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Au cœur du métier – Belles histoires, belles victoires

11 mars 2015 | Hélène Roulot-Ganzmann | Commenter

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Derrière vos portes closes se jouent parfois de vrais contes de fée. De ceux qui donnent des ailes, ramènent l’espoir et parfois même changent des vies. Il était une fois cinq conseillers qui ont accepté de partager leur plus belle histoire.

Un pont entre le passé et l’avenir

« Monsieur a 49 ans, marié, deux jeunes filles en bas âge. Il est actionnaire minoritaire d’une grande société connue au Québec. Mais il est malheureusement atteint d’un cancer et il décède. Je reçois l’appel de la veuve : Monsieur avait des biens personnels et une assurance vie, dont Madame avait déjà hérité. Elle avait donc quelques projets dont elle souhaitait me faire part.

Nous l’avons cependant surtout amenée sur un autre terrain. Car elle n’avait pas réalisé qu’elle avait droit à des parts dans l’entreprise de son défunt mari. Des actions qui équivalaient tout de même à 1,7 million de dollars. Sachant cela, il fallait encore jouer juste pour ne pas qu’elle se retrouve avec une facture fiscale faramineuse. On a fouillé. On s’est rendu compte qu’elle détenait également d’autres sociétés par actions. On a fait des fusions de sociétés, créé des pertes, etc. Au bout du compte, elle n’a pas payé une cenne d’impôts. Et dans le même temps, nous sommes aussi parvenus à réduire la facture fiscale du défunt.

Dominic Paquette

Bref, on se retrouve aujourd’hui avec une femme dans la mi-quarantaine et deux jeunes filles qui peuvent prendre un nouveau départ avec une très bonne sécurité financière. Ce qui a été primordial, c’était de ne pas s’en tenir à la situation présente, mais d’aller fouiller dans l’histoire de Monsieur, du couple et de l’entreprise. Nous avons eu ce réflexe, qui a permis de bâtir un pont solide entre le passé et l’avenir de Madame. »

Dominic Paquette, président et fondateur de Partenaire-Conseils Groupe financier


« Nous changeons la vie de 400 familles. »

« Pour les personnes handicapées et leurs familles, les défis en matière de finances personnelles sont immenses. Premier d’entre eux : l’information. Il existe de nombreuses aides, qu’elles soient fiscales ou gouvernementales. Mais ces gens-là ont déjà tellement de choses à gérer au quotidien qu’ils n’ont ni le temps, ni l’énergie, ni parfois la capacité physique, intellectuelle ou psychologique de s’y intéresser. À Finandicap, nous les prenons par la main. Nous accompagnons environ 400 familles; je peux donc affirmer que nous changeons la vie de 400 familles.

Guillaume Parent

Je me souviens notamment de cette mère d’un enfant autiste. Issue d’un milieu à faible revenu, elle ne savait pas qu’elle avait droit à des prestations de solidarité sociale, ni même qu’elle pouvait réclamer des crédits d’impôt. Nous l’avons fait et, grâce à la rétroactivité, elle a reçu un gros chèque qui lui a permis d’offrir un suivi psychologique à son enfant et d’ouvrir un régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI), de manière à assurer la sécurité financière de son fils à plus long terme.

Il y a aussi cette personne devenue handicapée après avoir travaillé une vingtaine d’années. En l’absence d’assurance invalidité, nous avons dû revoir toute sa planification financière afin de lui octroyer des revenus décents entre ses 45 et ses 65 ans. En changeant l’ordonnancement du décaissement de ses REER et en utilisant son CELI, nous sommes parvenus à augmenter ses rentes. Je crois pouvoir affirmer que, là encore, ça a pas mal changé sa vie. »

Guillaume Parent, fondateur de Finandicap


« Vous m’avez fait réaliser que je suis riche ! »

« Caroline est un personnage franchement original. Femme d’affaires, quinquagénaire, mariée, deux filles de presque 20 ans, spontanée et observatrice; sa courtoisie et sa gentillesse cachent un sens inné de la petite phrase assassine. Lorsque je l’ai rencontrée voilà quatre ans, elle venait de vendre une de ses entreprises et se retrouvait à la tête d’un petit pactole de dix millions de dollars en dormance sur un compte courant… en plus des 700 000 dollars que valait son REER. Partie de rien, avec juste un beau diplôme en poche, elle continuait à se comporter en pauvresse. En fait, son argent ne fructifiait pour ainsi dire pas.

Jean Dupriez

Nos rendez-vous avaient beau être animés et de plus en plus amicaux, rien n’avançait puisqu’elle ne daignait pas suivre mes conseils. Jusqu’au jour où je lui ai proposé un cours 101 sur l’investissement. Après cela, elle a mis de l’ordre dans ses finances. Ça a encore pris quelques années, mais elle a fini par confier sa fortune à deux gestionnaires dans deux grandes institutions canadiennes et elle semble être satisfaite des résultats.

