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Avenir de la CSF : Marie Elaine Farley en mission de sauvetage

21 avril 2016 | Pierre-Luc Trudel | Commenter

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marie_elaine_farley_425La présidente de la Chambre de la sécurité financière (CSF), Marie Elaine Farley, a livré un vibrant plaidoyer en faveur de l’organisme d’autoréglementation mercredi, alors que son avenir est incertain.

Profitant de sa tribune au Colloque de conformité du Conseil des fonds d’investissement du Québec (CFIQ), Mme Farley a affirmé que « se priver d’un modèle innovant comme celui de la CSF serait l’équivalent d’un retour aux structures d’avant-guerre, éloignées du public et des conseillers ».

La présidente a expliqué que la CSF n’était pas contre le progrès et qu’elle était même prête à revoir sa structure, mais que la révision et la simplification des lois ne devaient pas se faire au détriment de la protection du public.

« La réglementation doit évidemment évoluer au gré des transformations de l’industrie financière, mais le devoir de protéger les épargnants doit demeurer le même. La protection du public doit passer avant les intérêts commerciaux et la notion d’efficience », a-t-elle déclaré.

Rappelons que certains acteurs de l’industrie, dont Desjardins, pointent du doigt les « coûts élevés » engendrés par la double réglementation de l’AMF et des Chambres.

UNE QUESTION DE CONFIANCE

Selon elle, un « manque d’équilibre dans la nouvelle législation serait une erreur coûteuse ».

« Dans la modernisation des lois, on a souvent tendance à vouloir responsabiliser les consommateurs en leur fournissant davantage d’information, mais il y a des limites à ne pas franchir », a insisté la présidente.

Bien que les technologies aient modifié les comportements des épargnants, ils ont plus que jamais besoin des services professionnels offerts par les conseillers, croit Mme Farley. « Ce n’est pas parce que les consommateurs ont accès à plus d’informations qu’ils sont devenus plus avertis du jour au lendemain. »

La confiance joue un rôle déterminant dans l’industrie du conseil. Avec la surveillance de la CSF, l’industrie se donne une crédibilité essentielle, a-t-elle ajouté. « La justice disciplinaire de la Chambre fait avancer la pratique de la profession tout en décourageant les comportements inappropriés. »

Or, la disparition de la Chambre aurait pour effet de diminuer l’accès au conseil financier, a soutenu Marie Elaine Farley, ce qui serait « catastrophique ».

UNE SURVEILLANCE CENTRALISÉE COÛTEUSE

La présidente de la CSF soutient que les avantages de l’autoréglementation ont tendance à être sous-estimés dans les discours entourant la modernisation des lois du secteur financier.

« Le modèle d’autoréglementation doit plus que jamais faire partie de la solution. C’est une tendance mondiale. Les autres provinces canadiennes veulent même s’inspirer de ce qui se fait au Québec », a-t-elle argumenté.

Mme Farley a aussi mentionné qu’une surveillance centralisée, qui devrait avoir à l’oeil des dizaines de milliers de certificats, serait coûteuse et moins efficace que les professionnels de la CSF, qui disposent d’une « connaissance fine » de leur secteur.

« La Chambre a fait ses preuves et ne coûte rien à l’État », a-t-elle plaidé, ajoutant que la « segmentation de la réglementation » n’est pas une option, en allusion au caractère multidisciplinaire de la Chambre.

« Pour progresser en tant qu’industrie, il ne faut surtout pas affaiblir les structures d’encadrement et mettre en péril la protection des épargnants. Pourquoi faut-il réinventer ce qui fonctionne déjà bien? » , demande-t-elle.

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