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Immobilier

C’est officiel : les Québécois sont champions de la réno

26 juin 2014 | Yves Rivard | Commenter

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Alors que la grande vague des déménagements bat son plein au Québec, Études économiques Desjardins vient de publier les résultats d’une étude portant sur le binôme nomadisme-sédentarité. Les Québécois présenteraient une dynamique unique qui font d’eux les champions canadiens du déménagement et des férus de rénovation. Un contexte dont tout lecteur avisé pourrait tirer profit…

Selon l’étude, les dépenses liées à la rénovation seraient importantes et appelées à croître au-delà des 16 milliards $ qu’elles représentent actuellement.

En définissant la rénovation comme un « hybride composé des dépenses et des investissements », le document révèle que « les montants investis dans les modifications et les améliorations sont plus importants que ceux destinés aux réparations et à l’entretien », citant à l’appui les données de 2012, où chaque type de travaux comptait respectivement pour 76 % et 24 % des débours. Pour la période 2008 à 2012, « les investissements représentaient les trois quarts de la valeur monétaire des travaux de rénovation au Québec ».

Un calcul plus savant, qui additionne à la fois les dépenses et les investissements et qui compare ce total au PIB québécois, permet de constater que la part de la rénovation serait en progression quasi ininterrompue depuis 2001. « En 1981, ce pourcentage était de 2,7 % et il a atteint un creux de 2,5 % à quelques reprises au cours des trente dernières années. En 2013, il se chiffrait à 4,3 %. En comparaison, les sommes investies dans la construction neuve comptaient pour 2,9 % du PIB cette année-là. Fait à noter, depuis 1993, la part de la rénovation (incluant à la fois les investissements et les dépenses) dans le PIB a toujours été supérieure à celle du neuf, sauf en 2004 », peut-on lire.

Pour la période de 2000 à 2013, la totalité des sommes allouées à la rénovation serait passée de 5,76 milliards de dollars à 15,60 milliars de dollars, soit une hausse de 2,7 %, qui serait en grande partie redevable aux faibles taux d’intérêt ayant favorisé l’accès à la propriété (à preuve : le taux de propriété pour la période 2001-2011 est passé de 57,9 % à 61,2 %) et à la hausse des ménages à deux revenus (+ 77 % de 1977 à 2011).

Cause et effet$

Pour comprendre la popularité de la rénovation, quelques données : en 2011, environ 72 % des logements au Québec appartenaient à des propriétaires-occupants, un indice qui se situe à 76,4 % pour l’ensemble du parc résidentiel (incluant les logements locatifs), soit environ 25 % des constructions en habitation avec moins de 20 années au compteur. Toutefois, « environ 24 % des constructions des propriétaires-occupants ont été construites avant 1961, ce qui en fait des bâtiments de 50 ans et plus. Cette proportion était de 27 % pour l’ensemble du parc résidentiel. L’âge des résidences exige ainsi des travaux, soient-ils mineurs ou importants. »

« Par ailleurs, la hausse importante de la valeur des résidences durant la décennie 2000 a fait miroiter un retour intéressant sur les investissements des propriétaires. Cependant, la hausse moins précipitée des prix des résidences existantes ces dernières années n’a pas amené un recul des dépenses de rénovation. Celles-ci ont continué à augmenter année après année. Le dynamisme de la revente a sans doute aidé à la rénovation », révèle l’étude, citant de le fait que les nouveaux propriétaires souhaitent souvent aménager les lieux selon leurs propres goûts et besoins. « À titre de référence, le nombre de reventes se chiffrait à 52 492 en 2000 et il a atteint 71 265 en 2013 (soit environ 36 % de croissance). Durant cette période, un sommet a été atteint à 80 647 en 2007 et le nombre d’unités existantes vendues a été supérieur à 75 000 de 2007 à 2012 inclusivement. Cette effervescence a pu soutenir les dépenses de rénovation ».

Valoriser, dans tous les sens du terme

Au chapitre des motivations et incitatifs, on note les préoccupations environnementales grandissantes, la hausse des prix de l’énergie (mazout et électricité en tête), les travaux en vue d’accroître l’efficacité énergétique, la volonté de vieillir à domicile, le désir de rajeunir l’habitat, ou l’augmentation de la valeur en vue de la revente.

Selon l’enquête de 2011 de la SCHL, le réaménagement d’une ou plusieurs pièces touche 95 % des ménages qui ont rénové. Le deuxième type de travaux était la peinture et la pose de papier peint (54 %) et le troisième, la pose d’appareils et de matériel de plomberie (38 %).

L’enquête, qui couvrait les dix régions métropolitaines les plus populeuses au Canada et les rénovations de plus de 1 000 $, a estimé la valeur moyenne des travaux à 13 709 $, avec des montants recensés de 11 131 $ dans la RMR de Québec et de 11 844 $ dans la RMR de Montréal, soit sous la moyenne canadienne, dont les pics les plus élevés ont été observés à Vancouver, Calgary et Toronto.

Selon les indices de retour sur rénovation produits par RE/MAX, « dans les propriétés dont la valeur s’échelonne de 140 000 $ à 185 000 $, les rénovations pour une salle de bain (entre 50 % et 60 %) rapportent davantage que celles d’une cuisine (entre 40 % et 50 %). Par contre, pour les propriétés de 185 000 $ à 250 000 $, les travaux de rénovation pour une cuisine (entre 50 et 60 %) l’emportent sur ceux d’une salle de bain (environ 40 %). Pour celles de 250 000 $ à 400 000 $, c’est la même tendance, mais dans des proportions différentes (respectivement entre 50 % et 60 % et environ 50 %) ».

Qui finance toutes ces rénos ?

Selon la plus récente enquête de la SCHL sur le sujet, en 2011, 81 % des ménages canadiens ayant fait des rénovations ont fait bon usage de leurs économies, avec ou sans financement d’appoint. Seconde source de fonds : le financement hypothécaire, auquel 15 % des répondants ont eu recours. La marge de crédit ou la carte de crédit auraient aussi été utilisées par 11 % des répondants. Au final, 68 % des ménages ayant rénové leur logement en 2011 n’auront pas eu à s’endetter pour réaliser leur projet de rénovation.

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