Elle ne le sait pas mais, dans cette histoire, elle m’a fait deux cadeaux. Le premier, le jour où, sur le quai de la gare après une de nos consultations, elle m’a lancé : « M. Dupriez, merci de m’avoir fait réaliser que je suis riche ! » Le deuxième en allumant chez moi l’étincelle nécessaire à la réalisation d’un projet que j’avais au fond de moi depuis longtemps, celui de mettre sur pied un cours de finance personnelle pour débutants. Ce à quoi j’occupe la majeure partie de ma nouvelle vie de semi-retraité. »

Jean Dupriez, planificateur financier, Valimax


Une succession qui se termine bien

« Jocelyne a 70 ans et vient de perdre son conjoint lorsqu’elle me contacte. Jean avait fondé une entreprise qui fabriquait des étagères en bois. C’était un homme d’affaires habile, respecté, un très bon gestionnaire, un philanthrope aussi, quelqu’un qui n’avait pas terminé son secondaire mais qui avait un bon jugement et un talent évident pour les affaires. Il possédait également des immeubles à revenus et un patrimoine diversifié. À son décès, Jocelyne se trouve aux prises avec une succession compliquée. Elle a deux filles adoptives avec lesquelles elle n’a plus de contacts.

Toute la succession lui revient, mais elle ne sait pas comment la régler. Elle n’a pas de relève, personne dans son entourage à qui léguer les affaires de son conjoint, et plusieurs comptes de fournisseurs à payer. Quand elle arrive dans mon bureau, elle est en plein désarroi et tourmentée par la nécessité de préserver les emplois.

Jean-Guy Grenier

Le contremaître de l’entreprise s’appelle Yves. Début cinquantaine, lui non plus n’a pas terminé son secondaire, mais il demeure un habile opérateur de machinerie. Problème : il n’a pas les moyens de racheter la compagnie… qui est pourtant à lui aujourd’hui ! Grâce à un gel successoral, on lui a permis d’acquérir à son rythme les actions de l’entreprise, d’une valeur de six millions de dollars. Parce que c’était l’homme de confiance de Jean, Jocelyne lui a fait confiance, au point de lui accorder un solde de prix de vente de 100 %, qui a été remboursé au fur et à mesure, avec les profits nets de l’entreprise.

Cette histoire date de quatorze ans. L’entreprise existe toujours, elle s’est même agrandie et le chiffre d’affaires a quadruplé. Quant à Jocelyne, elle a quatre-vingt six ans. Elle m’a écrit pour les Fêtes… elle revenait tout juste de croisière ! »

Jean-Guy Grenier, BAA, CMC, Adm.A., Pl. Fin., directeur régional service Elite, Desjardins Sécurité financière


Faire des affaires l’esprit libre

« J’ai une longue carrière derrière moi et donc de nombreuses belles histoires, mais si je devais choisir, je m’arrêterais non pas sur une, mais sur deux d’entre elles, qui ont d’ailleurs plusieurs points communs.

Mes deux clients étaient de jeunes entrepreneurs, récemment arrivés dans les affaires, mariés et ayant des enfants. Ils avaient sensiblement le même profil. Je vous parle de dossiers qui remontent au début des années 1960 pour le premier, et dans les années 1970 pour le second. Ces deux pères de famille avaient souscrit de gros montants d’assurance vie, avec un objectif en tête : pouvoir mener leurs affaires comme bon leur semblait sans mettre leur famille dans le trouble si jamais ils décédaient. L’un d’eux a même exigé que son épouse soit nommée bénéficiaire irrévocable de sa police. D’aucune manière, il ne souhaitait avoir sa famille à l’esprit lorsqu’il aurait des décisions à prendre dans le cadre de ses affaires.

Robert A. Faust

Ces deux hommes sont toujours vivants. Le premier dispose aujourd’hui d’un capital que les journaux financiers évaluent à plusieurs centaines de millions de dollars et, d’après moi, le second a accumulé plus de cinquante millions.

Ces deux hommes savaient ce qu’ils voulaient et je les ai accompagnés, conseillés, aidés à prendre les bonnes décisions afin de mettre leurs familles à l’abri. Le cerveau travaille mieux lorsqu’il n’a qu’un seul sujet à traiter. En l’occurrence, lorsque les décisions d’affaires ne sont pas faussées par d’autres considérations ou par la peur. Mes deux clients ont pu prendre les risques nécessaires à la bonne marche de leur entreprise. En cela, je crois, j’ai un peu changé leur vie. »

Robert A. Faust, conseiller en sécurité financière, Le Groupe Faust


• Ce texte est paru dans l’édition de mars 2015 de Conseiller. Pour télécharger le PDF, cliquez ici.
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