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Les proches du PDG d’Amaya auraient empoché 1,5 M$

30 mars 2016 | La rédaction | Commenter

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Argent_Retraite_Epargne_Billets_RRC_PhotoGallery_621Selon l’Autorité des marchés financiers (AMF), le président du conseil et chef de la direction d’Amaya, David Baazov, serait la « principale source » des fuites d’informations dans ce dossier de délit d’initié, rapporte La Presse canadienne.

Celui-ci fait face à cinq chefs d’accusation, notamment d’avoir influencé ou tenté d’influencer le cours du titre de la société et d’avoir commis un délit d’initié. Deux autres personnes et trois entreprises ont aussi été visées par 18 autres chefs d’accusation à la suite de l’enquête de l’Autorité.

L’AMF a calculé que les amis et associés de David Baazov, ainsi que son frère, auraient engrangé des profits totalisant près de 1,5 M$ grâce à des informations privilégiées au sujet d’acquisitions, notamment celle de la société Oldford Group pour 4,9 G $US en 2014, qui a fait de la firme montréalaise le plus grand groupe de poker en ligne du monde.

DES ACCUSATIONS FAUSSES, SELON BAAZOV

Le patron d’Amaya, âgé de 35 ans, a rejeté ces accusations, déclarant qu’il arriverait à prouver son innocence pour chacun des chefs. Il a toutefois décidé de quitter ses fonctions pour une durée indéterminée à partir du lundi 28 mars.

« Je crois qu’en quittant mon poste à court terme, la société et sa direction auront moins de distractions, et je pourrai contester vigoureusement les allégations dont je suis la cible et poursuivre mon offre visant l’acquisition de la société », a-t-il fait savoir hier, précisant qu’il prenait un congé payé « volontaire ».

L’ex-dirigeant continuera néanmoins d’occuper un poste d’administrateur auprès de la firme. C’est l’administrateur indépendant Divyesh (Dave) Gadhia qui assurera l’intérim au poste de président du conseil, tandis que Rafi Ashkenazi, qui dirige aujourd’hui le Rational Group, la division qui englobe PokerStars et Full Tilt, assurera temporairement les fonctions de chef de la direction.

Membre du CA depuis 2010, Divyesh Gadhia préside déjà le comité indépendant créé au début du mois de février pour évaluer une éventuelle offre d’achat de la firme par David Baazov « ainsi que les autres solutions pouvant s’offrir à Amaya », selon un communiqué publié par l’entreprise hier.

AMIS, PROCHES ET MEMBRES DE LA FAMILLE

Même si les détails de l’affaire n’ont pas été dévoilés, les documents de l’AMF précisent que les délits d’initiés allégués touchent sept transactions réalisées depuis 2011 et impliquent 13 autres personnes, dont Josh Baazov, le frère du chef de la direction d’Amaya.

Les profits tirés des transactions d’investisseurs individuels oscillent entre 200 et 155 839 $, selon deux rapports sur les enquêtes publiés par un tribunal administratif indépendant associé à l’Autorité.

Plus de 800 000 $ auraient été empochés en lien avec l’acquisition d’Oldford Group. Cette entreprise détenait, entre autres, les actifs PokerStars et Full Tilt Poker. Toujours selon l’AMF, le Montréalais Isam Mansour aurait lui aussi engrangé 500 000 $ en achetant puis en revendant les actions des entreprises associées aux ententes d’Amaya.

Les documents publiés avancent également que Craig Levett, un ami et partenaire d’affaires de Josh Baazov, sa femme et son frère auraient pour leur part empoché plus de 500 000 $. Les autres personnes qui seraient impliquées comprennent divers amis, membres de la famille et associés qui auraient effectué des transactions à partir d’informations divulguées par Josh Baazov.

Les profits auraient été réalisés sur des transactions impliquant les compagnies Cryptologic, Chartwell Technology, WMS Industries, Oldford Group, BWIN.Party et Intertain Group, selon les documents de l’AMF.

INTERDITS DE NÉGOCIER DES ACTIONS

Après avoir obtenu des informations au sujet d’une acquisition imminente, les investisseurs auraient acheté des actions de la société cible ou d’Amaya, souvent pour la première fois, affirme l’AMF. Puis, une fois les transactions annoncées, après la hausse des prix des actions, ils les auraient revendues et encaissé d’importants profits. À ce jour, toutefois, aucune de ces allégations n’a encore été prouvée.

Les 13 associés de David Baazov n’ont pas été accusés, mais il leur est désormais interdit de négocier des actions ou d’accéder aux produits de leurs activités.

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