les mesures adoptées par la Chine pourraient attiser la volatilité sur les marchés durant la première partie de 2011. »

Ce qui fait défaut dans le scénario des actions américaines, et depuis un certain temps déjà, c’est la confiance, affirme M. Delisle. « Je parle de la confiance des consommateurs. La prémisse pour qu’elle s’améliore est une augmentation plus suivie des emplois, explique-t-il. En définitive, tout dépendra du nombre de nouveaux emplois qui seront insufflés dans l’économie américaine. »

Peut-on encore douter de la bonne étoile des Américains?

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