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Justice

Carole Morinville libérée

17 novembre 2010 | Commenter

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fraude_justice_enquete_426Comme aucune accusation n’a été déposée mercredi contre Carole Morinville, appréhendée mardi matin par la Sûreté du Québec (SQ), l’ancienne conseillère financière a été relâchée à l’issue de plusieurs d’heures d’interrogatoire.

La Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP), un organisme indépendant du ministère de la Justice du Québec qui prend la décision de porter des accusations criminelles, n’a pas encore reçu le rapport d’enquête de la SQ dans le dossier de Carole Morinville. L’AMF a déjà indiqué qu’elle ne porterait pas d’accusations pénales contre Carole Morinville si des accusations criminelles sont déposées par la Couronne.

La SQ poursuit son enquête.

Mardi matin, une perquisition a été menée dans la résidence de Carole Morinville, située dans le secteur Île-des-Soeurs de l’arrondissement Verdun, à Montréal. Les policiers ont notamment emporté du matériel informatique. Cette opération faisait suite à une enquête conjointe de la SQ et de l’Autorité des marchés financiers (AMF) amorcée en août dernier, lorsque les premières plaintes ont été reçues par l’AMF.

La SQ a confirmé qu’une autre personne avait été arrêtée, mardi, au même domicile. Un quotidien montréalais rapporte qu’il s’agirait d’Annie Berger, adjointe et collaboratrice de longue date de Carole Morinville, qui a aussi été arrêtée puis relâchée après plusieurs heures d’interrogatoire.

Comme aucune accusation criminelle n’a été déposée, la Sûreté a refusé de confirmer l’identité des deux personnes arrêtées mardi matin.

Mme Morinville est soupçonnée par l’AMF d’avoir élaboré une fraude à la Ponzi dont l’ampleur reste à déterminer. Selon La Presse Affaires, le montant de la fraude s’élèverait à 3,5 millions $.

Au départ, l’AMF avançait le chiffre de 1,5 million $. Or, à ce moment, il était question d’une trentaine ou d’une quarantaine de victimes, mais ce nombre atteint maintenant la soixantaine, de sorte que l’ampleur de la fraude présumée devra être revue à la hausse. L’une de ses victimes, l’actrice Karine Vanasse, poursuit Carole Morinville au civil pour 125 000 $.

La perquisition chez Carole Morinville est survenue quelques jours après que la Sûreté du Québec eut rencontré le syndic nommé par la Cour supérieure pour administrer la faillite de l’ancienne conseillère en sécurité financière et conseillère en assurance et rentes collectives. Le syndic Noubar Boyadjian a partagé les informations qu’il a recueillies dans le dossier Morinville avec la Sûreté du Québec.

En août dernier, l’AMF a notamment gelé les comptes bancaires de Mme Morinville ainsi que ceux de son conjoint, Roberto Diano. Elle a été mise en faillite le 25 août.

Courtière au Québec depuis une vingtaine d’années, Mme Morinville comptait plusieurs clients dans le milieu artistique. La Montréalaise de 50 ans a été radiée provisoirement de la Chambre de la sécurité financière en juillet dernier.

Le comité de discipline de la Chambre lui reprochait plusieurs infractions à la déontologie, dont celle de s’être attribué une somme de 227 000 $ que lui avaient confiée des clients à des fins d’investissement.

Le fait qu’elle avait déjà des antécédents disciplinaires avait incité la Chambre à intervenir rapidement. La radiation provisoire avait été ordonnée dans ce dossier en raison de la gravité des gestes qu’on reproche à Carole Morinville et « de la mise en péril de la protection du public que cela occasionne »

Carole Morinville doit comparaître devant le comité de discipline de la Chambre en janvier.

À ses clients, elle aurait promis des rendements de 5 % à 15 %, sans jamais mentionner sur quels titres elle souhaitait investir. Quand on lui demandait des relevés, elle les fabriquait, selon l’AMF.

Carole Morinville avait déjà été rappelée à l’ordre dans le passé, à l’époque de la Commission des valeurs mobilières du Québec, mais pour des infractions mineures.

Avec La Presse Canadienne


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