A A A
Économie

Ça y est, c’est la récession. À quoi doit-on s’attendre?

2 septembre 2015 | La rédaction | Commenter

  • commenter
  • envoyer
  • imprimer

L’économie canadienne s’est contractée pour un deuxième trimestre consécutif depuis le début de l’année, entraînant du même coup le pays sur le territoire de la récession technique, qui pourrait toutefois s’avérer de courte durée, selon des économistes interrogés par la Presse Canadienne.

Les données publiées hier par Statistique Canada démontrent une baisse de 0,5 % du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre. Il s’était déjà contracté de 0,8 % pendant les trois premiers mois de l’année.

En comparaison, l’économie américaine a progressé de 3,7 % lors du deuxième trimestre.

Dans son plus récent rapport, l’agence fédérale souligne avoir révisé le recul de 0,6 % initialement constaté au premier trimestre puisque la performance de l’économie canadienne a finalement été plus faible que prévu au cours de cette période.

Cette première récession technique en six ans est attribuable principalement à la déprime des prix dans les matières premières, notamment du côté du pétrole ainsi que du gaz.

CERTAINES PROVINCES TOUCHÉES PLUS FORTEMENT

« Le mot récession peut soulever de nombreuses inquiétudes et c’est pourquoi nous qualifions celle-ci de « technique ». C’est que l’amplitude du recul du PIB réel au cours des deux premiers trimestres de 2015 est beaucoup plus faible que les baisses observées lors des épisodes précédents de récession », note l’économiste principal au Mouvement Desjardins, Benoit Durocher dans une note publiée par l’institution.

« Les difficultés sont surtout concentrées au sein de certains secteurs, soit l’énergie, les mines ainsi que la fabrication, et sont également concentrées dans les provinces productrices de pétrole, soit l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador. Les perspectives demeurent donc plus favorables ailleurs au pays », ajoute M. Durocher

Statistique Canada a toutefois constaté une certaine reprise économique en juin, où le PIB a affiché une progression de 0,5 %, mettant ainsi fin à une glissade qui s’est échelonnée sur cinq mois.

« C’est l’élément le plus encourageant (des données de Statistique Canada), affirme Benoît Durocher. Cela n’a pas été suffisant pour sauver le deuxième trimestre, mais il permet d’entreprendre le troisième sur une note positive. C’est bon signe pour un retour à la croissance économique dès le troisième trimestre. »

FINANCE ET ASSURANCES 

Pour sa part, le secteur de la finance et des assurances a avancé de 0,7 % en juin, alors que le secteur des arts et spectacles a bondi de 6,4 %, notamment grâce à la présentation de la Coupe du monde féminine de soccer de la FIFA à travers le pays.

Dans ses plus récentes prévisions, effectuées à la mi-juillet, la Banque du Canada a dit anticiper une croissance de 1,1 % de l’économie canadienne en 2015.

« PAS DE DÉTRESSE MAJEURE »

« La ponction dans le secteur pétrolier est très grande, mais la croissance demeure au rendez-vous dans presque tous les autres secteurs, a analysé l’économiste en chef adjoint de la Banque Laurentienne, Sébastien Lavoie. Il n’y a pas de détresse majeure. »

Il faut remonter à 2009, lors de la dernière récession mondiale, pour observer une contraction de l’économie canadienne pendant deux trimestres consécutifs. Le PIB avait alors fléchi de 8,7 % au premier trimestre et de 3,6 % lors des trois mois suivants.

Au deuxième trimestre de 2015, en dépit de la contraction du secteur des ressources naturelles, d’autres indicateurs, comme les dépenses des ménages, se portent un peu mieux, a noté hier Statistique Canada.

Alors que les taux d’intérêt demeurent faibles, l’agence fédérale a observé une progression de 0,6 % des dépenses des consommateurs d’avril à juin, ce qui est en grande partie attribuable aux achats liés au transport, en hausse de 1,5 %. Pour les trois premiers mois de l’année, les dépenses des ménages avaient légèrement augmenté de 0,1 %.

« Le pire est derrière nous, a estimé l’économiste en chef adjoint de la Banque Laurentienne. La croissance sera au rendez-vous au cours des prochains mois. La locomotive principale sera les exportations, principalement vers les États-Unis. »

La rédaction vous recommande :

Loading comments, please wait.
Rogers médias numériques