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Biotechs canadiennes : crise de financement dans les entreprises ouvertes

21 mai 2008 | Commenter

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Rien ne va plus dans le secteur canadien de la biotechnologie, rapporte une étude de la firme Ernst & Young. En 2007, la capitalisation boursière des biotechs a chuté de 26 %, le financement destiné aux sociétés a reculé de près de 900 millions de dollars US, et le nombre d’entreprises a diminué de 14 % par suite des regroupements longtemps attendus.

Il faut dire que le fléchissement du cours de l’action de la plupart des entreprises de biotechnologie effraie les investisseurs, dit Ernst & Young. C’est pourquoi il ne se passe rien sur le marché des premiers appels publics à l’épargne (PAPE) au Canada depuis 2005. Par exemple, il n’y a eu qu’un seul PAPE au Canada en 2007. Résultat : les sociétés ouvertes sont forcées de former prématurément des partenariats pour leurs médicaments, ou à une valeur inférieure à la valeur optimale, parce qu’elles ont du mal à financer les essais cliniques coûteux.

«Sans un solide marché public disposé à investir dans les actions des sociétés de biotechnologie, le financement par capital de risque sera limité à une poignée de sociétés fermées prospères. Et le réservoir de ces sociétés risque fort de diminuer à mesure que celles-ci se tournent vers l’étranger pour trouver du financement», a indiqué Sylvain Boucher, associé du groupe Marchés de croissance et en émergence d’Ernst & Young.

Pour freiner cette tendance, on pense à lancer des actions accréditives. Les crédits d’impôt pour la recherche et le développement remboursables offerts aux sociétés ouvertes et les programmes de participation à du capital d’amorçage pour les entreprises en démarrage doivent tous être envisagés.

Le succès commercial des biotechs doit figurer au premier rang des priorités du secteur. En effet, les portefeuilles de produits sont en stade clinique avancé, et ils peuvent rendre le marché public des actions de biotechnologie «plus attrayant que jamais». Mais pour y arriver, il faudra beaucoup de soutien «de la part du secteur même et du secteur public», estime Sylvain Boucher.

La situation précaire des biotechs canadiennes à capital ouvert est d’autant plus frustrante que, pour ce qui est des entreprises à capital fermé, le financement par capital de risque a bondi de 72 % en 2007. À l’échelle mondiale, le rapport d’Ernst & Young révèle que le financement par capital de risque a atteint un sommet historique en 2007, les investissements totalisant quelque 7,5 milliards de dollars US. Les sociétés des Amériques et d’Europe ont mobilisé plus de 29,9 milliards de dollars US. C’est un nouveau record, exclusion faite de la bulle insensée de la génomique en 2000. Les revenus mondiaux des sociétés ouvertes de biotechnologie ont progressé de 8 % en 2007, franchissant ainsi le seuil de 80 milliards de dollars US pour la première fois.

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