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Aura-t-on encore besoin des banques?

16 octobre 2015 | Pierre-Luc Trudel | Commenter

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Au même titre qu’Amazon a bousculé le monde du commerce de détail, de nombreuses sociétés technologiques sont en train de modifier profondément l’offre et la distribution des produits et services financiers. Plus besoin d’une banque pour obtenir un prêt à l’ère de la désintermédiation.

« Aujourd’hui, les FinTech réussissent à opérer là où les banques opèrent mal, ou même pas du tout », a affirmé Sylvain Fagnent, consultant au cabinet de conseil français OCTO Technology, lors d’un panel organisé mercredi dans le cadre du Forum FinTech de Montréal. « Les sociétés de prêt en ligne offrent une expérience utilisateur hors norme et des technologies matures développées par les géants du web comme Google », a-t-il ajouté.

Selon Noah Breslow, président-directeur général de OnDeck, une de ces sociétés de prêt en ligne, le modèle d’affaires des banques ne permet pas de répondre adéquatement aux besoins de financement des petites entreprises.

« Dans les banques, il y a des services pour les consommateurs d’un côté et des services pour les entreprises de l’autre. Les petites entreprises sont dans le vide quelque part entre les deux, soutient-il. L’explosion des data a permis de créer un marché pour les sociétés web offrant du financement. »

Ces nouvelles approches du financement, qui permettent de court-circuiter les banques traditionnelles, amènent un changement de comportement, croit pour sa part Jeff Mitelman, PDG et cofondateur de Thinking Capital, une autre société de prêt en ligne.

« Les entreprises en démarrage ont peur du rejet quand elles demandent des fonds. Avec nous, plus besoin d’avoir un long historique de crédit. Nous accordons du financement en fonction de la santé globale de l’entreprise et de l’environnement dans laquelle elle évolue. La technologie nous a permis de développer un modèle d’affaires plus flexible », explique-t-il.

Sur son site web, OnDeck affirme ainsi « être en mesure de dire oui plus souvent et plus rapidement que les prêteurs traditionnels ».

Face aux détracteurs de cette tendance vers la désintermédiation des services financiers, Jeff Mitelman répond ceci : « Quand les guichets automatiques ont fait leur apparition il y a une quarantaine d’années, plein de gens disaient que ça ne fonctionnerait jamais. On sait ce qui est finalement arrivé. »

RÉINVENTER LE MÉTIER DE BANQUIER

« Les consommateurs veulent plus de transparence, moins de frais et des options d’investissement plus accessibles », résume Mike Katchen, fondateur et PDG de WealthSimple, une FinTech qui offre des solutions d’investissement indicielles à faible coût aux particuliers. Dans sa quête pour réinventer le métier de banquier, le jeune dirigeant se dit « obsédé par l’expérience client ».

En lien avec cette obsession de l’expérience client, le secret du succès des sociétés FinTech repose sur leur capacité à recruter les meilleurs talents, sont d’avis les quatre membres du panel.

« Chez nous, la technologie n’est pas un cost center comme dans les banques, c’est le cœur de nos activités. C’est donc plus facile d’attirer des gens qui ont travaillé dans des grandes compagnies technos », croit Mike Katchen.

« Dans les grandes sociétés, les gens ne voient pas comment leurs tâches quotidiennes contribuent au succès global de l’entreprise, contrairement aux petites organisations plus souples », ajoute Noah Breslow.

Cela dit, certaines institutions financières ont commencé à prendre conscience du retard qu’elles accusaient dans certains domaines et à entamer leur transformation, explique Sylvain Fagnent.

« Des banques comme ING et Capital One ont repensé leur manière de faire. En éliminant des niveaux hiérarchiques et en mettant sur pied des structures plus agiles, ING est maintenant en mesure d’offrir plus d’autonomie à ses équipes pour que celles-ci puissent innover. Cette façon de travailler est une évidence dans les start-ups, mais beaucoup moins dans les grandes banques », estime-t-il.

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