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Actions canadiennes : prenez des profits, dit Clément Gignac

8 décembre 2006 | Commenter

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(08-12-2006)L’économiste en chef et stratège à la Financière Banque Nationale rappelle que la spectaculaire performance du marché boursier canadien depuis les cinq dernières années peut être sournoise.

Elle a probablement a eu « l’effet insidieux » d’augmenter le niveau de risque du portefeuille de beaucoup d’entre ceux qui ont habituellement un profil d’investisseur plutôt prudent, note Clément Gignac. D’ailleurs, dit-il, les fluctuations des diverses catégories d’actifs suffisent pour modifier le niveau de risque d’un portefeuille, et ce, même si « aucune activité n’a été enregistrée depuis un bon moment dans un portefeuille bien constitué et diversifié au départ ».

Grâce à une poussée sans précédent du prix des matières premières et à l’appréciation du dollar canadien, l’indice S&P/TSX a gagné + 91,4 % au cours des cinq dernières années, du jamais vu en plus de 40 ans. Mais le temps des réjouissances pourrait tirer à sa fin. Clément Gignac constate qu’une telle poussée du cours des ressources naturelles s’est déjà produite dans les années 1970 « avant de dégénérer en récession mondiale et de provoquer un effondrement de la demande de matières premières ».

Mais cette fois-ci, les paramètres pourraient être différents : la mondialisation de l’économie et la croissance des puissances émergentes comme la Chine et l’Inde changent la donne. Vraiment? demande l’expert. Rien n’est moins sûr. Depuis 50 ans, plus de 13 épisodes de cycles haussiers du prix des matières premières d’une longévité moyenne de 30,2 mois se sont soldés par des hausses moyennes de prix de plus de 84,7 %(comparativement à +325% au cours des 60 derniers mois cette fois-ci). Or, bien que chaque cycle haussier diffère du précédent et possède sa propre dynamique, un fait demeure : les lois de l’offre et de la demande n’ont pas changé.

« La demande de matières premières souvent inélastique à court terme devant des hausses de prix tend à réagir fortement à moyen et à long terme à mesure que les agents économiques ajustent leur comportement et que de nouvelles technologies font leur apparition », indique Clément Gignac. À preuve, contrairement aux trois années précédentes, on constate depuis le début de l’année « une révision à la baisse constante de la demande mondiale de pétrole et, au contraire, une accélération des activités de forage et de production de sources d’énergie de remplacement ».

Dopée par sa forte pondération en ressources naturelles, la Bourse canadienne se comporterait comme celle d’un pays en émergence. De 2001 à 2006, le poids de ce secteur est passé de 22 % à près de 45 % de la capitalisation boursière de l’indice S&P/TSX. « Le marché canadien est donc plus risqué et moins bien diversifié », constate l’économiste. En cas de recul du prix des matières premières ou d’amorce d’un marché baissier persistant, la bourse canadienne écopera nettement plus que les autres. « Notre avantage des dernières années se retournera alors contre nous. »

Puisque la Bourse de Toronto navigue de sommets en sommets ces temps-ci, il serait sage de commencer à engranger des gains. « Nous voulons rappeler ici aux investisseurs qu’ils ne devraient pas se sentir mal à l’aise de prendre des profits et de rééquilibrer leurs portefeuilles en faveur d’actions étrangères ou d’obligations pour éviter une trop forte concentration dans le secteur des ressources naturelles ou sur le marché boursier canadien », conseille Clément Gignac.

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