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Actions internationales : écueils et tremplins en 2011

11 janvier 2011 | Diana Cawfield | Commenter

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Que réserve 2011 aux placements en actions internationales ? Les prévisions annoncent autant d’écueils que de tremplins. Si la tourmente européenne et le risque d’inflation dans les marchés émergents sont source d’inquiétude, les dépenses de consommation et les sociétés prudentes offrent des perspectives souriantes.

Tous les professionnels du placement s’entendent pour dire que le marché canadien ne constitue qu’une petite part de l’univers des investissements. Les actions internationales représentent actuellement plus de 30 000 titres.

Malgré certaines variantes dans les définitions, les actions internationales regroupent les marchés développés hors de l’Amérique du Nord, c’est-à-dire l’Europe de l’Ouest, la région Asie/Pacifique, le Japon et l’Australie. Quant aux marchés émergents, il s’agit notamment de l’Amérique Latine, l’Europe de l’Est, la Chine et l’Inde.

Stephen Way, vice-président principal et directeur de l’équipe d’actions mondiales de Placements AGF inc. à Toronto, estime que les placements faits à l’extérieur du Canada constituent un excellent outil pour réduire le risque grâce à une meilleure diversification. « Les gens ne sont pas vraiment conscients de la volatilité inhérente au marché boursier canadien, qui découle de sa concentration dans les matériaux, les services financiers et l’énergie. »

De plus il fait remarquer que, si le marché boursier canadien vient de connaître dix années fastes, les titres y sont actuellement à des sommets historiques par rapport au reste du monde. « Les gens ont en mémoire les dernières années, mais ils occultent la sous-performance affichée par les titres canadiens de 1985 à 2000, ajoute-t-il. C’est précisément pourquoi, entre autres, je considère que les placements mondiaux demeurent judicieux. »

Par ailleurs, des secteurs comme les soins de santé et les produits de première nécessité, dont la stabilité et la rentabilité sont plus prévisibles, sont mal représentés sur le marché boursier canadien. Ces deux secteurs comptent pour environ 6 % du marché canadien et près de 30 % du marché mondial.

Convaincus de l’importance cruciale de la gestion du risque en 2011 et au-delà, l’équipe mondiale de M. Way privilégie les sociétés qui détiennent le pouvoir d’établir leurs prix. Les dividendes et la croissance des dividendes sont des éléments déterminants dans le rendement global des placements internationaux.

La répartition géographique revêt une importance sans précédent. « En Europe, par exemple, on ne saurait comparer l’Irlande ou le Portugal à l’Allemagne, explique M. Way. Leurs contextes économiques sont de plus en plus divergents à cause des différences dans leur situation budgétaire, leur endettement et les mesures adoptées dans la foulée de la crise financière. »

Autrement dit, les bénéfices de sociétés seront encore plus dissemblables qu’auparavant d’un pays à l’autre. « À notre avis, cette situation est propice à d’excellentes occasions, surtout dans les pays du cœur de l’Europe », ajoute M. Way.

Hans van den Berg, chef de la direction et gestionnaire de portefeuille principal de la firme Echo Point Investment Management LLC, établie dans la région de Philadelphie, pronostique une croissance lente. « La plupart des pays développés témoignent d’une reprise indolente avec une certaine volatilité, note M. Van den Berg. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, la reprise est laborieuse. Pour ce qui est de l’Europe, tout va bien en Allemagne, mais les pays du PIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne) sont complètement à la traîne. »

Saisir les occasions et réduire les risques dans une conjoncture marécageuse suppose de cibler les sociétés dotées d’un bilan solide et sans besoin de béquilles financières. Autant que possible, ces sociétés se distinguent également par des coûts de production inférieurs, une technologie supérieure ou un réseau de distribution mieux développé, et sont en mesure de surpasser la croissance économique moyenne. Enfin, il est essentiel que leur équipe de gestion ait implanté une stratégie commerciale judicieuse pour enregistrer une croissance rapide et à long terme.

« Nous dépistons effectivement des sociétés qui répondent à ces critères, déclare M. Van den Berg, mais elles sont rares dans les marchés développés. Elles sont plus présentes sur les marchés émergents, dans tous les secteurs et toutes les régions. Depuis quelques années, la consommation a connu un essor fulgurant dans les marchés émergents. »

La consommation totale combinée de tous les nouveaux marchés dépasse désormais celle des États-Unis, par exemple. « Auparavant, on tenait pour acquis que si la récession frappait les États-Unis, les nouvelles économies seraient paralysées », signale-t-il.

M. Van den Berg considère que le marché de l’automobile en Chine illustre bien la croissance de la consommation. En quelque cinq années, les ventes de véhicules y sont passées de 2 millions de dollars à près de 14 millions de dollars, sur une base annualisée, alors qu’elles sont d’environ 11 millions de dollars aux États-Unis.

M. Van den Berg est du même avis que M. Way sur le potentiel des secteurs internationaux, dont les soins de santé et les technologies de l’information, nettement moins représentés sur le marché canadien.

Ainsi, il est prévu que le brevet d’un nombre notable de produits pharmaceutiques arrive à échéance en 2012, ouvrant de nouvelles perspectives pour des médicaments génériques.

« L’échéance de ces brevets bénéficiera à de nouveaux joueurs, et nous avons déjà misé sur ces sociétés, souligne M. Van den Berg. Donc, malgré la croissance atone qui prévaut, il existe un potentiel considérable. »

Cependant, les écueils qui menacent les marchés mondiaux n’en sont pas moins réels. La croissance accélérée des marchés émergents au cours des dernières années a entraîné l’inflation dans son sillage. Si les mesures de resserrement monétaires des banques centrales sont graduelles, la croissance économique se poursuivra et les marchés boursiers se maintiendront, selon M. Van den Berg.

En revanche, si l’inflation n’est pas jugulée dans les 12 mois à venir, les marchés financiers risquent d’appréhender une hausse excessive des taux d’intérêt, et les actions en seraient affectées.

Dans le cas des marchés internationaux développés, les observateurs envisagent une inflation bien maîtrisée et le maintien de faibles taux d’intérêt. « La croissance économique sera lente, affirme M. Van den Berg, mais certaines sociétés habiles réussiront à inscrire une croissance des bénéfices dans les deux chiffres, procurant des occasions de placement des plus attrayantes. »

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