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Économie

BRIC : une « irrésistible » occasion de placement

5 juillet 2012 | Ronald McKenzie | Commenter

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Les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) ont vu leur économie croître de 400 % au cours de la dernière décennie et sont sur le point de représenter 20 % du PIB mondial, signale le Fonds monétaire international.

Mais, à cause de leurs déboires sur les parquets, ils ne comptent que pour 16 % de la capitalisation boursière mondiale. Cet écart de 4 % constitue une occasion de placement « irrésistible » aux yeux de Jim O’Neill, président de Goldman Sachs Asset Management et créateur, en 2001, de l’acronyme BRIC.

« La dernière fois que cet écart était si prononcé, c’était en 2005. L’indice MSCI BRIC avait alors bondi de 53 % en 12 mois, doublant l’indice mondial MSCI », fait-il remarquer. À moins d’un écroulement des économies émergentes, ce dont il doute, « il s’agit d’une occasion en or pour les investisseurs », ajoute Jim O’Neill. Selon lui, les pays du BRIC généreront 27 % du PIB mondial d’ici 2020, et leur capitalisation boursière devrait épouser la même tendance.

Le professeur Burton Malkiel, de l’université Princeton, partage cet optimisme. Les indices qui pistent le BRIC s’échangent actuellement à des ratios avantageux, dit l’auteur du best-seller Une Marche au hasard à travers la Bourse (A Random Walk Down Wall Street). Leurs cours représentent 8,9 fois les bénéfices, alors qu’ils se situaient à 13 fois les bénéfices au cours des trois dernières années. En comparaison, l’indice mondial MSCI s’échange présentement à 14 fois les bénéfices. Autrement dit, les actions du BRIC sont bon marché par rapport à des données comparables.

Si les cours du BRIC sont mis à rude épreuve ces temps-ci, c’est que l’économie de ces pays réagit négativement à plusieurs facteurs. La crise financière en Europe et la stagnation de la reprise au États-Unis les affectent particulièrement. Au Brésil, par exemple, les faillites personnelles sont en hausse et atteignent un sommet des 30 derniers mois. La production de pétrole en Russie tourne au ralenti, les prix à l’exportation ayant reculé de 10 % depuis un an. En Inde, le gouvernement est aux prises avec un déficit budgétaire si considérable que les agences internationales de notation songent à abaisser sa cote de crédit.

En deux mots, les investisseurs en quête de rendements supérieurs devront s’armer de patience et de sang-froid. « Le marché des actions est un indicateur précurseur de l’économie. Le recul des cours du BRIC laisse entendre que ces pays émergents pourraient connaître des difficultés supplémentaires. Les profits des entreprises risquent de ne pas être au rendez-vous pendant quelque temps », dit Michael Shaoul, président de la firme new-yorkaise Marketfield Asset Management.

Cette conjoncture n’effraie pas Jonathan Garner. Au contraire, elle pousse le chef stratège, actions asiatiques et des pays émergents, à la firme Morgan Stanley, à faire le plein d’actions du BRIC. « Le ralentissement économique dans les pays du BRIC ne surprend plus personne. Cette donnée est déjà intégrée dans les cours actuels. En revanche, ce qui n’est pas intégré, c’est la capacité de ces pays à faire augmenter leur PIB à un rythme accéléré durant le prochain semestre », estime Jonathan Garner.

Le stratège n’hésite donc pas. Il a surpondéré ses portefeuilles en actions de la Chine et de la Russie. Pour l’Inde et le Brésil, il a conservé une pondération égale à celle que l’on trouve dans les indices qui suivent le BRIC.

Beaucoup d’investisseurs pourraient suivre les recommandations de Jonathan Garner. Les deux dernières fois qu’il a mis résolument le cap sur les titres de ces pays (octobre 2008 et décembre 2011), l’indice MSCI BRIC a progressé d’au moins 8 % en moins de trois mois.

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