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Campagne de l’AMF, pour protéger les consommateurs ? : vos réactions

4 décembre 2009 | Commenter

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Vous avez été nombreux à réagir au plus récent Point de vue, intitulé Campagne de l’AMF : pour protéger les consommateurs ? (en hyperlien à la fin de ce texte), que signe Yves Bonneau, le rédacteur en chef du magazine Conseiller. Il y exprime notamment ses réserves face à la campagne médiatique, intitulée « Avant d’investir, investiguez !, que l’Autorité des marchés financiers a lancée début novembre.

« Avant d’investir, investiguez ! tient davantage du calembour de publicitaire qui sied bien à M. Mongrain que d’une quelconque réalité sur le terrain », écrit-il notamment dans son Point de vue. Plus loin, il ajoute : « Ironie du sort, quelques jours après le début de la campagne, La Facture, de Radio-Canada, nous apprenait que la conseillère Saverina Cottone du cabinet First Canadian Financial Services a fraudé ses clients de la communauté italienne pour près d’un million de dollars. Le scénario se répète encore. Et les improbables clients suspicieux (tous lui vouaient une confiance aveugle) qui auraient voulu investiguer se seraient fait dire par l’AMF que Mme Cottone était inscrite. Même si elle était sous enquête, cela constitue une information confidentielle, donc inaccessible aux consommateurs. »

Vos réactions
« Depuis quatre ans, la majorité des conseillers et le Regroupement indépendant des conseillers de l’industrie financière du Québec (RICIFQ) demandent que le Fonds d’indemnisation des services financiers (FISF) soit géré par un autre organisme que l’AMF, écrit Larry Bathurst, AVA et Pl. fin. Lorsque le FISF a été créé, sa gestion était indépendante du Bureau des services Financiers (BSF). Lorsque le BSF a été remplacé par l’AMF, cette dernière a pris en main la gestion du FISF… avec les résultats qu’on connaît: selon plusieurs, des décisions d’indemnisation plus politiques et subjectives, versus objectives. »

« Dans le cas de la conseillère Cottone, comment a-t-il été possible pour l’AMF de lui réémettre un permis ?, se demande-t-il. Il serait intéressant de voir la demande de permis soumise par Mme Cottone. Le formulaire de demande contient des questions concernant la supension et la radiation passée, ainsi que des questions sur les antécédents légaux, la faillite, etc… Il y a 2 possibilités :

  • La dame a déclaré ses vrais antécédents : dans ce cas, l’AMF dormait au gaz… OU
  • Elle a fait des fausses déclarations. Une telle situation m’inquièterait passablement, puisque les fausses déclarations n’auraient pas été décelés par l’AMF.

Tant que les clients ne comprendront pas vraiment le fonctionnement de la distribution des services financiers et les titres, ils ont beaucoup plus de chances de se faire prendre. Au Québec, depuis la loi 188, la distribution navigue en zone grise et même certains intervenants de l’industrie de s’y retrouvent pas », conclut M. Bathurst.

« Frustrée et dégoûtée »
« Je suis frustrée et dégoûtée face à l’utilisation que l’AMF fait du FISF, écrit de son côté une planificatrice financière montréalaise, qui a souhaité grader l’anonymat. J’approuve entièrement votre opinion [ndlr : celle de M. Bonneau] selon laquelle ce fonds devrait lui être retiré et ce, pour les mêmes raisons. Les conseillers honnêtes, pour la très grande majorité, n’ont aucun droit de parole. C’est aberrant, estime-t-elle. Mais nos  cotisations augmentent à un rythme intenable. […] Il me semble que cet organisme étouffe la profession au lieu de collaborer. »

« C’est toujours avec beaucoup d’intérêt (et de curiosité) que je lis les articles de Conseiller.ca. Le dernier qui a été écrit par M. Bonneau est d’une excellente qualité et démontre un grand esprit d’analyse et de rationalité, écrit un autre lecteur qui souhaite également garder son anonymat. Je ne peux m’empêcher d’y déceler une note d’amertume, sinon de doute, envers la compétence et la pertinence de l’AMF et je tiens à vous dire que je ressens la même chose envers l’AMF moi-même. De plus, comme M. Bonneau, je trouve la phrase accrocheuse (Avant d’investir, investiguez !) bien désolante et insignifiante, même si techniquement et grammaticalement correcte. Mais encore, faudrait-il qu’il y ait un organisme digne de foi qui nous aide à justement, investiguer. C’est en cela que mon opinion épouse celle de M. Bonneau. »

« L’AMF a perdu toute crédibilité à mes yeux, ajoute-t-il, et je peux le dire en tant que simple consommateur. » […]

« Je ne voudrais pas être conseiller financier ces jours-ci, conclut-il. J’ai d’ailleurs mis les choses au clair avec celui qui aimerait devenir le mien. Je fais mes propres erreurs et je n’ai pas besoin de payer personne pour les faire à ma place. »

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