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Économie

Ce que nous enseigne l’histoire

19 décembre 2012 | Cimon Plante | Commenter

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L’écrivain et philosophe américain George Santayana a prononcé ces paroles : « Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter. »

Cela dit, vous trouverez intéressant le contenu de cette chronique si vous croyez, comme moi, que l’histoire s’avère être un guide efficace.

Nous allons donc analyser certaines données économiques des 112 dernières années afin d’en apprendre plus sur l’investissement.

Au début du siècle dernier, soit en l’an 1900, l’indice du Dow Jones se trouvait à 68 points. En se projetant en l’an 1921, le Dow Jones se trouva alors à 64 points. En d’autres mots, un investisseur n’aurait fait aucun gain en Bourse pendant 21 années.

Fait étonnant : durant la même période, le produit intérieur brut (PIB – indicateur économique utilisé pour mesurer la production d’un pays donné) des États-Unis augmentait de 6,25 % par année. Une telle croissance annuelle ferait actuellement l’envie de toutes économies occidentales.

Cimon Plante, Financière Banque Nationale

Par la suite, de 1921 à 1929 on assista à une embolie des marchés. Le Dow Jones atteignit un sommet de 381 points en 1929, un gain total de 495 %. Il serait juste de croire que la croissance économique de l’époque devait être exceptionnellement élevée pour justifier une telle performance alors que, durant les 21 dernières années, le marché n’avait pas bougé malgré une croissance du PIB de 6,25 %. Mais le PIB ne crût que de 4,37 % par année durant cette même période. De plus, selon le Bureau des statistiques américaines, il n’y a eu aucune inflation durant cet intervalle.

Après coup, de 1929 à 1949, le Dow Jones se retrouva à 162 points. Imaginez : le Dow Jones perdit plus de 50 % de sa valeur sur une période de 20 ans. Cependant, le PIB augmenta à un rythme de 4,85 % par année. Cette croissance se matérialisa malgré la Grande Dépression et la Deuxième Guerre mondiale.

Ensuite, de 1949 à 1966, le Dow Jones offrit un rendement annuel de 11 %, pour atteindre 989 points, pour une croissance du PIB de 6,57 % par année.

Ultérieurement, en 1982, le Dow Jones se retrouva à un creux, à 784 points. Même si le marché recula de 1966 à 1982, le PIB national américain, lui, augmenta à un rythme annuel de 9,27 % par année durant la même période.

Si vous aviez investi dans l’indice du Dow Jones lors de son creux en 1982 et aviez détenu cette position jusqu’à aujourd’hui, vous auriez réalisé un gain annuel d’environ 9,82 %.

Pendant ce temps, le PIB s’est accru de 5,43 % par année. Ces données incluent l’impact de la crise économique que nous venons de subir.

Pourquoi porter attention à ces données? En analysant ces résultats, on peut apercevoir qu’il existe de longues périodes de temps où il y a une disjonction entre la croissance d’une économie et le prix des actions.

En lisant les manchettes et plusieurs commentaires d’analystes, nous pouvons en venir à la conclusion que les marchés boursiers sont influencés directement par l’état actuel de l’économie

Il vrai que nous pouvons voir ces mouvements à court terme, mais l’histoire nous prouve qu’à long terme, une dichotomie peut survenir.

Mais pourquoi de tels phénomènes ont-ils lieu? C’est ce que Warren Buffet appelle l’investissement rétroviseur.

Comme nous venons de le décrire, il n’y a rien de mal à analyser le passé. Au contraire, l’histoire nous en apprend beaucoup. Mais, lorsque l’on jette un coup d’oeil dans le rétroviseur de notre voiture, nous ne fixons pas notre regard vers l’horizon lointain, nous apercevons uniquement ce qui est tout près derrière nous.

Une majorité des épargnants regardent le passé récent afin de planifier l’avenir de leurs placements.

Que voient ces investisseurs qui ont cette habitude? Ils ne voient que le désastre : une crise économique suivie de ses impacts et un portefeuille boursier qui n’a offert presque aucun rendement.

Il est alors compréhensible que peu de gens désirent investir dans les marchés s’ils projettent ces résultats vers l’avenir. Pourtant, l’histoire nous démontre que c’est durant des périodes de turbulences et de faible croissance économique qu’il est judicieux d’investir. Comme je l’ai mentionné dans un article précédent, ce qui augmente nos probabilités de gain dans l’avenir n’est pas l’état d’une économie, mais le prix que l’on paie pour un investissement, que ce soit pour l’achat d’une entreprise, d’un immeuble ou d’une action en Bourse.


J’ai rédigé le présent commentaire afin de vous donner mon avis sur différentes solutions et considérations en matière d’investissement susceptibles d’être pertinentes pour votre portefeuille de placements. Ce commentaire reflète uniquement mes opinions et peut ne pas refléter celles de Banque Nationale Groupe financier. En exprimant ces opinions, je m’efforce d’appliquer au mieux mon jugement et mon expérience professionnelle du point de vue d’une personne appelée à suivre un vaste éventail de placements. Par conséquent, le présent rapport représente mon opinion éclairée et non une analyse de recherche produite par le Service de recherche de la Financière Banque Nationale

 

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