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Campagne de l’AMF : des réactions

8 mars 2012 | Ronald McKenzie | Commenter

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« Je trouve cette campagne très intéressante. Elle attire l’attention et elle a le mérite de laisser ceux qui voient le message publicitaire avec une démarche concrète pour diminuer les risques d’être victime d’une fraude, soit celle de se poser 5 questions. »

C’est en ces termes que Luc Labelle, président et chef de la direction de la Chambre de la sécurité financière, a accueilli la plus récente initiative de l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour sensibiliser les consommateurs à la fraude financière.

Cette campagne multi-plateforme de 1 million de dollars a pour but d’amener les Québécois à « adopter les bons réflexes qui permettent de mieux se prémunir contre la fraude », explique l’AMF. Lancée le 4 mars dernier, elle se poursuivra jusqu’au 8 avril et sera reprise en octobre prochain.

Par retour de courriel, l’Institut québécois de planification financière nous a indiqué que sa présidente, Jocelyne Houle-LeSarge, se dit « heureuse qu’il existe une telle campagne pour sensibiliser la population ».

Les conseillers indépendants, eux, expriment plus de critiques. « Nous croyons qu’il est louable et tout à fait légitime que les consommateurs soient mieux informés. Nous sommes d’accord pour qu’ils se renseignent davantage auprès de leur conseiller, qu’ils améliorent leurs connaissances en matière de finances personnelles. Mais nous nous interrogeons sur le discours de l’AMF », dit Léon Lemoine, porte-parole du Regroupement indépendant des conseillers de l’industrie financière du Québec (RICIFQ).

À titre d’exemple, il note le contenu de l’une des capsules qui dit que les épargnants courent 560 000 fois plus de risques d’être victime de fraude financière que de gagner le gros lot à la loterie. « Que retient le consommateur d’un tel message? Que les ‘chances’ d’être victime de fraude financière au Québec sont faramineuses, que les fraudeurs pullulent! », déplore Léon Lemoine.

En ce qui concerne les cinq fameuses questions destinées « à éviter le pire », elles ne concernent que les conseillers. « On ne dit jamais que le fraudeur pourrait être une firme ou un cabinet. On ne cible que les individus. » Résultat : les consommateurs pourraient développer le réflexe de ne pas traiter avec une personne et d’opter plutôt pour une institution financière.

Le RICIFQ se désole également que l’AMF prenne les épargnants pour des gens naïfs. « Nos clients sont beaucoup plus connaissants et vigilants. Oui, ils doivent en apprendre davantage. Mais, lorsqu’ils font affaire avec nous, ils s’adressent à des professionnels reconnus et certifiés. Quand vous subissez une opération cardiaque, avez-vous besoin de savoir le numéro de série de la valve que le chirurgien va installer? Devriez-vous obtenir un permis en placement avant de rencontrer un conseiller? », ironise Léon Lemoine.

En résumé, le RICIFQ trouve dommage que le ton de cette campagne de sensibilisation de l’AMF n’ait pas changé par rapport à celui employé dans Avant d’investir, investiguez. Encore une fois, on fait porter aux épargnants l’entière responsabilité de leurs choix.

« Jamais on ne verrait le Barreau du Québec ou le Collège des médecins mener de telles campagnes auprès du public », dit Léon Lemoine.

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